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L'Arabie saoudite rappelle son ambassadeur à Damas

54 personnes tuées dimanche à Deir Ezzor, Houlé et Idleb.

Des manifestations monstres ont eu lieu hier soir à travers la Syrie, alors que les forces de sécurité syriennes ont à nouveau réprimé dans le sang le mouvement de contestation, tuant 54 personnes, malgré un concert de critiques internationales. Photo : Source YouTube Syrie-Douma

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a annoncé dimanche dans la nuit le rappel de l'ambassadeur saoudien à Damas pour "consultations", dans un communiqué consacré à la crise syrienne et publié à Ryad. Le souverain a également appelé les dirigeants syriens à "arrêter la machine de mort et l'effusion de sang, et à faire valoir la raison avant qu'il ne soit trop tard". "Le royaume saoudien ne peut aucunement accepter ce qui se passe en Syrie. L'événement ne se prête à aucune justification", a ajouté le roi. Selon lui, la répression des protestataires syriens qui a fait "un grand nombre de martyrs (...) contrevient à la religion, aux valeurs (humaines) et à la morale".

"La Syrie n'a que deux choix pour son avenir: opter volontairement pour la sagesse, ou s'enliser dans le chaos et la violence", a-t-il encore dit dans ce communiqué au ton inhabituellement sévère à l'égard des dirigeants syriens.

"Aujourd'hui, l'Arabie saoudite se trouve face à ses responsabilités historiques à l'égard de ses frères pour leur demander d'arrêter la machine de mort" et "appliquer des réformes", a-t-il poursuivi.

La déclaration du roi Abdallah est intervenue au surlendemain d'un pressant appel des monarchies du Golfe, dont l'Arabie saoudite, à la Syrie pour mettre fin l'"effusion de sang" et entreprendre de "sérieuses réformes". Dans un communiqué, le Conseil de coopération du Golfe (CCG - Arabie saoudite, Koweït, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman et Qatar) avait appelé à "la raison et à l'introduction de réformes sérieuses et nécessaires protégeant les droits et la dignité du peuple (syrien) et répondant à leurs aspirations".

"Le rappel de l'ambassadeur saoudien de Damas pourrait être suivi par des mesures similaires de la part des autres pays du CCG", a déclaré à l'AFP l'analyste saoudien, Jamal Khachogji. L'Arabie saoudite, qui opte d'habitude pour la discrétion dans ses activités diplomatiques, "va agir publiquement avec d'autres pays aux plans régional et international afin d'exercer des pressions sur le régime de Damas pour qu'il arrête le bain de sang" en Syrie, a-t-il ajouté. A cet effet, "une réunion regroupant Saoudiens, Américains et Turcs notamment devrait se tenir prochainement dans une capitale de la région", a indiqué M. Khachogji, proche des cercles officiels saoudiens.

Pour sa part, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a appelé dimanche les autorités syriennes "à mettre fin immédiatement à tous les actes de violence et aux campagnes sécuritaires contre les civils". Il s'est toutefois gardé de demander le départ du dirigeant syrien comme l'exigent les manifestants syriens mobilisés contre le régime depuis la mi-mars.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a, par ailleurs, demandé dimanche soir au ministre turc des Affaires étrangères de demander à la Syrie de "renvoyer ses soldats dans leurs casernes". Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait annoncé samedi que le chef de la diplomatie Ahmet Davutoglu se rendrait mardi en Syrie pour transmettre "avec détermination" au régime de Damas les "messages" d'Ankara, "à bout de patience" face à la violence de la répression dans ce pays.

Au moins 2 000 personnes ont trouvé la mort en Syrie depuis le déclenchement le 15 mars d'un mouvement de contestation du régime, selon les militants des droits de l'Homme. Et les forces de sécurité syriennes ont à nouveau réprimé dimanche dans le sang le mouvement de contestation, tuant 54 personnes. 42 civils notamment, ont été tués à Deir Ezzor (430 km au nord-est de Damas) , où quelque 250 chars de l'armée ont donné l'assaut. Dix civils ont également été tués à Houlé, dans la province de Homs, selon Abdel Karim Rihaoui, le chef de la Ligue syrienne des droits de l'Homme. Selon une autre ONG, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), deux personnes ont été tuées dimanche à Idleb (nord-ouest).

Alep (nord) a également été le théâtre de manifestations dimanche soir avec des centaines de personnes qui sont descendues dans la rue pour réclamer la chute du régime et proclamer leur solidarité avec Deir Ezzor et Hama. La télévision publique a démenti l'entrée de chars à Deir Ezzor et a montré "une grande quantité d'armes et de munitions" saisies, selon elle, dans un camion intercepté à la frontière libanaise, dans le gouvernorat de Homs.

Bachar al-Assad a, pour sa part, justifié les interventions sanglantes du régime par une lutte contre des "hors-la-loi". "Agir face aux hors-la-loi qui coupent les routes, ferment les villes et terrorisent la population est une obligation pour l'Etat qui doit défendre la sécurité et protéger la vie des citoyens", a-t-il déclaré lors d'un entretien avec le ministre libanais des Affaires étrangères Adnane Mansour, selon l'agence officielle Sana. Il a d'autre part assuré que la Syrie "avançait sur la voie des réformes", au lendemain de la promesse par le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem de la tenue d'élections législatives "libres et transparentes" avant la fin de l'année.

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a annoncé dimanche dans la nuit le rappel de l'ambassadeur saoudien à Damas pour "consultations", dans un communiqué consacré à la crise syrienne et publié à Ryad. Le souverain a également appelé les dirigeants syriens à "arrêter la machine de mort et l'effusion de sang, et à faire valoir la raison avant qu'il ne soit trop tard". "Le royaume saoudien ne peut aucunement accepter ce qui se passe en Syrie. L'événement ne se prête à aucune justification", a ajouté le roi. Selon lui, la répression des protestataires syriens qui a fait "un grand nombre de martyrs (...) contrevient à la religion, aux valeurs (humaines) et à la morale".
"La Syrie n'a que deux choix pour son avenir: opter volontairement pour la sagesse, ou s'enliser dans le chaos et la violence", a-t-il encore dit dans ce...