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Nos lecteurs ont la parole

Disney, un ami du mâle ou l’ennemi de la femme ?

Par Ralda KARAM
Depuis note tendre enfance on complote, on conspire et on manigance contre nous, pauvres jeunes filles d’hier et femmes d’aujourd’hui. D’abord, Disney nous a donné de grandes illusions sur l’amour. Arielle est un thon et sort avec un prince. Mulan a tout d’un homme et se tape le beau gosse le plus convoité de toute la Chine (parce que ce qui compte pour les hommes, c’est ce qui se trouve à l’intérieur, oui-oui). En plus, histoire de nous endoctriner jusqu’à la moelle, pas de prince infidèle, pas de prince lâche, tous absolument vaillants et valeureux. Et on veut encore nous faire croire que Disney n’a signé aucun accord avec la FIBC (Fédération internationale des bourreaux des cœurs) !
Mais pour vous, Mesdemoiselles, pour vous qui vous battez depuis des générations, c’est courageusement que j’ai infiltré leurs locaux. Leur démarche est plutôt simple : Disney s’occupe de nourrir la femme en illusions et en hallucinations ; après quoi la FIBC poste son meilleur produit de la semaine, testé et approuvé par le grand patron de la FIBC (Don Juan en personne. Eh oui mes chères, la statue du Commandeur et les flammes de l’enfer, c’était encore une entourloupette) !
Pour faire court, un homme privé de toute délicatesse morale, prêt à nous embobiner et nous escroquer. C’est grâce à un détecteur de vieilles filles en mal d’amour ou de femmes plutôt naïves qu’ils repèrent leurs victimes potentielles. Et il n’en sélectionne qu’une. Un cœur brisé par semaine, c’est le maximum autorisé par Haagen-Dazs, remontant officiel de la fille trompée et humiliée. Au-delà, la société se verrait obligée de décupler ses usines.
Mais cinq minutes de temps mort pour les singes poilus (mes excuses, Messieurs, mais je n’ai pas trouvé un qualificatif moins choquant) et je remonte sur le ring au prochain article, le temps pour l’adversaire d’écouter son coach et d’enfiler son protège-dents.
Car Disney a fait bien pire que de nous vendre de l’homme parfait en pack de six, réduction immédiate en caisse, satisfait ou remboursé. Disney a largement participé à la création des canons de beauté modernes, des princesses ventre-plat, fessier bombé et grosse poitrine, le tout divinisé par des cheveux raides. Et il aura fallu attendre 73 ans, depuis Blanche-Neige, pour que Disney réinvente la princesse. Fini les idéaux cheveux lisses et frange parfaite, fini les fers à lisser, les défrisages, les brushings à la pelle et les crèmes antifrisottis. Remercions Tiana, la première princesse Disney aux cheveux frisés. Grâce à elle, un seul mot d’ordre : le naturel ! Je vote oui pour l’épaisseur, l’abondance, la masse et l’opulence capillaire. Encore quelques semaines de promo pour le dessin animé et nous pouvons espérer, chères fidèles des cheveux crépus et mal bouclés, que le concept grosse crinière et perruques afro s’ancre dans les mœurs. Cela dit, à quand une princesse qui mange des cheese-cakes ?
Depuis note tendre enfance on complote, on conspire et on manigance contre nous, pauvres jeunes filles d’hier et femmes d’aujourd’hui. D’abord, Disney nous a donné de grandes illusions sur l’amour. Arielle est un thon et sort avec un prince. Mulan a tout d’un homme et se tape le beau gosse le plus convoité de toute la Chine (parce que ce qui compte pour les hommes, c’est ce qui se trouve à l’intérieur, oui-oui). En plus, histoire de nous endoctriner jusqu’à la moelle, pas de prince infidèle, pas de prince lâche, tous absolument vaillants et valeureux. Et on veut encore nous faire croire que Disney n’a signé aucun accord avec la FIBC (Fédération internationale des bourreaux des cœurs) ! Mais pour vous, Mesdemoiselles, pour vous qui vous battez depuis des générations, c’est courageusement que j’ai...
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