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Liban - Éclairage

L’affaire de Lassa rebondit et met en péril la coexistence

Un diacre, Antoine Hokayem, et son escorte policière attaqués et sévèrement battus à Lassa par un élément armé. Sans que ce dernier ne soit arrêté ou inquiété. En effet, après avoir agi à visage découvert, il circule à toute heure du jour sur sa moto dans le village. Sous les yeux, pour ainsi dire, des forces de l’ordre.
Son forfait de violence a mis en émoi la région de Lassa. Plus largement de Kartaba ou des hauteurs de Jbeil, jurd inclus, déjà à fleur de peau à cause du conflit sur des terres, diocésaines, paroissiales ou autres, que des résidents chiites veulent s’approprier. En multipliant, malgré un accord de gel conclu avec le patriarcat, en présence du Hezbollah, les spoliations et les constructions illicites sur le bien cadastral d’autrui.
On le sait, le coordinateur du 14 Mars, l’ancien député Farès Souhaid, se bat contre le plan de mainmise, pour ne pas dire de conquête, d’un des noyaux du Mont-Liban, par la reptation hezbollahie. Il met en garde contre les effets pervers d’un attentisme laissant les faits accomplis s’accumuler, en sciant le principe vital de la coexistence. En rappelant que la région de Jbeil avait su se distinguer par l’unité de ses enfants, chrétiens et musulmans, lors de l’effroyable série de guerres intestines déclenchée en 1975. Une harmonie qu’un pacte d’honneur islamo-chrétien, signé dans le haut lieu spirituel d’Annaya, au couvent même de Saint-Charbel, avait à l’époque solennellement consacrée. Engagement suivi à la lettre durant toute la sinistre période des hostilités, et qui faisait souvent de la région une zone de refuge pour les autres Libanais.
À la suite de l’agression contre un homme de religion, le patriarcat a publié un communiqué condamnant l’acte et invitant l’État à faire arrêter le coupable, dont le nom est connu. Mais cela n’a été qu’un coup d’épée dans l’eau, car les services n’ont pas bougé. Ils soutiennent que l’individu est en fuite. Mais les habitants de Lassa le démentent. En répliquant qu’il est bien là, au village, et qu’il s’y déplace librement.
Partant de là, le patriarcat a prié les diocèses et les paroisses de faire donner lecture de son communiqué lors du rassemblement des fidèles pour la messe dominicale. Une initiative qui a permis de susciter, à propos du laxisme des autorités, le courroux des chrétiens, maronites en tête, de la région.

La grogne
Les gens se sont mis à marmonner. Pour dénoncer le laisser-aller des autorités vis-à-vis de l’application de la loi. Ce qui est bien étrange dans une région à laquelle appartiennent le chef de l’État et le ministre de l’Intérieur...
Ils en rajoutent à travers cette série de questions au premier degré : le président de la République accepte-t-il ce qui se passe ? Le ministre de l’Intérieur admet-il que l’agresseur reste libre ? Où sont les députés qui gravitent dans l’orbite aouniste mais restent censés nous représenter ? Pourquoi, de leur part, cette absence, ce vide si paradoxalement opaques ? Pourquoi plient-ils l’échine ? Pourquoi ne demandent-ils pas à leurs alliés du Hezbollah de bien faire respecter le moratoire conclu à Bkerké qui gèle toute action de terrain, toute spoliation ou construction illicite, pendant deux mois ? Que devient le fameux pacte initial que le CPL a conclu avec le Hezbollah ? Et à quoi sert-il quand le courant laisse le parti mordre sur des droits chrétiens dont il se prétend le défenseur, le grand champion même ?
Et ils concluent sur cette volée de trop-plein : il devient évident que c’est la logique de la force milicienne armée qui prévaut. En s’imposant même aux alliés, ou aux partenaires, du Hezbollah, le CPL autant que Baabda, l’Intérieur ou Mikati. Pour s’emparer d’une région paisible qui était, jusque-là, l’un des symboles de la coexistence. Tout comme pour fouler la loi aux pieds, dans un insolent défi à l’État. Est-il admissible qu’un homme de religion soit agressé sans que le coupable ne soit interpellé ?
Prenant le relais, des cadres souverainistes soulignent que les responsables semblent tétanisés, paralysés, dès que le Hezbollah est en cause, ou en jeu. Ils vont jusqu’à bloquer, directement ou discrètement, toute éventuelle initiative de réaction, automatique ou réfléchie et volontaire, des services de l’État. Ce qui fait, entre autres exemples, qu’on prétend que les quatre inculpés n’ont pu être retrouvés et déférés au TSL. Malgré la retentissante interview au Time...

Abus
Ils se demandent pourquoi l’État accepte que le Hezbollah se place au-dessus des lois. En multipliant les redditions humiliées. Ces ex-loyalistes citent, en exemple d’une longue liste, la proclamation du ministre de l’Intérieur annonçant, à la veille de la fameuse rencontre de Bkerké au sujet de Lassa, la mise sur pied d’une force de 75 officiers et agents pour Lassa. Leur mission étant d’y imposer la loi, d’escorter les topographes pour qu’ils ne soient plus pris à partie, comme cela s’était produit auparavant. Et de réprimer les infractions cadastrales ou foncières.
Le ministre avait alors voulu se montrer ferme. En refusant d’accéder aux souhaits de certains députés le priant de geler l’opération, pour qu’il n’y ait pas d’incidents ou de troubles. Mais il s’y est résolu quand la même requête lui a été présentée par le patriarche Raï. Cela, faut-il préciser, à la suite de la réunion de conciliation, que l’on croyait réussie, tenue à Bkerké.
Une rencontre regroupant Ghaleb Abou Zaynab, représentant le Hezbollah, les députés et les notables de la région, le comité d’initiative de Lassa et des délégués du propriétaire des biens-fonds, le diocèse maronite de Jounieh. Mais, malgré les serments et les serrements de main, les méfaits se sont poursuivis, pour être couronnés récemment par l’agression, perpétrée par un élément armé, contre le diacre Hokayem et son garde du corps officiel.
Par suite de quoi, le ministre de l’Intérieur a quand même installé à Lassa un poste supplémentaire de surveillance policière. Pour guetter et arrêter le coupable. Cependant, un des collègues de Marwan Charbel au sein du gouvernement croit savoir qu’en réalité l’agresseur du diacre serait lui-même un homme de religion. Un cheikh qui aurait regagné son QG opérationnel de la banlieue sud, ghetto soumis au règne du Hezbollah et qui reste inaccessible à l’État.
Le comble, c’est que la paroisse Notre-Dame se trouve empêchée par les violateurs de biens ( ! ) d’installer un salon de réception, sous prétexte que le wakf n’excipe pas les documents cadastraux requis, les preuves historiques de propriété.
En tout cas, la région de Lassa reste sous forte tension, et même en état d’ébullition. Des figures de proue y tirent la sonnette d’alarme, pressant l’État de régler le problème rapidement. Avant la prochaine cueillette des pommes, les vergers s’interpénétrant, avec d’innombrables contestations réciproques de propriété ou de limites. Ce qui peut provoquer des affrontements.
Certains majoritaires accusent de leur côté les opposants de gonfler les choses à dessein, en vue des élections de 2013. Pour affaiblir les aounistes, en dressant l’opinion contre eux. Ces cadres assurent que les tentatives de leurs adversaires indisposeraient le patriarcat. Pour qui il vaudrait bien mieux que le dossier soit traité hors du champ médiatique et sans spectacle de tiraillements. En vue de solutions basées sur la concorde, loin de tout esprit de règlement de comptes ou de vindicte politique. Mais dans le respect de la loi. Ce qui s’adresserait aussi bien aux majoritaires qu’aux opposants.
Un diacre, Antoine Hokayem, et son escorte policière attaqués et sévèrement battus à Lassa par un élément armé. Sans que ce dernier ne soit arrêté ou inquiété. En effet, après avoir agi à visage découvert, il circule à toute heure du jour sur sa moto dans le village. Sous les yeux, pour ainsi dire, des forces de l’ordre.Son forfait de violence a mis en émoi la région de Lassa. Plus largement de Kartaba ou des hauteurs de Jbeil, jurd inclus, déjà à fleur de peau à cause du conflit sur des terres, diocésaines, paroissiales ou autres, que des résidents chiites veulent s’approprier. En multipliant, malgré un accord de gel conclu avec le patriarcat, en présence du Hezbollah, les spoliations et les constructions illicites sur le bien cadastral d’autrui.On le sait, le coordinateur du 14 Mars, l’ancien député...
commentaires (13)

Bachir, comme tout chef de guerre, ne cherche qu’une seule chose… arriver au pouvoir. Il n’a pas fait tout ça pour rester chef de milice… il n’a pas fait tout ça (tuant des chrétiens comme lui) pour les chrétiens. Tu n’as rien compris mon cher Christian, car tu continueras à penser chrétien d’abord… puis peut-être jamais libanais d’abord.

ABDALLA, Mariama

11 h 20, le 25 août 2011

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Commentaires (13)

  • Bachir, comme tout chef de guerre, ne cherche qu’une seule chose… arriver au pouvoir. Il n’a pas fait tout ça pour rester chef de milice… il n’a pas fait tout ça (tuant des chrétiens comme lui) pour les chrétiens. Tu n’as rien compris mon cher Christian, car tu continueras à penser chrétien d’abord… puis peut-être jamais libanais d’abord.

    ABDALLA, Mariama

    11 h 20, le 25 août 2011

  • Ah,quand même Mariamma!Et Béchir,ils défendait qui?Les Zoulous?(on me ferme une porte,j'essaye de passer par la fenêtre)

    GEDEON Christian

    11 h 55, le 24 août 2011

  • Avec tous le respect que j’ai envers le Hezbollah en tant que résistance, je ne peux accepter qu’il fasse partie de ceux qui poussent les chrétiens à quitter des villages où ils vivaient depuis des centaines d’années ; comme je ne pourrai accepter que la même chose arrive à des villageois chiites se trouvant dans les zones dites chrétiennes. Il faut traiter avec l’un l’autre avec respect et bienveillance. Assez de communautarisme d’un côté ou de l’autre. Il y a déjà eu beaucoup de souffrance suite à ce genre d’agissement.

    ABDALLA, Mariama

    08 h 06, le 24 août 2011

  • En effet Mme Malha, la vraie résistance ne laissera pas faire longtemps celle qui nous a été importée et imposée. L'Etat de droit sera instauré que cela leur plaise ou pas et a travers ses vrais fils et non pas ceux avec ceux qui se servent du sentiment patriotique du peuple pour mieux les asservir, les voles et faire passer les plans de tous nos voisins a leurs dépends!

    Petrossou

    08 h 00, le 24 août 2011

  • Voila ce que W.Churchill ecrivait il y a 71 ans. « Si vous ne voulez pas prendre les armes pour une juste cause lorsque vous pouvez aisément vaincre sans effusion de sang, si vous refusez encore de combattre quand la victoire est certaine et peu coûteuse, alors vous risquez d'avoir à lutter avec toutes les chances contre vous et un faible espoir de survie. Mais ce peut être encore pire : vous pouvez être forcé de livrer bataille sans espoir de vaincre, parce qu'il vaut mieux périr que vivre en esclave. '' A méditer !

    Stephane boulanger

    07 h 20, le 24 août 2011

  • Je me souviens.C'est du déjà vu et vécu. au début des années 70, il était difficile voir interdit de circuler dans certains quartiers de Beyrouth. les incidents se sont multiplés à Chiah et le rond point de l'aéroport. tout le monde connaissait l'appartenance de ces hommes armés qui agressaient la population et qui semaient la peur à Beyrouth. l'état n'avait rien fait à cette époque; incitant ainsi les libanais à s'armer pour se défendre et se sont groupés dans des milices de tout bord puis la guerre intestine qui avait détruit le pays. 40 ans plus tard la même histoire qui rebondit. P.Basile.

    basile pierre

    04 h 33, le 24 août 2011

  • ......chaque jour une nouvelle avanie ...et un jour quoi?...ils essayeront de nous gober ? Ils ont déjà essayé depuis 3 décennies et ils ont échoué ! Nous serons toujours là pour défendre nos droits si par mégarde ils ressayaient encore une fois, nous ne serons pas une bouchée facile, la résistance LIBANAISE est toujours présente, elle veille.....sur nos intérêts. Tranquilisez-vous M. GEDEON . Marie José Malha.

    Marie José Malha

    03 h 52, le 24 août 2011

  • ils n'ont pas encore appris comment le hezb fonctionne ,c'est sa methode il a appliqué avec le 14 Mars pour pouvoir entré dans le gouvernement et il n'a pas tenu sa promesse ,et maintenant il applique la méme methode avec le patriarche

    dib antoine

    03 h 05, le 24 août 2011

  • Normal, le Diacre est dans les détails.

    Daniel LANGE

    02 h 56, le 24 août 2011

  • Cette affaire demeure encore fumeuse et nebuleuse. Qui peut par la force des armes s'approprier des terrains appartenant aux biens-fonds de l'Eglise, y construire et s'etendre sans detenir des documents prouvant sa propriete? Si ces documents existent, Il est bien facile de savoir si ils sont veridiques ou falsifies, pour appliquer la loi et mettre fin a cette mascarade.

    Jad Obeid

    02 h 36, le 24 août 2011

  • Aujourd’hui Lassa demain on ne sait quel village , les vergers s’interpénétrant des terrains abandonnés soit à cause de multiples héritiers , soit à cause d ’un conflit de cadastre de 1936 ,et ou la mainmise se fait par les proches du chef de la municipalité ou autres trafiquants d’ influence , devront trouver une solution pour ne plus vivre des drames qui deviennent confessionnels comme Lassa. Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    01 h 24, le 24 août 2011

  • Il est certain à présent que le Sain et le "Malsain" représentent bien deux catégories complètement dissemblables. Pour preuve leurs attitudes respectives totalement opposées face aux derniers événements. Si pour les Sains réclamer leurs droits est tout à fait envisageable malgré le Rapport de Forces qui leur est complètement défavorable ; preuve en est leur descente dans les rues défiant les obus et les balles à mains nues ; pour les "Malsains" par contre, tout ceci est tout à fait impensable tant qu’ils ne détiendront pas entre leurs mains la même quantité d’armes et de munitions qu’ont leurs Adversaires. "Logique Malsaine Pure" ! Ceci prouve leur non-homogénéité non-harmonieuse, historiquement due au Recroquevillement sur soi de leurs multiples Communautés, ainsi qu’à leur mentalité de peuple "de Minoritaires", semblable en cela à ces "Peuplades" méditerranéennes à tradition de "Vendettas et de Clans". Ils "Courberont toujours l’échine" tant qu’ils ne seront pas assurés de leur supériorité en hommes, armes et munitions. "Embrasse la main qui te contraint en souhaitant qu’elle se casse". Tout est dit ! Les Sains par contre malgré quelques sectaires à l’image des "Malsains" qui se comportent comme eux, leur ressemblent et font tout le temps problème, ont Un Véritable Sentiment National et sont prêts à l’exercer pour défendre une Patrie à laquelle ils croient et adhèrent intrinsèquement. Pour Preuve, le Comportement du Peuple Sain Syrien comparé à celui du "Sniper Malsain" !

    KARAMAOUN Antoine-Serge

    00 h 10, le 24 août 2011

  • C'est la théorie du grignotage...chaque jour une petite bouchée,chaque jour une humiliation supplémentaire,chaque jour une nouvelle avanie...et un jour...

    GEDEON Christian

    20 h 39, le 23 août 2011

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