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Moyen Orient et Monde - Grande-Bretagne

Aux émeutiers, Cameron assure que « la riposte est en cours »

La police britannique demande l’aide des internautes afin de faciliter l’identification des pilleurs.

Des jeunes pillant un magasin d’électroménager à Birmingham, dans le centre de l’Angleterre, pendant que des passants les regardent passivement. Photo AFP

Confronté à l’immense défi des émeutes qui embrasent depuis quatre jours le Royaume-Uni, le Premier ministre David Cameron a encore haussé le ton hier, promettant qu’il ne laisserait pas une « culture de la peur s’instaurer dans les rues ». Alors que les émeutes ont déjà fait un mort, les policiers seront autorisés à utiliser « toute tactique qu’ils jugent nécessaire », a averti David Cameron, notamment des canons à eau, jusqu’à présent réservés aux troubles en Irlande du Nord, ainsi que des balles en plastique. « Il fallait une riposte et la riposte est en cours », a poursuivi sur un ton très offensif le Premier ministre conservateur. Plus d’un millier de personnes au total ont déjà été arrêtées dans le pays depuis le début des troubles samedi dernier. M. Cameron s’est aussi félicité que le déploiement massif de 16 000 policiers à Londres a épargné à la capitale une quatrième nuit d’émeutes, malgré la tension toujours perceptible. Cent onze membres des forces de l’ordre, cibles de divers projectiles, bouteilles, briques et planches de bois, ont par ailleurs été blessés depuis le début des émeutes, selon Scotland Yard. David Cameron doit s’adresser aujourd’hui au Parlement, convoqué en session extraordinaire. L’opposition se garde pour l’instant de jeter de l’huile sur le feu et condamne sans ambiguïté les violences. Certains travaillistes commencent toutefois à dire tout haut que le plan de rigueur du gouvernement a contribué à faire monter la tension sociale. Plus encore, les scandales de corruption dans la police londonienne et celui de 2009 sur les notes de frais des parlementaires a aussi répandu l’image de l’avidité de toute une société. « Tout le monde a entendu parler des pots-de-vin de la police, des parlementaires volant des milliers (de livres) avec leurs notes de frais. Ils ont donné l’exemple. C’est l’heure de piller », a dit à Reuters à Londres un jeune du quartier d’Hackney. De son côté, la police britannique compte sur l’aide des internautes pour faciliter l’identification des émeutiers en publiant des photos capturées par les caméras de vidéosurveillance et en lançant un appel à témoins sur la Toile pour dénoncer les fauteurs de troubles. Les autorités britanniques publient régulièrement sur Internet les photos de personnes responsables de violences urbaines. Mais depuis le début de ces émeutes, des internautes anonymes ont emboîté le pas de la police en créant des sites pour dénoncer les pillards. Plusieurs tabloïds ont aussi publié hier de nombreuses photos de jeunes hommes et femmes, la plupart cagoulés, une télévision, des bouteilles ou des vêtements sous le bras. « Dénoncez un crétin », écrit The Sun en une en condamnant « l’anarchie en Grande-Bretagne ». « Ne les laissez pas détruire nos villes », ajoute-t-il, photos de pillards présumés à l’appui.
Cependant, si la capitale a été épargnée mardi soir, les pillages et les violences sont repartis de plus belle dans plusieurs autres villes, atteignant pour la première fois Manchester, troisième ville du pays, ainsi que Nottingham, Birmingham et sa banlieue, Liverpool, Salford, Bristol et Gloucester. À Manchester, des centaines de jeunes, jouant au chat et à la souris avec les forces de l’ordre, sont descendus dans les rues, mettant le feu à des magasins, pillant des commerces. Ces débordements, les plus graves dans le pays depuis plus de vingt ans, constituent sans doute la pire crise à laquelle doit faire face David Cameron en quinze mois de pouvoir. Déjà en position très délicate au début de l’été à cause du scandale des écoutes et de ses liens avec le groupe de presse de Rupert Murdoch, il a été vivement critiqué pour n’avoir écourté que mardi ses vacances alors que les émeutes faisaient rage depuis trois jours. Et dans les villes saccagées par les pilleurs, des habitants se plaignent que le gouvernement ne parvienne pas à reprendre la situation en main. Les jeunes émeutiers, très mobiles, communiquent via la messagerie gratuite de leur Blackberry. Compliquant un peu plus la situation, des centaines d’habitants ont constitué des groupes d’autodéfense à Londres. À Enfield, par exemple, environ 200 habitants ont arpenté les rues toute la nuit pour assurer la surveillance. Mêmes scènes à Hackney et Kentish Town où des commerçants, en majorité turcs, ont monté la garde devant leurs échoppes, nombre d’entre eux arborant des armes de fortune. À Birmingham, trois personnes, qui tentaient selon des médias de protéger leur quartier des pilleurs, ont été écrasées dans la nuit de mardi à mercredi par une voiture dans des circonstances encore confuses. La police a ouvert une enquête pour meurtre, sans préciser toutefois si ces décès étaient directement liés aux émeutes.

         (Source : agences)
Confronté à l’immense défi des émeutes qui embrasent depuis quatre jours le Royaume-Uni, le Premier ministre David Cameron a encore haussé le ton hier, promettant qu’il ne laisserait pas une « culture de la peur s’instaurer dans les rues ». Alors que les émeutes ont déjà fait un mort, les policiers seront autorisés à utiliser « toute tactique qu’ils jugent nécessaire », a averti David Cameron, notamment des canons à eau, jusqu’à présent réservés aux troubles en Irlande du Nord, ainsi que des balles en plastique. « Il fallait une riposte et la riposte est en cours », a poursuivi sur un ton très offensif le Premier ministre conservateur. Plus d’un millier de personnes au total ont déjà été arrêtées dans le pays depuis le début des troubles samedi dernier. M. Cameron s’est aussi félicité...
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