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Liban - Éclairage

Bkerké et Baabda en parfaite symbiose

Le siège patriarcal et la présidence de la République ont pour label permanent Bkerké et Baabda. Mais c’est de Dimane et de Beiteddine qu’ils tissent leur idylle estivale, que consacre leur rencontre dominicale au Chouf.
Sermon de messe prononcé à Deir el-Qamar, à l’occasion de la fête de Notre-Dame de Tallé, patronne de la ville. Le patriarche Béchara Raï souhaite au président Michel Sleiman, présent, plein succès dans les efforts qu’il déploie auprès des pôles et des représentants du peuple pour la réactivation du comité de dialogue national, en vue de rétablir la confiance entre les différentes composantes du peuple. S’adressant au chef de l’État, le prélat a souhaité que les échanges débouchent sur un congrès national exhaustif établissant un nouveau contrat social. Fondé sur le pacte de Taëf, sur la coexistence, sur le document de l’entente nationale, afin de répondre aux défis de notre monde arabe et aux impératifs de la mondialisation.
Cependant, l’opposition estime que les circonstances ne s’y prêtent pas. À son avis, il faut attendre de voir comment les choses vont tourner dans la région, particulièrement en Syrie. Car cela ne manquerait pas de se répercuter sur la scène locale. Elle ajoute que si les rapports de force restent déséquilibrés, le congrès sera inutile car il n’en sortira qu’un nouveau fait accompli.
C’est dire que l’appel à la Rousseau du patriarche fait du bruit. D’autant que dès son avènement, Mgr Raï a souligné que l’accord général en vigueur est devenu obsolète. Il faut donc en changer, mais en gardant évidemment l’indispensable esprit, le cadre en somme, du pacte national et du traité sur l’entente du même nom.
Parallèlement, le chef de l’État compte réunir sous peu les leaders pour qu’ils discutent franchement entre eux, afin de paver la voie à une reprise des travaux du comité de dialogue national.
Selon ses visiteurs, le président Sleiman mise sur le rôle que le patriarche Raï assume à travers ses tournées paroissiales, au cours desquelles il soutient le régime et son projet de résurrection du dialogue. Une espérance qui s’articule plus particulièrement sur la deuxième rencontre des quatre leaders maronites, organisée cette fois à Dimane par le patriarcat. Le président Amine Gemayel, le général Michel Aoun, le député Sleimane Frangié et le Dr Samir Geagea vont donc se retrouver de nouveau. Les proches du président Sleiman espèrent que ces entretiens faciliteront la reprise du dialogue national, en supprimant quelques-unes des barrières qui l’entravent. Les quatre devraient en principe s’accorder pour soutenir le plan du président Sleiman, souhaitent les mêmes sources.

Iftar
Le rendez-vous aura été préparé deux semaines auparavant par l’iftar que le chef de l’État donne le 11 du mois en cours à Baabda. Il y regroupera les forces politiques, les autorités religieuses, les notables ou représentants divers de la société civile.
Saad Hariri en serait absent. Il se trouve auprès de sa famille en Arabie saoudite et ne rentrerait pas de sitôt, aucune date n’étant encore fixée. Quoi qu’il en soit, à l’occasion de cet iftar, les cadres du 14 Mars et du 8 Mars, brouillés depuis le départ forcé du précédent cabinet, devraient reprendre langue.
De plus, depuis la mise sur pied du gouvernement Mikati, les souverainistes ont rompu les ponts avec Baabda et le critiquent sévèrement pour de multiples raisons. D’abord parce que reniant de clairs engagements, alors qu’il est lui-même le fruit de Doha, conférence génératrice du mode dit du consensus, il se rallie à la formule d’un cabinet monochrome, excluant la moitié des Libanais. Ensuite, parce qu’en plus il cède ses parts, singulièrement sécuritaires, au Hezbollah et au 8 Mars, au détriment de sa communauté. Son quota passe en effet de cinq à trois ministres. Et à partir de là, toujours selon le 14 Mars, le président Michel Sleiman laisse le Hezbollah tenir les rênes effectifs, aux dépens de l’État de droit souverain.
Les partisans de la révolution du Cèdre soutiennent que le chef de l’État s’est rangé aux côtés du 8 Mars et de sa ligne d’obédience à l’axe syro-iranien, au mépris de l’impartialité comme du rôle de conciliateur, ou même d’arbitre, qui s’imposent aux fonctions présidentielles aux termes de la Constitution.

Dynamique ou dynamite ?
En réponse, selon les proches de Baabda, c’est précisément pour dynamiser le consensus dont il a la charge que Michel Sleiman s’efforce de faire redémarrer le processus de dialogue national.
Certains de ses visiteurs le prient de promouvoir à fond l’option centriste, ce qu’il n’a pas été en mesure de faire en 2008. Les circonstances, selon eux, sont aujourd’hui plus propices. Et ils veulent ignorer les foucades de Michel Aoun, que ce thème de centrisme, sur lequel il tire régulièrement à boulets rouges, hérisse manifestement.
Il n’est pas exclu dès lors que les relations entre les deux hommes se détériorent de nouveau. Récemment, elles se sont améliorées, lors de l’audience accordée à Aoun à Baabda, dans le cadre des concertations présidentielles sur la reprise du dialogue.
D’ailleurs, le président Sleiman rétablit tout naturellement les canaux de contact par le truchement d’émissaires et en recevant des pôles du 14 Mars, malgré les attaques que ce camp lance contre lui.
Il n’empêche que l’opposition ne voit pas l’utilité d’une relance du dialogue, tant que le 8 Mars, Hezbollah en tête, refuse de parler de l’armement, seul sujet à discuter en priorité, selon les parties non apeurées qui ont subi le 7 mai, entre autres, sans plier...
Et il n’empêche, non plus, que la majorité cornaquée par le Hezbollah a fait part, par la bouche de Michel Aoun, du décès du processus de dialogue, en précisant que pour l’exhumer, il faut impérativement que le dossier dit des faux témoins soit inscrit en tête de l’ordre du jour du Conseil des ministres, pour une saisine impérative de la Cour de justice. Alors que cette instance ne connaît que des atteintes à la sûreté de l’État ou de la forfaiture pour haute trahison. Les crimes de droit commun, comme les faux témoignages justement, relevant de la simple correctionnelle ou, si c’est vraiment grave, des assises (premier et deuxième degré de la justice ordinaire). Pour finir, le cas échéant, devant le troisième degré, le plus haut dans ce domaine, la Cour de cassation.
Le 8 Mars ne veut pas que le débat se limite à l’armement ou à la stratégie de défense. Il refuse qu’il y ait un délai pour régler la question. Et il refuse même que l’on établisse un mécanisme pour faire appliquer les résolutions antérieures, adoptées à l’unanimité, relatives au démantèlement des bases palestiniennes hors des camps, situées dans la Békaa et toutes d’obédience syrienne. De même pour la régulation de l’armement à l’intérieur des camps, sous supervision des autorités libanaises, représentées par les FSI et l’armée.
Il faut également rappeler cette objection des souverainistes : laisser au comité de dialogue national le soin de plancher sur tous les problèmes, comme le demande la nouvelle majorité, équivaudrait à gommer le rôle des pouvoirs officiels constitutionnels, Parlement et Conseil des ministres confondus.
Le siège patriarcal et la présidence de la République ont pour label permanent Bkerké et Baabda. Mais c’est de Dimane et de Beiteddine qu’ils tissent leur idylle estivale, que consacre leur rencontre dominicale au Chouf.Sermon de messe prononcé à Deir el-Qamar, à l’occasion de la fête de Notre-Dame de Tallé, patronne de la ville. Le patriarche Béchara Raï souhaite au président Michel Sleiman, présent, plein succès dans les efforts qu’il déploie auprès des pôles et des représentants du peuple pour la réactivation du comité de dialogue national, en vue de rétablir la confiance entre les différentes composantes du peuple. S’adressant au chef de l’État, le prélat a souhaité que les échanges débouchent sur un congrès national exhaustif établissant un nouveau contrat social. Fondé sur le pacte de...
commentaires (1)

Quand on a connu la symbiose l'oxygène nous étouffe. Espérons que ce vent du Chouf soit pur cette fois et non affecté par les nuages damascins pour ne plus étouffer cette entente cordiale de la montagne . Nazira.A.Sabbagha

Sabbagha.A.Nazira

04 h 27, le 09 août 2011

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Commentaires (1)

  • Quand on a connu la symbiose l'oxygène nous étouffe. Espérons que ce vent du Chouf soit pur cette fois et non affecté par les nuages damascins pour ne plus étouffer cette entente cordiale de la montagne . Nazira.A.Sabbagha

    Sabbagha.A.Nazira

    04 h 27, le 09 août 2011

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