Auparavant, Nafissatou Diallo, 32 ans, avait été reçue une dizaine de minutes dans les bureaux du procureur. Une audience est prévue aujourd’hui au tribunal, et si le juge accepte la demande du procureur, Dominique Strauss-Kahn, 62 ans, sous le coup de sept chefs d’accusation, dont tentative de viol, agression sexuelle et séquestration, sera libre de rentrer immédiatement en France.
Le formidable bras de fer judiciaire, qui oppose depuis trois mois l’ancien patron du FMI et une femme de chambre guinéenne du Bronx, pourrait ainsi trouver son épilogue sans que l’on sache jamais ce qui s’est passé dans la suite 2806 du Sofitel. Les avocats de DSK ont parlé d’une relation consentie et décrit une femme uniquement intéressée par l’argent. Le procureur, à l’origine de la spectaculaire arrestation de DSK le 14 mai, avait fin juin émis des doutes sur la crédibilité de son accusatrice et sa capacité à convaincre un jury. Il avait expliqué qu’elle avait menti à plusieurs reprises aux enquêteurs sur son passé et sur ce qui s’était passé tout de suite après les faits présumés. Elle avait également longtemps refusé d’admettre une conversation téléphonique – enregistrée – où elle aurait évoqué avec un ami emprisonné la fortune de M. Strauss-Kahn. Dans une interview télévisée fin juillet, la jeune femme avait elle-même reconnu des erreurs. Mais elle avait assuré qu’elle disait la vérité, en racontant les larmes aux yeux et avec force détails l’agression.
La fin de la procédure pénale ne met cependant pas un point final à l’affaire aux États-Unis. Les avocats de Mme Diallo ont en effet lancé au début du mois une procédure civile devant un tribunal du Bronx pour obtenir des dommages et intérêts après l’agression « violente et sadique » contre leur cliente. Hier, l’avocat de Mme Diallo a tenté une énième démarche, demandant à un juge de dessaisir le procureur Vance. Mais aucun expert n’y a accordé la moindre importance.
(Source : agences)

