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Moyen Orient et Monde - Libye

Le président du CNT limoge son gouvernement

Timide avancée des rebelles vers Tripoli.
Moustapha Abdeljalil, le président du Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion libyenne, a limogé son gouvernement, ont annoncé hier deux porte-parole du mouvement rebelle. Il a demandé à Mahmoud Jibril, numéro deux de la rébellion, de former un nouvel exécutif. Cette décision intervient une semaine après l’assassinat dans des circonstances mystérieuses du chef d’état-major de la rébellion, le général Abdel Fatah Younès. Outre les spéculations sur les auteurs, l’assassinat du général Younès a suscité une vague de critiques contre le CNT, dont plusieurs responsables avaient signé l’ordre de le rappeler du front. La coalition du 17 février, qui regroupe associations et organisations impliquées dans le soulèvement populaire contre le régime à Benghazi, a ainsi réclamé le limogeage de trois ministres. Les proches du général Younès ainsi que les membres de sa tribu d’origine, les el-Obeïdi, ont également exigé que toute la lumière soit faite.
Toujours sur le plan politique, un mémorandum des rebelles sur l’après-Kadhafi recommande le maintien de la plupart des infrastructures existantes du régime afin d’éviter un chaos comparable à celui qu’a connu l’Irak après la chute de Saddam Hussein, rapportait hier le Times. Le CNT y reconnaît toutefois qu’il a peu de chance de renverser le dirigeant au pouvoir depuis si longtemps, mais estime que les divisions internes le forceront à partir. Les rebelles y affirment également que 800 responsables de l’actuel gouvernement ont déjà été acquis à leur cause et qu’ils pourraient former le noyau d’une nouvelle administration, poursuit le journal.
Sur le terrain, les rebelles défendaient hier leurs positions à l’est de Tripoli face à une offensive des forces du régime de Moammar Kadhafi, après avoir réussi à garder le contrôle de Bir Ghanam. L’assaut des forces pro-Kadhafi sur les positions de la rébellion à l’est de Zliten, poste le plus avancé des insurgés à environ 120 km de la capitale libyenne, « a fait quatre tués et 40 blessés dans nos rangs », a indiqué à l’AFP un porte-parole militaire rebelle, Abdul Wahab Melitan. Après quelques « accrochages limités » à l’aube, les combats marquaient une pause hier, alors que les rebelles avaient annoncé la veille avoir adopté une « position défensive » sur la ligne de front pour contenir la contre-attaque des forces pro-régime. Venus de l’enclave de Misrata, les rebelles tentent depuis plus d’une semaine de s’emparer de cette ville de 200 000 habitants, étape sur la route de Tripoli. L’Alliance atlantique a mené huit frappes sur Zliten au cours des dernières 24 heures, sur les 59 menées dans tout le pays pour la même période.
Sur le front ouest, un correspondant de l’AFP a pu constater que la localité de Bir Ghanam, verrou stratégique à 80 km au sud-ouest de Tripoli tombé samedi aux mains des rebelles, restait sous contrôle des insurgés. Peu auparavant, le Premier ministre Baghdadi Mahmoudi avait affirmé au cours d’une conférence de presse dans la capitale que les troupes du régime avaient repris le « contrôle total » de Bir Ghanam. Dans la nuit de dimanche à lundi, des rebelles contrôlaient néanmoins les check-points dans la ville. Plus à l’est, les rebelles ont affirmé que « peu de soldats » restaient sur la ligne de front de Brega. « Les tirs et bombardements en provenance des lignes ennemies ont considérablement baissé », a assuré un porte-parole militaire, Mohammad Zawawi, y voyant le signe d’un retrait en cours des forces pro-Kadhafi.
À Benghazi, les rebelles libyens ont créé une force spéciale chargée de protéger les champs pétrolifères et les installations qu’ils contrôlent, afin d’empêcher les sabotages par les partisans du régime. Selon Ahmad Bani, porte-parole du Conseil national de transition (CNT) pour les questions de défense, « (cette force) dispose d’armes, de véhicules et de matériel de vision nocturne ». La Libye, membre de l’OPEP, possède les plus importantes réserves de pétrole brut d’Afrique. Avant le début de l’insurrection en février dernier, le pays produisait 1,6 million de barils par jour.
(Source : AFP)
Moustapha Abdeljalil, le président du Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion libyenne, a limogé son gouvernement, ont annoncé hier deux porte-parole du mouvement rebelle. Il a demandé à Mahmoud Jibril, numéro deux de la rébellion, de former un nouvel exécutif. Cette décision intervient une semaine après l’assassinat dans des circonstances mystérieuses du chef d’état-major de la rébellion, le général Abdel Fatah Younès. Outre les spéculations sur les auteurs, l’assassinat du général Younès a suscité une vague de critiques contre le CNT, dont plusieurs responsables avaient signé l’ordre de le rappeler du front. La coalition du 17 février, qui regroupe associations et organisations impliquées dans le soulèvement populaire contre le régime à Benghazi, a ainsi réclamé le...
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