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Moyen Orient et Monde - Révolte

Obama et Erdogan réclament une « transition » en Syrie

La répression continue à travers le pays, au moins 14 morts.

Les États-Unis et la Turquie ont durci le ton hier contre la Syrie, évoquant au cours d’une conversation téléphonique la nécessité d’une « transition démocratique », a annoncé la Maison-Blanche. Les deux hommes « ont souligné l’urgence de la situation et réitéré leur profonde préoccupation concernant l’usage de la violence par le gouvernement contre les civils », a ajouté la présidence américaine dans un communiqué. MM. Obama et Erdogan sont aussi « tombés d’accord sur la nécessité de mettre fin immédiatement au bain de sang et à la violence contre le peuple syrien ». Ils se sont engagés à « suivre de près les actions entreprises par le gouvernement syrien et à se consulter étroitement ces prochains jours ».
Pour maintenir la pression, les Occidentaux souhaitent une nouvelle réunion la semaine prochaine avec des responsables onusiens chargés des droits de l’homme, estimant appropriées des « actions supplémentaires ». Leur élan risque toutefois d’être stoppé par la Russie qui, malgré son appel à l’arrêt de la répression, veut favoriser « le dialogue et les réformes ». Dans ce contexte, la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a exhorté hier soir Moscou à arrêter de vendre des armes au régime syrien et appelé la Chine à « coopérer » avec les États-Unis, dans une interview à la chaîne CBS News.

Clinton évoque le départ d’Assad
Mme Clinton a également affirmé que Washington souhaitait que d’autres pays, en particulier les Européens, s’associent aux États-Unis pour demander le départ de Bachar el-Assad. Mme Clinton a ajouté qu’il était vraiment nécessaire d’accentuer la pression sur le régime et de sanctionner l’industrie syrienne du pétrole et du gaz.
Plus tôt dans la journée, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud avaient appelé de leur côté le régime à faire preuve de retenue et de respect pour les droits de l’homme lors d’une rencontre à Damas avec M. Assad, selon un communiqué commun des trois pays émergents. La Tunisie a, quant à elle, appelé le gouvernement ainsi que l’opposition et la société civile à « cesser immédiatement » les violences et à s’engager dans un « dialogue sérieux ».

Poursuite des arrestations
Le régime syrien, imperturbable face aux protestations internationales, a envoyé ses troupes hier pour réprimer la contestation populaire, tuant 14 civils. L’armée est intervenue à Qousseir, dans la province de Homs, des dizaines de chars y ont pénétré à l’aube et au moins 11 civils ont été tués, des dizaines d’autres blessés et une centaine de personnes ont été arrêtées, selon un militant. « Les habitants ont fui à travers champs et toutes les communications sont coupées avec la ville », a-t-il expliqué. Les forces de sécurité ont en outre ouvert le feu sans prévenir dans un marché aux légumes dans le quartier de Baba Amro, des militants ont fait état de dizaines de blessés sur la page Facebook SNN.
Dans l’est du pays, à Deir ez-Zor, au moins trois personnes ont par ailleurs été tuées par des tirs des forces de sécurité dans le quartier d’al-Matar et plusieurs maisons et magasins ont été incendiés, a indiqué Rami Abdel Rahmane, chef de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Et dans le Nord-Ouest, dans la province d’Idlib, des chars de l’armée et des véhicules de transport de troupes accompagnés de bus transportant des forces de sécurité ont pénétré dans Saraqeb, procédant à des perquisitions et à plus d’une centaine d’arrestations, a ajouté M. Abdel Rahmane. Selon des protestataires, des dizaines de personnes ont fui Saraqeb vers Kfar Amim où les forces de sécurité les ont attrapées, procédant à de nombreuses arrestations.

Hama silencieuse
La veille, l’armée avait pourtant annoncé son retrait de la région d’Idlib, tout comme de celle de Hama, après dix jours d’offensive sanglante. Hier, Hama était silencieuse, les magasins étaient fermés et les rues quasi désertes portaient encore les traces des violences.
Dans la ville de Binnish, les forces de sécurité ont pris en otage un enfant de 4 ans, demandant à son père de se rendre aux autorités. À l’aube, les chabbiha avaient lancé un raid contre des maisons à Alep.
Malgré tout, la contestation ne s’essouffle pas. En plus des défilés quotidiens pendant le mois sacré du ramadan, les militants ont appelé sur Facebook à une forte mobilisation aujourd’hui, autour du slogan « Nous ne nous soumettrons qu’à Dieu ». Dans la nuit, des manifestations ont eu lieu à Lattaquié, Saraqeb, Jassem, Tafas, Kherbet Ghazala et Mahajja, Enkhel, Mseifra, Houlé et d’autres.
(Source : agences et rédaction)
Les États-Unis et la Turquie ont durci le ton hier contre la Syrie, évoquant au cours d’une conversation téléphonique la nécessité d’une « transition démocratique », a annoncé la Maison-Blanche. Les deux hommes « ont souligné l’urgence de la situation et réitéré leur profonde préoccupation concernant l’usage de la violence par le gouvernement contre les civils », a ajouté la présidence américaine dans un communiqué. MM. Obama et Erdogan sont aussi « tombés d’accord sur la nécessité de mettre fin immédiatement au bain de sang et à la violence contre le peuple syrien ». Ils se sont engagés à « suivre de près les actions entreprises par le gouvernement syrien et à se consulter étroitement ces prochains jours ».Pour maintenir la pression, les Occidentaux souhaitent une nouvelle réunion la...
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