L’opposante, âgée de 66 ans, a commencé ce déplacement d’une seule journée par la visite d’une pagode. Avant d’inaugurer deux bibliothèques, prononçant à chaque fois un discours, à Tha Nat Pin devant 600 personnes et à Bago, devant quelque 2 000 personnes. « Nous pourrons développer ce pays seulement si nous travaillons tous ensemble, a-t-elle déclaré. L’unité est la force, l’unité est nécessaire partout et elle est nécessaire surtout dans notre pays. » Elle a assuré avoir déjà « essayé de son mieux » depuis ses débuts en politique il y a plus de vingt ans. « Je continuerai autant que je pourrai », a-t-elle promis, remerciant ses partisans pour leur soutien et les appelant à le « poursuivre ». Son appel à l’unité pourrait être un geste de bonne volonté envers le nouveau gouvernement « civil », étant donné la nature très sensible de ce déplacement. En juin, le régime l’avait prévenue que la tournée politique en province qu’elle avait évoquée risquait d’entraîner « le chaos et des émeutes ». Mais Mme Suu Kyi est rentrée hier soir à Rangoun après ce déplacement qui s’est apparemment déroulé sans incident.
Alors que l’opposante a connu par le passé des tournées particulièrement difficiles, le porte-parole de la LND, Nyan Win, avait indiqué que sa sécurité serait assurée par les membres du parti, avec l’aide des autorités, et qu’elle essaierait d’organiser d’autres déplacements. En 2003, elle et son équipe avaient été agressées dans une embuscade, semble-t-il, orchestrée par la junte au pouvoir, qui avait fait une centaine de morts selon la LND, quatre selon le régime. L’agression avait conduit à son placement en résidence surveillée pour sept ans, jusqu’à sa libération en novembre dernier, une semaine après les premières élections en 20 ans. Juste après la mise en garde du gouvernement en juin, la lauréate du prix Nobel de la paix avait testé une première fois les limites de sa liberté en effectuant son premier déplacement hors de Rangoun, à Bagan, où elle avait déjà attiré des admirateurs émus. Mais ce voyage de quelques jours avec son fils avait un caractère strictement privé.
Depuis, les relations semblent s’être un peu réchauffées entre le régime et Mme Suu Kyi qui a rencontré par deux fois un membre du nouveau gouvernement « civil ».
(Source : AFP)


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