Des revendications...
et des pannes
Les images de la grève se sont reproduites au Akkar, dans le bâtiment de l’EDL à Halba et dans la station de Kobayyat, ainsi qu’à Koura, où les employés ont réitéré leur appui aux revendications syndicales, un appui partagé en outre par le syndicat de l’office des eaux du Litani, qui a suspendu son activité hier pendant deux heures, en signe de solidarité avec les employés de l’EDL dont « nous comprenons les inquiétudes », selon un communiqué du syndicat.
La première journée d’arrêt du fonctionnement normal de l’EDL n’aura pas été sans effet sur le quotidien des citoyens, d’autant que la saison chaude entraîne la multiplication des pannes électriques. Ainsi, à la Békaa, les travaux d’entretien et de réparation des lignes de basse tension se sont arrêtés à l’aube, maintenant les pannes survenues en cours de soirée, dont la ligne de Riyak-Baalbeck qui touche des centaines de ménages, ce qui a conduit à l’arrêt des travaux et à la coupure de l’eau potable dans un grand nombre de domiciles. À la station de Zouk, un dispositif thermique a eu beau activer hier ses alarmes signalant une panne, aucun employé n’est intervenu pour le réparer.
Quasi-inertie de l’État
Malgré les avertissements qu’aura portés ce premier jour de grève, les autorités ministérielles semblent vouloir minimiser les demandes des grévistes, rejetant toute justification à la grève. Ainsi, le ministre de l’Énergie Gebran Bassil a tenu hier une réunion avec le comité exécutif du syndicat, mais il s’est contenté de réitérer sa demande de mettre fin à la grève, sans aborder les revendications publiées dans le communiqué du syndicat, qui menaçait jeudi d’avoir recours à la grève au cas où les droits et acquis des employés ne seraient pas respectés. Parmi ces droits, le réajustement des salaires et la protection des ouvriers contre les risques que porte leur travail sur le terrain. Le syndicat avait également souligné que les négociations avec la direction de l’EDL sont arrivées au point mort au sujet des aides pour la scolarité. Pour sa part, le ministre des Finances, Mohammad Safadi, s’est dit surpris par l’annonce d’une grève ouverte, soulignant que lors de sa réunion avec le syndicat des employés de l’EDL, les deux parties s’étaient penchées uniquement sur l’augmentation des aides à la scolarité.
M. Safadi a d’autant plus critiqué la position du syndicat des employés de l’EDL, qu’il lui avait expliqué la situation lors d’une précédente réunion, lui indiquant qu’il mettrait ce sujet sur la table, au cours du Conseil des ministres prévu lundi, chose qu’il n’a finalement pas faite, confirmant les doutes du syndicat quant à la coopération effective de l’État et attisant sa volonté d’entamer la grève. À cette quasi-inertie gouvernementale, la mort accidentelle d’un jeune ouvrier, Dandach Nazem Dandach, électrocuté le même jour, lundi, alors qu’il remaniait les câbles d’un poteau électrique à Aïn Mreissé, a réveillé « la cause de tous les ouvriers martyrisés en service », selon un communiqué du comité des ouvriers journaliers de l’EDL publié hier.
Aujourd’hui, un projet de loi relatif à l’EDL doit être débattu au Parlement. S’ajoutant à la question de savoir si la direction de l’EDL est apte à palier aux déficiences, tant financières qu’énergétiques, de l’institution, une autre question, encore plus imminente, s’impose : celle de son aptitude à mettre un terme au mécontentement, désormais chronique, de ses employés.


Une délégation FL en tournée à Hasbaya et Marjeyoun en soutien aux habitants du Sud