Les 4 vainqueurs du relais 4x400 m dames de l’Inter-Lebanon. De gauche à droite : Mirvat Hamzeh, Gretta Taslakian, Saria Traboulsi et Diala el-Khazen.
Dans l’après-midi sur le stade de Notre-Dame de Jamhour, Khalil Obeid de l’Inter-Lebanon arrivait comme prévu deuxième au 110 m haies derrière un excellent Ahmad Hazer d’al-Ansar qui a survolé la distance de cette épreuve très technique. Son chrono se fige sur 14 secondes et 6 centièmes et enregistre du coup un nouveau record du Liban !
De son côté, Marc Habib (Blue Stars), détenteur du record du Liban et valeur sûre du saut en longueur depuis de nombreuses années, n’a pas créé de surprise en remportant l’épreuve, empochant ainsi pour son club les seuls 7 points de ce championnat.
La belle surprise de la journée était par contre à mettre au compte de Saria Traboulsi qui, après avoir enregistré un PB sur 800 m (deuxième journée), améliorait également son PB sur 400 m de plus d’une seconde. Elle enregistre un exceptionnel chrono de 58’’34. Sa coéquipière de l’Inter-Lebanon, Mirvat Hamzeh, arrivait quant à elle troisième derrière l’excellente cadette de Champville, Lorie Tachjdian.
Si tout se déroulait comme prévu pour l’Inter-Lebanon avec la victoire de Ramzi Naïm dans les 30 derniers mètres du 400 m devant Ali Hazer (al-Ansar), toutes les prédictions du club allaient être chamboulées par la suite : Hannouf exténué courait le pire 1 500 m de sa courte carrière derrière les deux coureurs de l’Armée et celui de CSJ ; Marie el-Amm et Melissa Rizk, bien que première et deuxième sur 5 000 m, manquaient de peu le minima dans une chaleur inhumaine ; les deux équipes de relais 4x100 m hommes et femmes rataient le passage
du témoin et étaient disqualifiées ; l’équipe 4x400 m hommes arrivait troisième derrière celle de la CSJ emportée par un formidable et puissant Thomas Semaan fraîchement débarqué des États-Unis (3 heures avant la compétition) et celle de l’Armée.
La dernière consolation pour le club champion était sans doute le 4x400 m relais femmes remporté haut la main par Mirvat Hamzeh, Gretta Taslakian, Saria Traboulsi et Diala el-Khazen.
Mais malgré cette relative mauvaise troisième journée où tout semblait aller mal pour lui, l’Inter-Lebanon, âgé de seulement 8 ans, a aisément survolé le championnat 2011 interclubs. Avec un total cumulé de 120 points, il n’y a d’ailleurs pas eu photo. Seule l’Armée, deuxième avec 84 points, restait relativement à portée de vue (il faut souligner que l’Armée n’a aligné que des athlètes de sexe masculin).
Champville et le Club sportif de Jamhour (CSJ) terminent ex-æquo avec 45 points tandis qu’al-Ansar finit cinquième avec 41 points. Une descente aux enfers graduelle et constante pour ces anciens ambassadeurs de l’athlétisme libanais, habitués il y a encore quelques années à monopoliser tour à tour la tête du championnat des clubs.
Finalement, Blue Stars, Maristes Jbeil, Antonins et Vétérans, qui prenaient part eux aussi à cet événement sportif, se contentent de leur côté de 7, 6, 2 ou encore 1 point respectivement. Autant dire qu’ils faisaient davantage parti du décor que de la rivalité sur le terrain.
Il faudrait peut-être souligner que le succès, l’énergie et la fougue de toute l’équipe de l’Inter-Lebanon ont mis en valeur une fois de plus la nonchalance et la médiocrité des autres clubs libanais (excepté pour l’Armée ; Champville, CSJ et al-Ansar dans une moindre mesure).
Il faudrait aussi remarquer que sur les 18 clubs officiellement inscrits à la fédération, seulement deux clubs travaillent sérieusement l’athlétisme, trois autres se débattent avec les moyens du bord et quatre autres pataugent. Mais où sont et que font donc les neufs clubs restants ?
Et jusqu’à quand cette Fédération libanaise d’athlétisme, qui devrait être garante du développement de ce (son) sport, continuera-t-elle à se tourner les pouces et voir cette discipline s’enliser ?
On ne peut que déplorer cette attitude et ce gâchis peu encourageants pour le plus noble des sports, ses pratiquants et pour les clubs, si ce n’était sans compter sur l’Inter-Lebanon, club en autosuffisance complète depuis ses débuts, seule entité capable d’élever le niveau de ses athlètes à un niveau respectable sur les plans régional et mondial.
Guy S.

