C’est avec une profonde tristesse que j’avais accueilli la nouvelle de la disparition de Georges Chidiac, il y a environ un mois de cela. Si j’ai choisi aujourd’hui de lui rendre hommage, ce n’est ni par obligation ni pour reprendre l’expression de Jules Renard, par « charité hypocrite qui donne six sous pour avoir vingt francs de gratitude ». C’est là, tout simplement, un dernier témoignage de reconnaissance et d’amitié envers celui qui aura marqué des générations entières de médecins dentistes diplômés de la faculté de médecine dentaire de l’USJ. Ces générations-là mêmes qui lui auront réellement su gré au fil des ans de son indéniable engagement professionnel et personnel.
C’est donc d’abord en ma qualité d’étudiant que je voudrais rappeler le souvenir de l’homme instruit, droit et adroit qu’a été Georges Chidiac.
L’homme qui avait le travail pour loi, la générosité et la gratitude pour guides. Bien enseigner pour mieux servir, c’est ainsi que pourrait être formulée la devise de ce grand médecin dentiste et professeur.
Georges Chidiac n’était pas comme les autres. C’était un homme haut en couleur, mais dont l’originalité n’en aura jamais fait un homme caractériel, injuste ou partial. Il avait avant tout à cœur sa mission d’enseignant, convaincu qu’il était de l’importance d’inculquer, en même temps que les notions académiques, les valeurs morales intrinsèques à l’homme de science. Avec passion, il donnait vie à ses cours.
De la médecine dentaire il aura fait plus qu’une science : un art à part entière. Avec son langage direct, son attitude ouverte et ses efforts inlassables pour construire des ponts avec ses étudiants et avec le corps enseignant, ce spécialiste de la prothèse fixée avait une façon de faire qui contrastait avec les pratiques traditionnelles. Redoutable et redouté, il ne laissait jamais indifférent car il n’hésitait pas à dire, avec son franc-parler légendaire, le fond de sa pensée. Tout simplement, il exprimait souvent ce que bien des personnes pensaient mais n’osaient pas dire par fausse convenance.
Georges Chidiac était devenu aussi et surtout au fil des ans un ami bien plus qu’un professeur. La vie était son contact, et je crois fermement que l’on ne disparaît pas complètement tant que l’on reste présent dans l’esprit et le cœur de ceux qui vous ont réellement connu, aimé et aprécié.
Pr Élie MAALOUF


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