Huit hauts responsables du Conseil national de transition (CNT) sont par ailleurs arrivés dans la capitale pour préparer la transition politique, a annoncé un porte-parole du CNT Mahmoud Chammam. Il a précisé qu’ils avaient eu « des réunions avec les responsables militaires » des rebelles. Suite à l’assassinat du chef d’état-major des insurgés Abdel Fatah Younès, le CNT avait limogé le bureau exécutif, qui faisait office de gouvernement par intérim, et n’en a toujours pas nommé un nouveau. M. Chammam a indiqué être arrivé de la Tunisie par la route. « Nous préparons le déménagement de notre Conseil à Tripoli », a-t-il indiqué.
Après avoir pris le contrôle de Bab al-Aziziya, les rebelles cherchaient surtout à mettre la main sur Mouammar Kadhafi et ses fils, toujours introuvables. Pour l’ancien numéro deux du régime, Abdessalem Jalloud, qui a fui en Italie, le colonel se trouve soit dans le sud de Tripoli, soit il est déjà parti vers le désert. Pour faciliter la traque de l’ancien « guide » libyen, les rebelles ont offert une récompense de près de 1,7 million de dollars à quiconque permettrait de le retrouver, vivant ou mort.
De sa cachette, M. Kadhafi a toutefois renouvelé son appel à la résistance hier, dans un enregistrement diffusé par la chaîne satellitaire Arrai basée en Syrie. « Il faut résister contre ces rats d’ennemis, qui seront vaincus grâce à la lutte armée », a déclaré le colonel Kadhafi. « Sortez de chez vous, libérez Tripoli », a-t-il ajouté.
Sur le front est, les rebelles qui avançaient en direction du fief kadhafiste de Syrte ont reconnu faire face à une résistance inattendue à Ben Jawad, à environ 140 km à l’est de leur objectif, d’où les forces pro-Kadhafi tirent des roquettes. Les rebelles n’ont jamais pu dépasser la position de Ben Jawad lors des nombreuses fluctuations du front est au début du conflit en février. Dans la soirée, des avions de l’OTAN ont bombardé Syrte, a rapporté la chaîne de télévision libyenne al-Orouba.
Des membres des forces spéciales britanniques et françaises opérant en civil sont également déployés depuis plusieurs semaines sur ce front est aux côtés des rebelles. Un journaliste de l’AFP a constaté que ces agents étaient installés dans une raffinerie à l’arrêt à Zuwaytinah, où les rebelles de l’Est ont établi leur PC opérationnel. Mais l’OTAN a affirmé qu’elle ne visait pas spécifiquement le colonel Mouammar Kadhafi et qu’il n’y a aucune coordination militaire entre les forces de l’alliance et les rebelles libyens.
Dans l’Ouest, les forces loyales à Kadhafi encerclaient et bombardaient Zouara, sur la route côtière menant à la frontière tunisienne. Les rebelles, qui tenaient le centre-ville, ont demandé l’aide des combattants des montagnes de Nefoussa. Depuis samedi, le poste-frontière de Dehiba entre la Tunisie et la Libye, au sud-ouest de Tripoli, a vu passer plus de 10 000 personnes.
Les rebelles libyens ont par ailleurs annoncé avoir pris le contrôle de la localité stratégique d’al-Wyg, dans l’extrême Sud saharien. Proche des frontières du Niger et du Tchad, la localité d’al-Wyg « est stratégique, notamment car elle abrite une piste d’atterrissage », selon le porte-parole des rebelles à l’origine de l’attaque, Mohammad Wardougou.
(Source : agences)


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Un combat de fous ou les rebelles sans les forces spéciales britanniques et françaises n ’ auraient jamais gagné la guerre. A suivre Antoine Sabbagha
05 h 24, le 26 août 2011