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Liban - L’Éclairage

L’opposition reproche au régime de faire le jeu du Hezbollah

Un résumé que développe un des leaders du 14 Mars : le Hezbollah a réussi un putsch noir en faisant sauter Hariri et le cabinet dit d’union, pour les remplacer par Mikati et un cabinet monochrome, grâce au ralliement de Joumblatt, qui a déserté les rangs de la révolution du Cèdre. Le tout suscitant une tension politique maximale. Dont l’un des effets les plus saillants est que l’opposition rompt les ponts avec Baabda, accusé de couvrir le Hezbollah, véritable détenteur du pouvoir, en acceptant la connivence ministérielle via son quota de portefeuilles. D’ailleurs réduit en charpie, puisqu’il ne contrôle même plus l’essence de son apanage, le domaine sécuritaire, l’Intérieur ne lui étant plus dévolu. Et, dans la même perspective, il n’a manifestement rien fait pour barrer la voie à la désignation, par le Hezbollah, du général Abbas Ibrahim comme titulaire de la direction de la Sûreté générale. S’en rendant aussi complice que le CPL, toujours selon les souverainistes. Alors que, comme les renseignements généraux en France, la SG se rattache directement au pouvoir politique. Et, surtout, à la présidence de la République. Car elle a notamment pour mission déclarée d’alimenter le régime en informations politiques, sécuritaires ou autres. On se rappelle ainsi que, sur cette base de connexion personnelle, le président Émile Lahoud avait fait désigner le général Jamil Sayyed, bien qu’il fût chiite, alors que le poste était réservé aux chrétiens.
La maison du Futur cesse toute liaison avec le palais. Et les cadres du 14 Mars rejettent l’appel du président Michel Sleiman à une reprise des travaux du comité de dialogue. À cause de l’armement ? Certes, mais ils ont de plus aujourd’hui une raison des plus sensibles : la comparaison des hommes de main du Hezbollah, soupçonnés d’avoir trempé dans l’assassinat du président Rafic Hariri, avec les saints et les bienheureux de la religion chrétienne. Les souverainistes, même musulmans, indiquent ne pas vouloir siéger à une table de dialogue avec les auteurs de propos si offensants. Un point de vue dont le président Amine Gemayel a informé le chef de l’État quand ce dernier l’a consulté, dans le cadre de ses concertations préparatoires sur la reprise du dialogue.

Critiques
La position de l’ancien président de la République traduit assez bien le malaise que l’opposition éprouve désormais en ce qui concerne la ligne suivie par le régime. Elle estime, en effet, qu’il a dérogé à son devoir de conciliateur, sinon d’arbitre, impartial et neutre. En s’alliant ouvertement avec le 8 Mars, cornaqué par le parti milicien. Et par l’ancien occupant syrien qui opère, par la bande, son come-back au pays du Cèdre. Dès lors, jugent les opposants, on ne peut guère s’attendre à ce que le chef de l’État se dresse contre l’armement. Et il ne sert à rien de traiter avec lui, ou de participer au faux dialogue qu’il souhaite initier.
Dent dure et mémoire d’éléphant : les opposants relèvent que le président Sleiman n’a soulevé aucune objection, au nom de cette préservation de l’unité des rangs libanais dont il est censé être le gardien, aux propositions que lui soumettait le président Mikati lors de la gestation du nouveau gouvernement. Alors qu’il multipliait les refus, jadis, devant les formules avancées par le président Saad Hariri quand il tentait de composer son gouvernement dit d’union.
Oubliant même, in fine, qu’au départ il avait affirmé qu’il n’accepterait pas de cabinet monochrome, qui ne fût donc pas d’union. Dans la foulée, et l’esprit de Doha dont il était lui-même le produit, selon les termes des opposants.
Ils se disent d’autant plus étonnés de l’attitude présidentielle, que le général Michel Aoun n’a épargné au locataire de Baabda aucune avanie. Refusant, initialement, que le président eût des ministres. Mais surtout, ils ne comprennent pas comment il favorise un Hezbollah qui n’a rien objecté quand Aoun l’attaquait.
Mais les loyalistes new-look ne sont pas sans réponses. Ils contre-attaquent en demandant ce que le 14 Mars a fait quand il tenait les rênes. Pourquoi il n’y avait pas eu de désignation à la tête de la Sûreté générale quand le général Jamil Sayyed n’y était plus. Ils rappellent qu’à l’issue des législatives de 2009, le président Saad Hariri avait déclaré que la question de l’armement du Hezbollah pouvait être discutée par le comité de dialogue, mais ne devait pas être débattue devant les médias ou au niveau de la rue. Il certifiait qu’il allait former un cabinet d’union. Dans ces conditions, et dans cet esprit, ajoutent les prosyriens, pourquoi le 14 Mars a-t-il refusé de participer au présent cabinet ? Pourquoi rejette-t-il le dialogue. Et quelle responsabilité a-t-il dans la non-application des résolutions du comité prises en 2006 et restées lettre morte ?
Cela étant, les opposants diagnostiquent que le gouvernement Mikati souffre de schizophrénie dans ses organes centristes et de paranoïa dans ses éléments 8 Mars ou CPL. Les premiers ne savent plus s’ils sont eux-mêmes ou des clones, et des clowns, dociles du Hezb. Le président du Conseil montre patte blanche à la communauté internationale, mais admet à l’intérieur, via l’équivoque de la déclaration ministérielle, la contestation du TSL. Et les seconds s’imaginent qu’ils ont gagné l’univers, que tout leur est permis. Au point que Nasrallah assure maintenant que c’est son parti qui va défendre les droits gaziers maritimes du Liban face à Israël. Autrement dit, qu’il est le Liban.
Un résumé que développe un des leaders du 14 Mars : le Hezbollah a réussi un putsch noir en faisant sauter Hariri et le cabinet dit d’union, pour les remplacer par Mikati et un cabinet monochrome, grâce au ralliement de Joumblatt, qui a déserté les rangs de la révolution du Cèdre. Le tout suscitant une tension politique maximale. Dont l’un des effets les plus saillants est que l’opposition rompt les ponts avec Baabda, accusé de couvrir le Hezbollah, véritable détenteur du pouvoir, en acceptant la connivence ministérielle via son quota de portefeuilles. D’ailleurs réduit en charpie, puisqu’il ne contrôle même plus l’essence de son apanage, le domaine sécuritaire, l’Intérieur ne lui étant plus dévolu. Et, dans la même perspective, il n’a manifestement rien fait pour barrer la voie à la désignation,...
commentaires (6)

M. Noël Aoun...je ne sais pas quantifier ces deux parts inégales,à mon grand regret....j'essaye quand même...Si on estime que les Alaouites sont 20 à 25% de la population...je dirais que la proportion est de 65 pour l'opposition,20 à 30 pour le régime,et 15 à 5 qui ne se prononcent pas,comme on dit...Mais cette tentative est probablement ridicule,comme sont horriblement ridicules les massacres actuellement commis.

GEDEON Christian

13 h 59, le 31 juillet 2011

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Commentaires (6)

  • M. Noël Aoun...je ne sais pas quantifier ces deux parts inégales,à mon grand regret....j'essaye quand même...Si on estime que les Alaouites sont 20 à 25% de la population...je dirais que la proportion est de 65 pour l'opposition,20 à 30 pour le régime,et 15 à 5 qui ne se prononcent pas,comme on dit...Mais cette tentative est probablement ridicule,comme sont horriblement ridicules les massacres actuellement commis.

    GEDEON Christian

    13 h 59, le 31 juillet 2011

  • On peut comprendre la " souffrance " du 8 Mars exprimée dans votre article, à travers les passages douloureux de leur traversée du désert qui ne vient que commencer ! Mais sachez qu’ils n’ont encore rien appris ni rien vu de ce qui va leur arriver bientôt ! Surtout qu’ils sont dans une telle débandade qui règne dans cette "Pauvre majorité Usurpée" qu’ils ne savent plus à quel saint se vouer, avec la longue, incompréhensible et explicable absence de Discernement chez leurs leaders biens aimés. Permettez moi de le souligner une fois de plus, au risque d'être critiqué par certains, le Liban n'a jamais été aussi "MAL" gouverné qu'il ne l'est actuellement, bref, le Conseil des ministres fonctionne comme une "Vielle et Archaïque" horloge "Déréglée et Dérégulée", et les hôtels cet saison seront "VIDE" à cause de LEUR politique. Tous les Libanais sont Mécontents et c'est-ce qui va changer la donne. Désolé en attendant pour Ce Pauvre Pays Martyr !

    ALAEDINNE Fahim

    10 h 13, le 31 juillet 2011

  • Tout simplement Mr Jabbour parce que tous les dictateurs qui ont pris le pouvoir par les intimidations militaires ou carrément par les armes se sont vantés ensuite d'avoir rétabli l'ordre et se sont mis à faire l'éloge du gouvernement uni par leur coup d'état ! Que ce soit Pinochet ou Hafez El Assas ou son fils ou les dictateurs européens ! C'est tellement évident la rèponse.

    Saleh Issal

    04 h 08, le 31 juillet 2011

  • - - @ Monsieur Saleh ISSAL , C'est vrai que le chameau ne voit pas sa bosse ! en parlant de moi bien sûr .. , Je ne vois pas où et comment ma réaction ressemble à un discours totalitaire comme vous dites ! Décortiquons ensemble , si vous le voulez bien ma réaction à l'article de Monsieur ABI-AKL , et voyons ensemble , de quelle façon j'ai remplacé la plume par le poignard ? Je ne me permettrai jamais une telle provocation ou impolitesse envers qui que ce soit et surtout , envers l'auteur de l'article pour lequel j'ai non seulement du respect , mais de l'admiration pour sa plume bien sûr . Merci .

    JABBOUR André

    09 h 54, le 30 juillet 2011

  • C'est étonnant combien votre discours, Mr Jabbour , a les intonations des discours totalitaires d'investiture . On dirait une marche militaire. Une, deux, au pas les libanais, le hezb vous regarde et le GMA regarde le hezb ! Nous avons rétabli l'ordre et la prospérité, alors obéissez ! (Missolini, Hitler, 39-45). Parfois ça se termine mal, malheureusement, pour les vainqueurs qui ont remplacé la plume par le poignard.

    Saleh Issal

    06 h 25, le 30 juillet 2011

  • - - Monsieur Philippe ABI-AKL , On peut comprendre la " souffrance " du 14 Mars exprimée dans votre article , à travers des questions que vous vous posez et des passages douloureux de leur traversée du désert qui ne vient que commencer ! Mais sachez cher Monsieur , que vous lire est un plaisir , et qu'à chaque fois que je le fais , vous m'apprenez des choses que j'ignorais , surtout , sur la débandade qui règne dans l'opposition qui ne sait plus à quel saint se vouer , avec la longue , incompréhensible et inexplicable absence de son leader bien aimé . Permettez moi de le souligner une fois de plus , au risque d'être critiqué par certains , le Liban n'a jamais été aussi bien gouverné qu'il ne l'est actuellement , bref , le Conseil des ministres fonctionne comme une horloge suisse , et les hôtels affichent complet . Tout les Libanais sont contents et c'est-ce qui compte . Désolé pour les autres . Merci Monsieur ABI-AKL .

    JABBOUR André

    01 h 49, le 30 juillet 2011

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