Une manifestation nocturne à Hama réclamant la peine de mort pour le président syrien, Bachar el-Assad.Photo YouTube
Les appels au départ de M. Assad ont été lancés quasi simultanément par M. Obama, ses alliés français, allemand, britannique, canadien et l’Union européenne, le régime syrien étant resté sourd aux demandes de cesser sa répression sanglante.
C’est la première fois que les États-Unis appellent explicitement au départ de M. Assad, dont le régime tente depuis le 15 mars de mater le mouvement de contestation en envoyant son armée et ses chars dans de nombreuses villes, faisant près de 2 000 morts civils selon des ONG syriennes. « Nous avons à maintes reprises expliqué que le président Assad devait mener une transition démocratique ou démissionner. Il n’a pas mené (cette transition). Dans l’intérêt du peuple syrien, le temps est venu pour le président Assad de se retirer », explique dans un communiqué M. Obama, qui selon la Maison-Blanche n’a « pas l’intention » de rappeler son ambassadeur en Syrie, Robert Ford.
« L’Union européenne note que Bachar el-Assad a perdu toute légitimité aux yeux du peuple syrien et qu’il est nécessaire pour lui de quitter le pouvoir », a déclaré le chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, dans une déclaration faite au nom de l’UE, en évoquant de prochaines sanctions. Dans une déclaration commune, le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique David Cameron ont eux aussi demandé à M. Assad de « quitter le pouvoir », se prononçant pour « de nouvelles sanctions fermes » contre son régime. La Suisse a décidé de rappeler à Berne son ambassadeur à Damas pour des consultations. Le Premier ministre canadien Stephen Harper a demandé dans un communiqué que M. Assad « renonce au pouvoir et qu’il parte immédiatement ».
M. Obama a annoncé avoir pris de nouvelles sanctions très dures contre le régime Assad, en signant un décret interdisant l’importation de pétrole et de produits pétroliers de Syrie aux États-Unis et gelant tous les avoirs que l’État syrien pourrait avoir sous juridiction américaine. La secrétaire d’État Hillary Clinton a déclaré que les sanctions prises frappaient « en plein cœur » le régime. Parallèlement, le FBI enquête sur des allégations d’intimidations ou de menaces portées par la Syrie contre des dissidents vivant à l’étranger, selon des Syriens installés aux États-Unis qui ont indiqué que des agents du FBI les avaient interrogés. Le FBI n’a pas souhaité commenter. Les États-Unis ont également indiqué imposer désormais des restrictions de déplacement aux diplomates syriens en poste à Washington, après une mesure similaire annoncée par Damas au début du mois.
« C’est tout de même étrange qu’au lieu d’offrir son aide (à Damas) pour appliquer son programme de réformes, Obama et le monde occidental cherchent à attiser la violence en Syrie », a réagi Rim Haddad, directrice des relations extérieures du ministère syrien de l’Information.
Ces développements sont survenus au moment où M. Assad a annoncé au téléphone au patron de l’ONU, Ban Ki-moon, la fin des opérations militaires contre les contestataires, selon les Nations unies.
Le régime refuse, depuis le 15 mars, de reconnaître l’ampleur de la révolte. Il a annoncé des réformes, mais souligné qu’elles ne pouvaient être appliquées « sans le rétablissement de la sécurité ».
Toutefois, l’attitude du pouvoir syrien sera mise à l’épreuve aujourd’hui. Les militants prodémocratie ont appelé, comme d’habitude depuis le début de la contestation, à de grandes manifestations dans les villes du pays, réprimées jusque-là dans le sang par le régime. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les forces de sécurité ont poursuivi hier leurs opérations de perquisitions et d’arrestations dans les localités de Deir Ez-Zor, Nawa et dans le nord de Damas et sa banlieue. « Des dizaines de personnes ont été arrêtées », selon l’ONG. L’OSDH a également déclaré que l’armée syrienne s’est déployée en force hier soir dans plusieurs localités, dont la banlieue de Damas où des tirs ont été entendus, alors que des manifestations nocturnes contre le régime avaient lieu. À Lattaquié, deux civils ont succombé à leurs blessures par balles infligées par les forces de sécurité il y a trois jours, a ajouté l’OSDH.
Réunion du Conseil de sécurité
Par ailleurs, un rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU évoque « un ensemble de violations des droits de l’homme constituant une attaque généralisée ou systématique contre la population civile ». Selon ce rapport, ces violations « pourraient relever de crimes contre l’humanité ». Il appelé le Conseil de sécurité, qui était réuni hier, à envisager de saisir la Cour pénale internationale. Des responsables au Conseil ont, eux, indiqué que les forces syriennes ont abattu 26 personnes dans un stade, dont un adolescent de 13 ans, au cours de la répression.
(Sources : agences et rédaction)


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