Tony Sfeir et Karma Tohmé devant un mur de posters signé Fouad el-Khoury.
À Mar Mikhael, auprès de quelques designers, librairies spécialisées et restaurants à visages humains qui ont également pignon sur cette charmante rue, Plan Bey a lentement installé ses repères en s’immergeant dans le parfum d’un quartier de plus en plus intéressant. « Nous avons voulu revenir à l’essence des choses, » confie le couple. Comme échappés de leur plan A et ses deux projets qui étaient la CD Thèque et Incognito, devenus trop lourds pour pouvoir les mener avec le sourire, Tony Sfeir et Karma Tohmé, sa complice dans la vie, ont exécuté leur plan B : un lieu de création, de développement de projets artistiques et de production, qui soit également un espace d’exposition et de vente. Entre galerie et librairie, les tirages de photos, les posters, les cartes postales, les CD, les livres d’art, la papeterie et les gourmandises sont tous des choix personnels revendiqués par le duo. « Nous présentons des personnes dont nous aimons le travail, que nous aidons au niveau de la production et dont nous vendons le travail en quantité limitée. L’art, précise la jeune femme, ne doit pas juste s’adresser à des collectionneurs. Il faut le démocratiser ! »
Visite accompagnée
L’endroit est certes petit, mais il y circule une belle dynamique et des projets qui se ressemblent dans leur vocation. Derrière chaque produit se cache un artiste, une rencontre, une histoire et une collaboration. Le résultat est une gamme variée, qui utilise des techniques différentes, quelquefois anciennes et sûrement écologiques.
Dans ce charmant méli-mélo où le couple se retrouve les yeux presque fermés, à la nostalgie des images anciennes, des ambiances, des manières de travailler, de créer, de vivre et de penser, se mêle un regard neuf et pointu. Les dernières cartes postales qui existent encore, signées Varoujian, et les posters de Fouad el-Khoury, clichés inédits des années de guerre, sont des archives et des œuvres d’art incontournables à un prix accessible. Les cahiers de Alex Baladi et de Burrak Rima, avec une recherche dans le choix des papiers et de la manière de relier, les cartes « sans occasions » de Fadi Adleh imprimées manuellement, les autocollants en vinyle de l’artiste Michèle Hallit sont les beaux résultats d’une étroite collaboration avec Karma, elle-même graphic designer et passionnée de papiers. Dans les « tiroirs des photographes », des tirages d’artistes libanais sélectionnés par la photographe Randa Mirza sont également proposés en différents formats. « La collection doit s’agrandir avec de nouveaux talents », précise Tony. Enfin, et l’on pourrait a priori se demander ce qu’elle fait là, la gamme gourmande de Tata Marie occupe les étagères encore disponibles. Cette dernière, qui n’est autre que la tante de Karma, fabrique des confitures, du miel, des savons et autres huiles d’olive « dans le même esprit que tout ce qui existe ici. Tout est naturel ! » précise la nièce.
On comprend alors que Plan Bey fonctionne avec le cœur mais aussi une certaine cohérence subjective qui ressemble à de la liberté.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
c'est BARRACK et non BURRAQ :-)
04 h 50, le 05 août 2011