Le ministre de l’Électricité, Raad Chalal al-Ani, dont le Premier ministre, Nouri al-Maliki, a demandé dimanche le renvoi, avait annoncé en mars dernier de vastes plans en vue de l’acquisition de 50 centrales électriques d’une capacité de 100 mégawatts chacune d’ici à l’été 2012.
De quoi donner un peu d’air à un réseau électrique national vétuste et surchargé, qui n’arrive à fournir que quelques heures par jour de courant à des Irakiens de plus en plus excédés. La température à Bagdad et dans une grande partie du pays a atteint les 50 °C début août.
La production irakienne d’électricité et le courant que le pays importe de Syrie totalisent 7 000 mégawatts pour une demande deux fois plus élevée, et qui croît beaucoup plus vite que l’offre. Mais les 44 contrats déjà conclus à cet effet ont tous été annulés ou suspendus, selon des responsables irakiens. Selon un collaborateur du chef du gouvernement, le ministre de l’Électricité a été remercié pour avoir validé deux contrats jugés non valables. Ces accords, annoncés début juillet, prévoyaient respectivement la livraison par le canadien Capgent de dix centrales électriques pour 1,66 milliard de dollars, et celle de cinq centrales par le groupe allemand MBH pour 625 millions de dollars.
Mais le vice-Premier ministre Hussein Chahristani a déclaré lundi lors d’une conférence de presse que Capgent n’existe « que sur le papier », tandis que MBH serait, selon lui, en faillite. « Les contrats passés avec les entreprises fantômes et en banqueroute ont été annulés et des procédures lancées contre elles », a-t-il prévenu. Quant à M. Ani et ceux qui l’ont assisté sur ces dossiers au ministère, ils feront l’objet d’une enquête par un comité, a-t-il ajouté. Toutefois, « cela ne veut pas dire que les grands projets sont affectés puisque les plans du ministère pour obtenir 7 000 mégawatts de plus d’ici à fin 2013 avancent », a-t-il assuré.
D’autres accords semblent également avoir été gelés. C’est le cas de celui attribué en avril à une compagnie chinoise pour la construction d’une centrale électrique de 500 mégawatts dans la province méridionale de Bassora, pour un coût annoncé de 204 millions de dollars. « Le ministère de l’Électricité n’a pas paraphé le contrat final et nous ignorons pour le moment la raison de ce retard », a indiqué Ziad Fadhel, directeur du comité pour l’électricité dans la province. Quant au groupe coréen STX Heavy Industries, il avait conclu en mai un contrat de 2,76 milliards de dollars pour la construction de 25 centrales diesels en Irak. Mais là encore, la transaction a été annulée, faute de garanties suffisantes de la part des banques coréennes, a indiqué un fonctionnaire du gouvernement sous le couvert de l’anonymat.
Selon un autre responsable irakien, ces mésaventures à répétition s’expliquent par le fait que le gouvernement a recruté ces entreprises « afin d’obtenir des succès rapides ». Les grandes entreprises de réputation internationale réclamaient des garanties officielles pour s’engager dans des projets de ce type et le Parlement n’a pas accordé son soutien au gouvernement en la matière, explique-t-il.
L’incertitude ne se limite pas aux contrats. Le sort du ministre de l’Électricité remercié dimanche doit à présent être examiné par le Parlement. M. Ani n’était en poste que depuis un peu plus d’un an. Son prédécesseur avait démissionné suite à des critiques sur la faiblesse de l’approvisionnement en courant.
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