Pour un responsable au sein de la Ligue maronite ayant requis l’anonymat, ce qui se passe à Lassa reflète le déséquilibre des forces en faveur d’une des deux parties : ce n’est pas, estime-t-il, une décision du Hezb, cela est dû au fait que certains des partisans profitent de cet état de fait pour transformer la zone en un périmètre de sécurité obéissant à l’hégémonie de la formation chiite.
Selon l’agence al-Markaziya, l’Église maronite est grandement déçue et amère. Ce sentiment est surtout celui des évêques, consternés par la rupture de l’accord parrainé par Mgr Raï, la poursuite des travaux de construction et l’exploitation de la période des négociations pour l’obtention d’un permis auprès du président de la municipalité. Quant aux notables du caza de Jbeil, ils ne se privent pas de condamner vertement le comportement du Hezbollah, surtout après que le ministre de l’Intérieur eut affiché sa détermination à appliquer la loi.
Toujours selon al-Markaziya, une conférence de presse pourrait se tenir à l’entrée de Lassa dans les jours à venir pour exiger la démolition des domiciles construits illégalement, notamment ceux érigés après l’accord de Bkerké, et appeler les topographes à accélérer le recensement, le tracé et la délimitation des biens-fonds.
Des informations circulent selon lesquelles la Ligue maronite pourrait hâter la formation d’une société foncière chargé de gérer les biens patriarcaux : près de 3 millions de mètres carrés et un réservoir d’eau non négligeable. On parle également de la création de coopératives agricoles qui emploieraient de très nombreux riverains.
Il semblerait en outre que certains médiateurs essaieraient d’acheter les terrains abritant les constructions illégales pour des montants s’élevant à des millions de dollars, ce qui a été très fortement condamné dans les milieux chrétiens, notamment la Ligue maronite qui a multiplié ses contacts à plus d’un niveau pour tenter de contrôler la situation. Une commission regroupant des présidents de municipalités et des moukhtars du sud du caza de Jbeil pourrait aussi voir le jour.
Farès Souhaid
Pour sa part, l’ancien député jbeiliote et secrétaire général du 14 Mars Farès Souhaid s’est dit « étonné » de la poursuite des constructions, par la famille Mokdad, sur des terrains litigieux. « Ce n’est plus un litige simplement local, mais politique par excellence : il s’agit de la suprématie des armes sur l’ensemble du territoire libanais, surtout dans les régions où la communauté chiite est présente. Cela crée dans ces zones beaucoup d’inquiétude. Nous y répondrons par le truchement des regroupements des familles. Notre première action sera la signature d’une pétition par les habitants des villages en question que nous porterons à tous les concernés, à commencer par le chef de l’État et l’Église maronite. Nous refusons toute négociation au détriment de nos droits dûment acquis », a déclaré Farès Souhaid, précisant que les signatures commenceront à être recueillies dès demain samedi et que l’action des Jbeiliotes allait être « populaire, pacifique et démocratique ».


En tout cas heureusement pour vous M. Allam !!!!!! Marie Jose Malha
11 h 48, le 29 juillet 2011