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Liban - L’Éclairage

Nouvelle majorité : des couacs même parmi les centristes...

Il fallait s’y attendre : la plupart des forces politiques, qui dans le temps, pour paraître « modernes », faisaient risette à la proportionnelle, la boudent désormais. L’explication est des plus simples : elle ne convient pas aux chefs de file, aux décideurs électoraux dont elle limite forcément le champ d’influence.
Le premier à se repositionner, il en est du reste coutumier, est naturellement Walid Joumblatt. Il assure maintenant qu’il préfère encore perdre les élections avec ses gens que de se fondre dans d’autres entités, d’autres régions. Il rejette donc la proportionnelle. Non sans reprocher à Michel Sleiman et Nagib Mikati de ne pas l’avoir consulté sur la prochaine loi électorale. Il a traduit son mécontentement en s’abstenant de participer à l’iftar donné par le chef de l’État à Baabda. Il n’a pas non plus rendu une visite d’accueil, en voisin, au président Sleiman quand ce dernier a gagné Beiteddine pour y passer l’été.
Mais il n’y a pas que cela. Les proches du leader druze indiquent qu’il est indisposé par la façon du Hezbollah de traiter avec lui. Et agacé par les déclarations du général Michel Aoun qui font allusion à sa personne, ou à sa ligne. Il est de plus confronté à un fort mécontentement du régime syrien concernant ses prises de position, ses condamnations de la répression aveugle. Toujours est-il qu’il a chargé les ministres Waël Bou Faour et Ghazi Aridi de rester en contact avec les présidences comme avec les forces politiques, pour expliquer ses positions, suite au mouvement qu’il a entrepris récemment, localement ou sur le plan extérieur.
Retour au nouveau code électoral. Le ministre de l’Intérieur, le général Marwan Charbel, annonce qu’il compte remettre sa copie au Conseil des ministres fin septembre. Selon les informations disponibles, le projet prévoirait 14 circonscriptions. Ce qui déplaît à certains, dont Nabih Berry, qui a prié le ministre de se concerter avec lui, le sujet concernant le Parlement au premier chef.

Blocage
Et l’on revient à l’écueil principal : la proportionnelle. Le général Charbel souhaite la faire adopter sur des bases évoluées, en s’appuyant sur l’informatisation du processus électoral. Le ministre se réfère en grande partie à la formule établie par son prédécesseur, Ziyad Baroud. Mais également aux propositions de partis divers et d’organismes de la société civile.
Mais il constate que les présidents Sleiman et Mikati sont les seuls, avec les chrétiens du 14 Mars, à prôner la proportionnelle. Joumblatt, le Hezbollah, Berry, le CPL, le courant du Futur y sont opposés. Car c’en serait fini des rouleaux compresseurs, des bulldozers, des bus et beaucoup de blocs parlementaires s’en retrouveraient malingres.
Cependant, les défenseurs de la formule baptisée proportionnelle observent qu’elle assure la juste représentation des forces vives de la nation, tenues à l’écart, discriminées par le scrutin dit majoritaire. Dans le même esprit, la démocratie serait renforcée, puisque les électeurs auraient la possibilité d’exprimer une volonté tout à fait nuancée.
En retenant la proportionnelle, le ministre Charbel respecte en réalité les dispositions de la déclaration ministérielle, qui en avait fait mention. Il précise cependant qu’il s’agit là d’un premier choix. C’est-à-dire qu’il va s’efforcer de présenter au Conseil des ministres plusieurs autres formules, pour qu’un rejet de la proportionnelle n’aboutisse pas au maintien de la loi obsolète de 1960, celle des cazas, adoptée pour le dernier scrutin.
Selon ses proches, il veut en tout cas défendre un projet moderne, avancé, se fondant sur la circonscription uninominale. Ce qui signifie que l’électeur ne pourrait voter que pour un seul député. Ils affirment que c’est là une solution plus juste, plus équitable, du moment qu’il n’y aurait plus un électeur votant pour vingt députés et un autre pour trois seulement. Ce qui est antidémocratique.
Cela étant, les idées pullulent. Les uns recommandent que chaque électeur élise deux députés, un chrétien et un musulman. D’autres ne jurent que par Taëf et exigent une révision, sur base de mohafazats rénovés, des circonscriptions. Enfin, certains souhaitent que les 14 unités soient confessionnellement panachées et réunissent donc des chrétiens comme des musulmans. Ce qui nécessiterait, on s’en doute, un redécoupage d’une infinie complexité...
Toujours est-il que Charbel va, en définitive, présenter deux projets. L’un avec, et l’autre sans la proportionnelle. Dans le cadre d’un scrutin majoritaire, le nombre de députés par circonscription irait de sept à dix.
Il fallait s’y attendre : la plupart des forces politiques, qui dans le temps, pour paraître « modernes », faisaient risette à la proportionnelle, la boudent désormais. L’explication est des plus simples : elle ne convient pas aux chefs de file, aux décideurs électoraux dont elle limite forcément le champ d’influence.Le premier à se repositionner, il en est du reste coutumier, est naturellement Walid Joumblatt. Il assure maintenant qu’il préfère encore perdre les élections avec ses gens que de se fondre dans d’autres entités, d’autres régions. Il rejette donc la proportionnelle. Non sans reprocher à Michel Sleiman et Nagib Mikati de ne pas l’avoir consulté sur la prochaine loi électorale. Il a traduit son mécontentement en s’abstenant de participer à l’iftar donné par le chef de l’État à...
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