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Moyen Orient et Monde - Syrie

Assad réunit le comité central du parti Baas

La communauté internationale a demandé pour lundi une session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme de l’ONU ; dix civils ont été tués hier à Homs et Lattaquié.

Le Baas s’est réuni hier pour la première fois depuis le début de la contestation. Photo AFP

Au cours de la première réunion du comité central du parti Baas, au pouvoir depuis 1963, depuis le début de la révolte le 15 mars, le président Assad a affirmé hier que « la Syrie restera forte, continuera de résister et ne renoncera pas à sa dignité ni à sa souveraineté ». « Le peuple syrien a pu préserver le rôle de la Syrie et continuera de le faire, quelle que soit l’ampleur des pressions », a dit M. Assad. Selon le quotidien al-Watan, proche du pouvoir, la réunion du parti Baas devait « prendre des décisions dans le but de renforcer le processus de réforme ». M. Assad a d’autre part souligné la nécessité de faire participer « les différentes sections de la société » au processus de réformes, qui, selon lui, « ont été introduites non pas à la demande de la communauté internationale mais parce que les Syriens étaient convaincus de leur nécessité », selon l’agence officielle SANA. Selon SANA, les participants à la réunion ont estimé que cela n’était « pas possible sans le rétablissement de la sécurité » en Syrie. Le président Assad a promis le 20 juin des réformes susceptibles de mettre fin à l’hégémonie de son parti et promulgué le 4 août un décret autorisant le multipartisme. La fin de la toute-puissance du parti Baas est l’une des principales revendications du mouvement de contestation engagé mi-mars, avec la libération des prisonniers politiques et la levée de l’état d’urgence, obtenue en avril.
Toutefois, sur le terrain, la répression ne faiblit pas. Ainsi, au moins dix civils ont été tués hier à Homs, et les services de sécurité ont arrêté une centaine de personnes dans la ville et dans sa région, notamment dans les villages autour de Houlé, selon des habitants et l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Parmi les dix tués, deux sont morts en soirée lorsque des miliciens du régime ont ouvert le feu sur des fidèles à la mosquée de Fatima et celle d’al-Raïs, dans le quartier de Waaer à Homs, a indiqué l’OSDH, qui a également évoqué une douzaine de blessés, dont des enfants. Ailleurs, « un civil a été tué à l’aube sur son balcon dans le village d’Abdita près d’Idleb par les tirs de l’armée », selon l’ONG.
À Lattaquié, une femme a également succombé après avoir été blessée mardi par des tirs, toujours selon l’OSDH. En soirée, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles pour disperser quelque deux mille manifestants rassemblés devant la mosquée al-Hussein, selon un militant sur place. Dans cette ville côtière, « 700 agents de sécurité ont mené des perquisitions dans le quartier d’al-Raml el-Jounoubi où ils ont arrêté plusieurs militants sur la base de listes », a poursuivi l’OSDH. Pourtant, l’agence SANA, citant un officier du ministère de l’Intérieur, avait annoncé mardi soir la fin de la mission de l’armée dans le quartier, après une offensive meurtrière lancée dimanche à Lattaquié. L’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) a néanmoins fait état hier de la mort d’au moins trois personnes du camp de réfugiés palestiniens de Raml lors de l’offensive à Lattaquié. « L’Unrwa a établi, avec la coopération des autorités syriennes, un bureau temporaire du camp de réfugiés de Lattaquié et a commencé à porter secours à quelque 400 familles déplacées, soit environ 2 000 personnes », a indiqué hier soir le porte-parole de l’Unrwa Christopher Gunness.
Par ailleurs, une campagne de perquisitions a été lancée à Damas, dans le quartier de Roukneddine, théâtre de manifestations antirégime. « Des dizaines de militants ont été arrêtés ce matin à Harat el-Jadida où le courant a été coupé », selon des habitants. Toutefois, des manifestations antirégime ont eu lieu dans tout le pays, notamment à Deir ez-Zor, Alep, Lattaquié, Homs et Damas.
Sur le plan diplomatique, les pressions internationales se sont encore accrues hier sur le régime syrien, les pays européens, les États-Unis et certains pays arabes ayant demandé la convocation lundi d’une session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, une procédure peu fréquente, sur la situation en Syrie, selon des diplomates. Les membres du Conseil devraient s’accorder sur une résolution condamnant la répression en Syrie et demandant l’ouverture d’une enquête sur les violences des forces syriennes contre les opposants au régime de Damas. En outre, « étant donné l’évolution dangereuse de la situation syrienne, le gouvernement tunisien a décidé de rappeler pour consultations son ambassadeur à Damas », a déclaré une source au ministère des Affaires étrangères citée par l’agence officielle TAP. Le 7 août, l’Arabie saoudite, poids lourd du monde arabe, avait rappelé son ambassadeur à Damas pour dénoncer la répression et avait été suivie le lendemain par le Koweït et Bahreïn.
En raison de craintes de plus en plus aiguës concernant leur sécurité, l’ONU a annoncé pour sa part avoir retiré de Syrie environ 25 membres de son personnel international et des dizaines de membres de leurs familles. Plus de 200 membres du personnel international de l’ONU sont présents en Syrie, dont plus de la moitié travaillent pour le Haut-Commissariat aux réfugiés et la FNUOD, la mission de l’ONU chargée de surveiller le respect du cessez-le-feu sur le plateau du Golan.
(Sources : rédaction et agences)
Au cours de la première réunion du comité central du parti Baas, au pouvoir depuis 1963, depuis le début de la révolte le 15 mars, le président Assad a affirmé hier que « la Syrie restera forte, continuera de résister et ne renoncera pas à sa dignité ni à sa souveraineté ». « Le peuple syrien a pu préserver le rôle de la Syrie et continuera de le faire, quelle que soit l’ampleur des pressions », a dit M. Assad. Selon le quotidien al-Watan, proche du pouvoir, la réunion du parti Baas devait « prendre des décisions dans le but de renforcer le processus de réforme ». M. Assad a d’autre part souligné la nécessité de faire participer « les différentes sections de la société » au processus de réformes, qui, selon lui, « ont été introduites non pas à la demande de la communauté internationale...
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