La justice américaine a décidé mardi l’abandon des poursuites pour crimes sexuels qui avaient été ouvertes contre Dominique Strauss-Kahn, 62 ans, accusé de viol par une femme de chambre new-yorkaise, Nafissatou Diallo. Les procureurs ont fait valoir que Nafissatou Diallo avait trop menti pour être crédible dans un procès. Ils ont confirmé qu’une brève relation sexuelle avait bien eu lieu entre elle et M. Strauss-Kahn le 14 mai, mais qu’il était impossible d’établir de manière indépendante qu’il s’agissait d’une relation contrainte. Mais l’ancien patron du FMI reste poursuivi au civil pour obtenir des dommages et intérêts, et sous le coup d’une plainte déposée en France par une romancière qui l’accuse d’avoir tenté de la violer en 2003.
Pour Benjamin Brafman et William Taylor, qui assurent depuis trois mois la défense de DSK, il n’est pas question de conclure un accord avec Nafissatou Diallo, dans le cadre du procès civil. « Ce n’est pas l’intention de Dominique Strauss-Kahn. Et je ne lui conseille pas », a souligné Benjamin Brafman. Quant à William Taylor, il a déclaré : « Si ce sera l’enfer pour Dominique Strauss-Kahn, cela le sera aussi pour Nafissatou Diallo, à qui nous pourrons également poser de nombreuses questions (...). Nafissatou Diallo est une bien étrange personne qui a vécu des choses très “bizarres” dans son existence. Je serai, par exemple, très curieux de savoir quelle est l’origine des fonds qui se trouvent sur son compte », a-t-il prévenu.
Les avocats ont aussi critiqué la direction de l’hôtel Sofitel de New York, où Mme Diallo accuse DSK de l’avoir violée. « Le Sofitel n’a jamais collaboré volontairement avec nous. Dans un premier temps, la direction nous a interdit l’accès à de très nombreux documents, comme par exemple les enregistrements des clés électroniques qui permettent de savoir qui est entré dans quelle chambre », a révélé Ben Brafman. « Nous savons que l’hôtel a communiqué des informations à l’avocat de Nafissatou Diallo (...). Pourquoi une telle différence de traitement ? Nos enquêteurs n’ont même pas eu le droit de pénétrer dans la suite 2806 pour visualiser les lieux... », a poursuivi William Taylor.
(Source : agences)

