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Liban - L’Éclairage

Le comité de dialogue ? Sleiman rêve d’en faire une institution pérenne...

Le chef de l’État, le président Michel Sleiman, intensifie ses concertations avec les pôles au sujet d’une éventuelle reprise des travaux du comité de dialogue, interrompus il y a près d’un an sur initiative du général Michel Aoun qui les jugeait inutiles.
Le président Sleiman certifie que la réactivation de ce processus d’échanges est une nécessité si l’on veut résoudre les problèmes en suspens. Il souligne que dans un pays composite, il n’y a évidemment qu’un seul moyen, le dialogue, pour régler les problèmes sans casse.
En écho fidèle, le ministre de l’Environnement, Nazem el-Khoury, chargé du dossier, assure que les leaderships n’ont que cette voie à suivre. Il attribue au régime présent le label de champion du dialogue, affirmant qu’il se développe actuellement un effort capital en vue d’une réalisation majeure. À savoir la consécration avérée du chef de l’État comme directeur-animateur du comité. Dans l’espoir de le voir se transformer en institution établie. Pour que, sous l’impulsion du président de la République, les leaders ne rompent jamais les ponts entre eux et ne compromettent plus la stabilité politique, si profitable au pays, sur tous les plans, le socio-économique en premier. Khoury indique que le staff de suivi qu’il dirige, et qui comprend un certain nombre d’experts, se réunit chaque semaine pour paver la voie à la reprise.
Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Aussi bien les majoritaires que les opposants ruent dans les brancards. Leurs objections, leurs querelles sur la portée et sur l’ordre du jour, du dialogue, reflètent, comme toujours, le fameux conflit des axes régionaux et internationaux. Un conflit qui prend une tournure encore plus aiguë du fait des bouleversements dans le monde arabe, Syrie en tête, comme des tensions entre théocrates dans l’empire perse. Ou encore du mordant renouvelé des talibans en Afghanistan et des attentats au Pakistan.

Attente
Partant de là, un ministre estime que le dialogue n’est pas envisageable localement avant que la situation ne se décante mieux au dehors. Il souligne qu’il faut attendre de voir comment les choses vont évoluer en Syrie. Notant que le tableau libanais dépendra beaucoup des contours du changement dans le pays voisin. Soit qu’il y aurait un dégagement par un accord sur des réformes en profondeur. Soit, au contraire, que l’épreuve de force se poursuivrait, avec des conséquences incalculables. Dans tous les cas, l’impact sur la scène libanaise est assuré d’avance. Elle peut se retrouver apaisée ou lancée dans des affrontements, également incalculables...
Une source ministérielle révèle que lors de l’élaboration de la déclaration ministérielle, les ministres aounistes ont protesté contre la disposition annonçant la reprise du dialogue autour de la stratégie de défense. Ils ont avancé que le dialogue ne donne rien, que les réunions ne sont plus qu’une occasion mondaine de serre-pince.
Ajoutant qu’il n’y a plus rien à dire sur la stratégie de défense. Du moment que le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, a exposé les vues de son parti sur le sujet dès la première séance du comité de dialogue numéro un, en 2006. Dans une de ses récentes interventions télévisées, Nasrallah a soutenu qu’il a pris soin d’appliquer ces vues lors de la guerre de juillet 2006. Et que, par voie de conséquence, il ne servirait à rien d’en discuter, la question ne se prêtant à aucun débat.

Absurdité
Une logique difficile à bien comprendre, car on ne voit pas trop le rapport de cause à effet, mais que rejoignent donc les ministres aounistes. Seulement, le chef du gouvernement, Nagib Mikati, a persisté et signé, maintenant l’alinéa en question dans le texte de la déclaration ministérielle.
Il reste que cela continue à coincer. Le 8 Mars veut gommer la stratégie de défense du débat en soutenant qu’il peut éventuellement reprendre sur de nombreux autres sujets. Mais l’opposition objecte que si l’on ne parle pas de l’armement milicien, danger crucial pour le pays, on n’a rien fait.
Elle note que Nasrallah s’exprime ex abrupto, en maître. Il a appliqué, en 2006, au prix d’incommensurables souffrances et pertes, une stratégie de défense. Il s’est arrogé le droit de décider de la guerre et de la paix, sans consulter personne. Puis il a tourné son armement vers l’intérieur.
Le vice-président de la Chambre, Farid Makari, estime dès lors qu’à l’ombre du fait accompli permanent d’un Hezbollah casqué d’airain, il est inutile de parler dialogue. Le principe même ne pouvant être rejeté, Makari précise qu’il y a tout un panier de conditions préalables pour que les souverainistes acceptent la reprise. Dont la mise en place d’un mécanisme précis pour l’application des résolutions antérieures prises à l’unanimité et restées lettre morte cinq ans plus tard. Ainsi que l’établissement d’un ordre du jour incluant la stratégie de défense pour la régulation de l’armement du Hezbollah, mis à la disposition de la légalité. Les échanges devant se dérouler en présence d’un délégué de la Ligue arabe. Ou encore, une entente sur la durée des travaux d’un comité qui ne peut déblatérer à l’infini.
À noter que le président Nabih Berry s’élève contre les objections de l’opposition. Il affirme qu’il n’y a pas d’autre voie que le dialogue. Ses proches ajoutent que les Libanais doivent impérativement se parler. En tout cas, l’opposition tiendra des assises au retour de Saad Hariri prévu pour la première semaine du mois de ramadan.
Sur le plan technique, enfin, l’équipe d’experts qui prépare la relance n’a pas encore arrêté de décision, ni sur l’ordre du jour ni même sur l’éventail, cette fois, des participants. Il est question d’inclure la société civile. Le TSL pose litige car les opposants maintiennent qu’il n’y a plus lieu d’en discuter puisque le premier comité l’avait approuvé à l’unanimité.
Le chef de l’État, le président Michel Sleiman, intensifie ses concertations avec les pôles au sujet d’une éventuelle reprise des travaux du comité de dialogue, interrompus il y a près d’un an sur initiative du général Michel Aoun qui les jugeait inutiles.Le président Sleiman certifie que la réactivation de ce processus d’échanges est une nécessité si l’on veut résoudre les problèmes en suspens. Il souligne que dans un pays composite, il n’y a évidemment qu’un seul moyen, le dialogue, pour régler les problèmes sans casse.En écho fidèle, le ministre de l’Environnement, Nazem el-Khoury, chargé du dossier, assure que les leaderships n’ont que cette voie à suivre. Il attribue au régime présent le label de champion du dialogue, affirmant qu’il se développe actuellement un effort capital en vue...
commentaires (2)

Tout système démocratique se doit d’incorporer des mécanismes de dialogue nécessaires à sa propre perpétuation. Malheureusement, notre « dialogue » dans sa forme actuelle hyper-institutionnalisée et publique devient inutile, voire contre-productif et sa pérennisation serait une gosse erreur. Ce sont les institutions démocratiques qui se doivent d’être les vecteurs du dialogue sachant que c’est derrière les coulisses que les concessions et consensus se font et que le dialogue devient efficace. Au Liban, le « Dialogue » consiste donc à réunir quelques individus pour une photo autour d’un café au rythme d’une audience par trimestre. Ce dialogue-la, version Loya Jirga, est une aberration. Son institutionnalisation à outrance a fini par cannibaliser la vie parlementaire et, malheureusement, vide l’échange de sa substance. Au Liban, pays des paradoxes, on a réussi l’exploit d’institutionnaliser une assemblée tribale et faire sombrer l’institution parlementaire ELUE dans un abysse de compromission et de suivisme qui ternit chaque jour son image. Le format actuel de dialogue consacre encore plus les chefs confessionnels et leur offre une plateforme de plus qu’ils peuvent manipuler dans le jeu politique local pour mobiliser leur public. J’espère de tout mon cœur que notre président renoncera a ce format de dialogue inefficace et œuvrera à rapprocher les points de vue d’une façon plus active et discrète.

Barjis Wali

10 h 11, le 27 juillet 2011

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Commentaires (2)

  • Tout système démocratique se doit d’incorporer des mécanismes de dialogue nécessaires à sa propre perpétuation. Malheureusement, notre « dialogue » dans sa forme actuelle hyper-institutionnalisée et publique devient inutile, voire contre-productif et sa pérennisation serait une gosse erreur. Ce sont les institutions démocratiques qui se doivent d’être les vecteurs du dialogue sachant que c’est derrière les coulisses que les concessions et consensus se font et que le dialogue devient efficace. Au Liban, le « Dialogue » consiste donc à réunir quelques individus pour une photo autour d’un café au rythme d’une audience par trimestre. Ce dialogue-la, version Loya Jirga, est une aberration. Son institutionnalisation à outrance a fini par cannibaliser la vie parlementaire et, malheureusement, vide l’échange de sa substance. Au Liban, pays des paradoxes, on a réussi l’exploit d’institutionnaliser une assemblée tribale et faire sombrer l’institution parlementaire ELUE dans un abysse de compromission et de suivisme qui ternit chaque jour son image. Le format actuel de dialogue consacre encore plus les chefs confessionnels et leur offre une plateforme de plus qu’ils peuvent manipuler dans le jeu politique local pour mobiliser leur public. J’espère de tout mon cœur que notre président renoncera a ce format de dialogue inefficace et œuvrera à rapprocher les points de vue d’une façon plus active et discrète.

    Barjis Wali

    10 h 11, le 27 juillet 2011

  • La HONTE à ces politiciens libanais qui restent en spectateurs face à leur pays qui est entrain de sombrer dans l'abime. En attendant quoi ? le dénouement des conflits des axes régionaux et internationaux. Le dialogue au plus vite Monsieur le President vous n'avez plus de temps à perdre. Les rêves, les nécessites ,les réactivations , la Syrie le Pakistan l'Afghanistan c'est pour quand la fin de tout ce bla bla bla bla. Jusqu'à nouvel ordre Monsieur le Président les grandes décisions sont prises par vous et rien que vous. Fixez la date de la reprise du dialogue sans plus tarder les libanais attendent de vous là une initiative courageuse.

    Marie Jose Malha

    03 h 42, le 27 juillet 2011

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