Cible de ce tir groupé : la proposition de loi présentée par Michel Aoun, et prévoyant l’ouverture d’un crédit de 1,2 milliard de dollars pour le règlement du problème des coupures du courant.
Membre du bloc parlementaire du Futur, le député Assem Araji a reproché à M. Bassil de « pratiquer le chantage », jugeant inacceptable « d’accorder à un ministre des prérogatives extraordinaires lui permettant de gérer seul la somme d’un milliard et demi de dollars, surtout que les députés du bloc du Changement et de la Réforme s’opposaient toujours à ce genre de propositions ».
Son collègue des Forces libanaises, Antoine Zahra, a relevé samedi soir, lors d’un dîner des membres des professions libérales au sein des FL, « la pertinence des positions adoptées par l’opposition vis-à-vis de la majorité qui considère que sa présence au pouvoir doit lui générer des acquis et lui assurer le succès aux prochaines législatives ». Selon M. Zahra, qui représentait le chef des FL, Samir Geagea, « ces objectifs ont été mis en relief à travers les positions tendues adoptées lorsqu’ils n’ont pas réussi à obtenir les acquis qu’ils souhaitaient et à imposer leur point de vue au Parlement ».
Commentant pour sa part l’affaire de l’électricité, le député Ghazi Youssef a rappelé dans une déclaration à la Future TV, que « certaines décisions prises par le ministre Charbel Nahas, à l’époque où il gérait le ministère des Télécommunications, avaient été annulées par le Conseil d’État, qu’il avait saisi une deuxième fois pour l’amener à revenir sur sa décision ». « Devant le refus de cette instance, il avait réclamé la démission du magistrat concerné », a indiqué M. Youssef, avant de commenter : « Nous avons assez de la tyrannie et de la folie de certains ministres et leaders dans ce pays. »
Samedi, le président de la commission parlementaire des Travaux publics, des Transports, de l’Énergie et des Ressources hydrauliques, Mohammad Kabbani, a tenu une conférence de presse au Parlement pour aborder le dossier de l’électricité et assurer que M. Bassil sera assuré du soutien des députés « s’il opte pour la transparence, dans le respect des lois ».
Commentant le rejet de la proposition de loi sur l’électricité, au cours de la dernière réunion parlementaire, le député a expliqué qu’« il ne s’agissait pas de remplacer la proposition de loi du général Aoun par un projet de loi du gouvernement ». « L’important est de respecter les lois promulguées pour protéger les intérêts du peuple qui a le droit d’avoir le courant électrique en permanence, mais dans un cadre protégeant aussi l’intérêt économique de l’État », a ajouté M. Kabbani, avant de rejeter « tous les discours politiques sectaires sur la transparence des uns et la corruption des autres ».
Le parlementaire a rappelé les dispositions et la finalité de la loi organisant le secteur de l’électricité, promulguée en 2002, soulignant que celle-ci prévoit, entre autres, la mise en place d’un office régulateur de l’électricité « qui n’avait pas vu le jour cependant, pour diverses raisons liées à l’état d’instabilité politique, ainsi qu’à la paralysie gouvernementale et parlementaire qui a duré plusieurs années ». Selon M. Kabbani, l’ancien ministre de l’Énergie, Mohammad Fneich, « avait entrepris une démarche sérieuse à ce niveau, en réclamant en 2006, à titre provisoire et pour une seule année seulement, en attendant la nomination des membres de l’office régulateur, que des permis de production du courant soient délivrés sur décision du Conseil des ministres, sur proposition du ministre concerné ». Rappelant que le Parlement avait donné son feu vert à ce projet, il a insisté sur le respect par M. Fneich du texte de loi.
M. Kabbani a ensuite rejeté les accusations du CPL, selon lesquelles l’opposition chercherait à faire échec au projet du ministre pour privatiser le secteur de l’électricité. « Mais est-ce que le projet Service Providers, mis en place par le ministre, n’est pas une sorte de privatisation du secteur de la distribution ? Il s’agit même d’une hérésie parce que la loi n’autorise pas l’EDL à confier à des tiers la mission de distribuer le courant », a poursuivi le parlementaire, en estimant que « cette opération est menée sur base d’un partage de parts et d’acquis, contrairement aux lois en vigueur et sans aucune transparence ». « Les 850 millions de dollars qu’elle implique sont dépensés en dehors du contrôle du Parlement (....) et font suite aux 500 millions de dollars avec lesquels le ministre avait essayé d’acheter du courant sur base de contrats conclus de gré à gré », a encore dit M. Kabbani, qui a reproché à M. Bassil d’« investir son dynamisme très remarqué en dehors du cadre des lois ».


CHERE MADAME CARINE FARES, je trouve que votre commentaire est plein de bon sens, car le projet de Gebran Bassil est logique et faisable et de nombreux experts de tous bords ont participé à son élaboration, et surtout, il répond aux bonnes règles de gérance et d'auditing de projet, donc sera tout à fait légal du côté contrôle financier. Le seul côté négatif que j'observe, est l'obstination de Bassil dans l'erreur de connecter les cables THT au-dessus des têtes des habitants et élèves de Mansourieh prenant comme justificatif d'anciennes normes. Les nouvelles normes qu'il ne peut ignorer sont celle de la révolution énergétique qui a lieu en Allemagne. Les risques biologiques des ondes électromagnétiques THT doivent s'éloigner des villes. Il faut donc refaire le tracé des cables THT et enlever les pylônes-scandales de Mansourieh. Ave.
14 h 41, le 16 août 2011