Le président Sleiman en compagnie, hier à Baabda, du député Aoun (qui a reçu en soirée à Rabieh le ministre de l’Intérieur). Photo Dalati et Nohra
Les efforts pour relancer le dialogue national s’intensifient, du côté du président de la République Michel Sleiman, naturellement, puisqu’il a clairement fait sienne cette « nécessité », attaché qu’il est à ce qu’il considère être la seule planche de salut pour leLiban et le seul outil à même de résoudre chaque conflit latent. Cette volonté trouve également un vif écho chez le chef du PSP Walid Joumblatt, dont le centrisme affiché lui accorde une marge de manœuvre flexible, accréditant un souci d’entente nationale, maintes fois réitéré face à un terrain sunnito-chiite de plus en plus tendu.
Ces deux axes s’activent avec de plus en plus de visibilité : hier, le président Sleiman recevait le député Michel Aoun, alors que la veille, M. Joumblatt dînait à la table du chef des Kataëb Amine Gemayel, qui a été le premier à s’entretenir avec le chef de l’État dans le cadre de la série des concertations prévues à Baabda pour la relance du dialogue.
Si des sources citées par l’agence al-Markaziya ont qualifié la visite du leader druze à Bickfaya de visite de courtoisie : elle suit la visite de M. Gemayel à Clemenceau en juin dernier, elles ont fait part d’une volonté réelle chez M. Joumblatt, fraîchement rentré de Moscou, de renforcer les interactions internes sur le conseil du président russe Dimitri Medvedev. Le leader druze avait entamé son initiative avant-hier par un entretien à Dimane avec le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï.
À l’instar de la rencontre Joumblatt-Gemayel, l’entretien Sleiman-Aoun n’a été suivi d’aucune déclaration à la presse. Mais selon des sources proches des deux protagonistes, le général Aoun aurait exprimé « sa volonté de participer au dialogue et d’œuvrer pour sa réussite », souhaitant même le « faciliter en s’abstenant d’y mettre des conditions préalables ». Or, depuis que la reprise du dialogue a réintégré l’ordre du jour politique, le 8 Mars n’a manqué aucune occasion pour exprimer sa volonté d’y participer « sans conditions », en réponse au 14 Mars qui exige des critères très précis : un délai déterminé, qui ne s’étendrait pas indéfiniment ; un seul sujet, celui des armes « illégales » ; la présence d’un représentant de la Ligue arabe, en vertu des accords de Doha ; la mise en application des engagements convenus lors des dialogues précédents, et que le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah exprime personnellement sa volonté en ce sens.
Il n’empêche que les contradictions du chef du CPL restent flagrantes : tantôt M. Aoun refuse net tout débat et sur la stratégie de défense et sur les armes, tantôt il exige un dialogue d’abord sur la stratégie, ensuite sur l’arsenal. C’est d’ailleurs cette deuxième option qui avait été finalement maintenue par le Premier ministre Nagib Mikati, dont le centrisme controversé pourrait trouver le moyen de faire ses preuves à l’occasion de cette éventuelle reprise du dialogue, ou du moins de se démarquer de ses alliés au sein du gouvernement.
En somme, c’est le centrisme qui paraît seul susceptible de réaménager la table de dialogue, indépendamment du contenu, ou de l’efficacité de celui-ci. Hier soir, le ministre de l’Intérieur Marwan Charbel a visité Michel Aoun, sans faire de déclaration officielle. Mais, selon des sources proches du ministre, celui-ci aurait exprimé sa volonté d’appliquer la loi sans discrimination ni vindicte, et se serait dit prêt à assumer un rôle de lien entre le chef du CPL et le président de la République.


Une délégation FL en tournée à Hasbaya et Marjeyoun en soutien aux habitants du Sud
Avec les armes dont vous êtes fiers qu'ils puissent menacer tout le monde, vous avez mis beaucoup de monde non pas au diapason de votre GMA, mais votre GMA au diapason du Hezbollah. Vous êtes toujours fiers là où d'autres aimeraient se faire oublier.
03 h 30, le 30 juillet 2011