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Hommage à Claude Djanandji Arab

Le jeune coopérant français, qui débarquait à l’AIB en janvier 1970, dans un pays inconnu dont il savait seulement que des liens particuliers et ancestraux l’unissaient à la France et que les habitants avaient un sens exceptionnel de l’hospitalité, n’imaginait pas qu’il allait y trouver une seconde patrie de cœur et une seconde famille.
Une passion partagée pour le droit et le hasard ont fait le reste.
Il a fait la connaissance d’un médecin vétérinaire, agent de la fonction publique libanaise, qui, ayant rencontré des difficultés avec son administration, a entamé, avec l’aide de sa femme, Claude, avocate au barreau de Beyrouth, une action contentieuse dont les dernières péripéties ne sont pas encore terminées, quarante et un an après.
Au tempérament fougueux du vétérinaire maltraité par son administration répondaient le calme et la sérénité de sa femme : Kamal bouillait ; Claude le calmait, agissant ainsi en épouse aimante et en conseillère avisée.
Pendant ces quarante années, j’ai donc suivi la vie de ce couple exemplaire, qui a connu, comme beaucoup de Libanais, des épreuves terribles. Claude n’a pas été la moins affectée pour avoir vécu, quasiment en direct par téléphone, l’assaut donné à la demeure de ses frères et leur mort pendant les terribles événements qu’a connus le Liban. Elle a montré dans de telles circonstances une force de caractère exceptionnelle. La destruction de leur appartement de Raouché lors d’un tir effectué par la marine israélienne fut une autre épreuve que Kamal n’aurait certainement pas surmontée sans l’appui solide de Claude.
Épouse aimante, mère admirable, grand-mère modèle, avocate louée par ses confrères, Claude était également une amie fidèle. Elle savait ouvrir sa maison et son cœur. Je puis en témoigner. Je n’oublierai jamais ces déjeuners, ces dîners, ces soirées, ces promenades dans son beau pays qu’elle aimait faire découvrir, ces conversations sur la vie, sur le monde, sur le Liban, sur la France. Après avoir accueilli en 1970 le jeune coopérant de 23 ans un peu désorienté au début, elle l’a accueilli à nouveau à plusieurs reprises, seul d’abord puis avec sa femme, la dernière fois il y a moins d’un an ; elle a ouvert sa porte à tous les membres de la famille et aux amis qui ont usé et abusé de son hospitalité.
Claude et Kamal, entourés de leur famille et de leurs amis, venaient de fêter leurs noces d’or. Égoïstement, j’espérais que cela allait durer encore longtemps. Dieu ne l’a pas voulu et Claude s’en est allée brutalement, laissant un immense vide autour d’elle.
Claude, Dieu t’a appelée auprès de Lui ; nous savons que, là où tu es, tu chercheras à nous protéger, comme tu l’as toujours fait lors de ton passage sur terre. Nous ne t’oublierons jamais.

Bruno Odent
Avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation
Le jeune coopérant français, qui débarquait à l’AIB en janvier 1970, dans un pays inconnu dont il savait seulement que des liens particuliers et ancestraux l’unissaient à la France et que les habitants avaient un sens exceptionnel de l’hospitalité, n’imaginait pas qu’il allait y trouver une seconde patrie de cœur et une seconde famille.Une passion partagée pour le droit et le hasard ont fait le reste.Il a fait la connaissance d’un médecin vétérinaire, agent de la fonction publique libanaise, qui, ayant rencontré des difficultés avec son administration, a entamé, avec l’aide de sa femme, Claude, avocate au barreau de Beyrouth, une action contentieuse dont les dernières péripéties ne sont pas encore terminées, quarante et un an après.Au tempérament fougueux du vétérinaire maltraité par son...