« Il est absurde qu’une personne placée en détention n’ait pas le droit de contester cette décision », a déclaré un des avocats de la défense Iouri Soukhov après l’audience. « Cette décision a été écrite en dehors du tribunal (...), elle confirme que l’arbitraire règne en Ukraine, que la loi est piétinée », a renchéri un autre avocat, Mykola Siry. La veille, le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, avait indiqué que ce procès n’avait « aucune motivation politique » et promis de ne pas s’ingérer dans cette procédure.
Renforçant la pression sur la prévenue, le procureur général adjoint Renat Kouzmine a affirmé hier dans une interview que des enquêtes menées aux États-Unis avaient prouvé l’implication de Mme Timochenko et de son mentor, l’ex-Premier ministre ukrainien Pavlo Lazarenko, dans le meurtre en 1996 du député Evghen Chtcherban. Réagissant à cette affirmation, le parti Batkivchtchina de Ioulia Timochenko a estimé que « l’imagination maladive des procureurs aux ordres de M. Ianoukovitch n’avait pas de limites ».
Les experts ukrainiens du comité de la coopération entre l’Ukraine et l’UE ont de leur côté mis en garde contre la détérioration des liens avec l’Europe dans une lettre ouverte au président Ianoukovitch publiée par les agences ukrainiennes. L’incarcération de Mme Timochenko a suscité de vives critiques dans le monde.
Mme Timochenko est jugée depuis le 24 juin, accusée d’avoir outrepassé ses pouvoirs de Premier ministre en 2009 en autorisant, sans l’approbation du gouvernement, la signature de contrats sur l’importation de gaz russe à un prix jugé désavantageux pour Kiev.
(Source : AFP)

