Les rebelles du Djebel Nefoussa, positionnés depuis plusieurs semaines à Bir Ayad, à 30 km au sud de Bir al-Ghanam, avaient lancé une offensive samedi en direction de cette ville de garnison, selon un correspondant de l’AFP. Plusieurs commandants rebelles lui avaient également indiqué que le village était passé sous leur contrôle.
Le Premier ministre a dénoncé par ailleurs une intensification des raids de l’OTAN à Tripoli et dans plusieurs villes du pays, « affirmant que l’Alliance atlantique ne faisait plus la distinction entre sites civils et militaires ».
Il a critiqué par ailleurs le Conseil national de transition (CNT, opposition) et la situation sécuritaire à l’est du pays, contrôlé par les rebelles, notamment après le meurtre du général Abdel Fattah Younès, ancien responsable du régime ayant rallié l’opposition. Selon lui, le « pouvoir de décision et les forces réelles sur le terrain sont aux mains de groupes islamistes extrémistes ». M. Mahmoudi a indiqué par ailleurs que la plupart des membres du CNT ont quitté le pays. « Je défie le CNT de se réunir une seule fois au cours du mois de ramadan », a-t-il lancé.
Alors que la guerre contre le régime du colonel Kadhafi se poursuit, l’un des principaux chefs militaires de la rébellion libyenne, Fawzi Bukatif, a jugé « prématurée » la création d’une « armée nationale ». « On ne peut pas le faire pour le moment. Nous sommes en guerre. Nous sommes en pleine révolution, ce n’est pas possible », a déclaré M. Bukatif.
Ancien ingénieur du secteur pétrolier, M. Bukatif dirige sur le terrain « l’Union des forces révolutionnaires », qui regroupe une trentaine de « brigades » de combattants volontaires sur le front. Il est également vice-ministre de la Défense au sein du CNT.
Depuis le début en février de la lutte armée contre le régime Kadhafi, les insurgés peuvent être classés en deux principaux camps : les ex-soldats de l’armée de Kadhafi, passés dans le camp de la « révolution », et les volontaires, combattants civils regroupés au sein d’une multitude de brigades – Katiba – qui font aujourd’hui la force de frappe de la rébellion.
Soucieux de mettre de l’ordre sur le front, et à terme de construire une nouvelle « armée nationale », le CNT a d’abord multiplié les appels aux brigades de volontaires pour qu’elles se placent sous l’autorité de « l’Union des forces révolutionnaires ». Le CNT pousse désormais pour que cette « Union », qui fait office de vague structure de commandement des unités combattantes, se mette elle-même aux ordres du CNT et constitue ainsi l’embryon de nouvelle armée. « Où est l’armée dont vous parlez ? » s’est interrogé M. Bukatif. Les ex-officiers de l’armée de Kadhafi « représentent à peine 20 % de nos officiers », remarque-t-il. « Dans les faits, nous n’avons pas d’armée (...). Ce qui reste des forces de Kadhafi est très pauvre », a-t-il observé.
(Source : AFP)

