En effet, les avertissements sans frais se sont multipliés ces derniers jours sous forme d’incidents sécuritaires variés. Sans lien direct entre eux au niveau du mobile apparent, mais qui portent tous atteinte à la sécurité nationale. Comme s’ils étaient télécommandés par une partie extérieure, dont l’objectif serait d’adresser des messages dans toutes les directions, aussi bien au-dehors qu’à l’intérieur, pour rappeler qu’elle dispose d’une carte importante, à savoir la paix civile, ou plutôt la guerre du même nom, au Liban. Cela au mieux.
Car il pourrait s’agir, redisons-le, d’un début de déstabilisation sciemment orchestré pour que l’État libanais, dont l’un des symboles reste le phénix, phénicien de baptême comme son nom l’indique, ne renaisse pas des cendres de sa tendre sœur, pour ne pas dire de sa douce moitié.
La première des secousses se rapporte à l’attentat à la bombe qui a visé, il y a quelques jours, un véhicule en déplacement du contingent français de la Finul à l’entrée de Saïda, faisant des blessés sérieusement atteints, notamment à la face. C’est la troisième attaque contre les Casques bleus depuis le début de cette année 2011. La première avait été dirigée contre une patrouille d’Irlandais. La deuxième, commise sur un pont surplombant l’Awali, avait ciblé les Italiens.
L’enclave ?
Géographiquement, toutes se sont produites à proximité de la capitale du Sud, donc à portée de fusil, c’est le mot, du camp palestinien de Aïn el-Héloué. Un ghetto bien barricadé, qui regorge de formations islamistes xénophobes. Pas toutes palestiniennes d’ailleurs, car presque toutes les organisations arabes radicales s’y abritent.
La Finul ne fait pas cas des versions qui courent au sujet des agressions qu’elle subit. Elle ne mise que sur l’enquête des autorités libanaises et elle en attend les conclusions. Patiemment, car elles tardent manifestement à se dessiner...
Ce que les services expliquent, sinon justifient, par le fait que dans les trois cas, les agressions n’ont été revendiquées par aucune partie. Sauf que la dernière opération s’est produite 12 jours à peine après l’implication française dans la libération des otages estoniens. On sait en effet que la délégation de l’État estonien accourue sur place pour l’événement avait pris quartier à l’ambassade de France.
Mais des observateurs craignent que l’affaire des agressions n’ait une portée plus étendue et plus grave. Il s’agirait, à l’approche du renouvellement du mandat de la Finul, de pousser les pays contributeurs à retirer leurs contingents respectifs pour ne laisser dans la zone frontalière dite de la ligne bleue qu’une armée libanaise, mal armée justement, en termes politiques ou de guérilla, face au potentiel rampant de la milice.
Les attaques contre la Finul portent déjà des prémices de fruits pour leurs auteurs. En effet, certaines capitales grognent qu’elles vont devoir lâcher prise et reprendre leurs billes, ou plutôt leurs effectifs. Tandis que d’autres soutiennent qu’il n’est plus possible de maintenir un statut qui réduit cette force militaire en spectateur impuissant de tout, y compris des agressions qu’elle subit. Ce qui limite sa marge de déplacement, malgré l’escorte que lui assure l’armée libanaise. En d’autres termes, ces États veulent que la Finul ne soit plus cantonnée dans un rôle d’observateur passif ou de tampon, mais devienne une force de frappe et de dissuasion, pour réagir elle-même, sur le terrain, aux avanies qu’on lui fait subir.
Prévention
Ce renforcement de la Finul et de son rôle paraît en réalité d’autant plus nécessaire qu’Israël, de son côté, commence à jouer avec le feu. Peu de temps après l’attentat contre les Français, un commando israélien s’est infiltré de 70 mètres à l’intérieur de la ligne technique, dans une zone contestée. L’armée libanaise a réagi par des tirs à cette provocation, repoussant les Israéliens. D’autant plus rapidement qu’elle tombait le jour même de sa fête !
Retour à l’intérieur. Il y a eu, il y a toujours, Lassa, ainsi que les villages avoisinants. Une région dont les terres ne sont pas enregistrées au nom des habitants chiites, qui y multiplient les spoliations et les constructions illicites. À Lassa, les topographes officiels puis une équipe d’une chaîne de télévision privée ont été pris à partie et molestés. Avec bis repetita pour les journalistes à caméscope de la même entreprise dans la banlieue sud, à proximité de l’AIB !
Ces développements ont été marqués par les propos incendiaires tenus par les hautes autorités spirituelles chiites, nommément le vice-président du Conseil supérieur de la communauté, cheikh Abdel Amir Kabalan, mufti jaafari. En écho, du reste, aux cadres du tandem Amal-Hezbollah, dont les déclarations de défi, sinon de guerre, dénotent une volonté manifeste de discorde. En même temps qu’un nouveau fait accompli de violation des lois, et de pied de nez à l’État souverain.
Parallèlement, il y a eu l’explosion de Roueiss, sur laquelle beaucoup de versions ont couru, sans que l’on ne puisse rien déterminer. Car, là aussi, le Hezbollah a interdit la zone aux services qualifiés de l’État. Non seulement aux FSI et à l’armée, mais aussi, et c’est malheureux, à la Défense civile et aux secouristes autorisés. Ce qui est tout de même un peu étonnant, puisque le parti chiite soutient dans un communiqué qu’il ne s’agirait que de l’explosion accidentelle d’une bonbonne de gaz domestique. Partant de là, un ministre relève que la légèreté même de ces explications fait bouillir encore plus la marmite des spéculations sur le fait qu’en réalité l’attentat aurait visé un cadre régional du parti de Dieu...
Enfin, un autre membre du gouvernement estime pour sa part que le mot d’ordre de désordre peut également s’expliquer, à part les événements de Syrie, par l’intention de contrer d’avance les effets des mesures que l’on attend du côté du Tribunal spécial pour le Liban. C’est-à-dire de la publication de la teneur entière de l’acte d’accusation, avec mandats d’arrêt internationaux contre les quatre militants du Hezbollah inculpés. Et de l’annonce de la date du lancement du procès, avec promulgation de la liste des témoins que le tribunal veut entendre.


- - - Mais cher Monsieur Philippe ABI-AKL , vous nous annoncez un cataclysme certain ou bien une fin de monde ou d'un pays qui porta un jour le nom de Liban dans votre article ...!!! Vous avez raison d'être aussi pessimiste que ça à cause de toutes ces bombes par-ci par-là, et où le Hezb n'est pas totalement innocent !! En vérité je vous le dis en toute franchise, le HEZB comme vous le pensez, est bien celui qui veille à ce que tout cela arrive chez nous, et si le Liban reste le seul et unique pays de la région à ne pas avoir à nouveau de printemps Arabe, c'est bien à cause de lui, ses séides et ses alliés que vous connaissez qui ont comploté contre la Révolution du Cèdre ! ! Merci Monsieur Abi-Akl
03 h 48, le 03 août 2011