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Économie - Liban - Banques

Secteur bancaire : 2011 sera l’année de la prudence et de la consolidation

Selon un rapport de la FFA Private Bank, la croissance des banques locales restera modérée tout au long de 2011, à l’ombre des troubles régionaux et du gel conséquent des activités d’expansion dans les pays touchés par les turbulences. Les perspectives de croissance à moyen et long terme demeurent néanmoins positives, a nuancé la banque.

Dans un rapport sur le secteur bancaire libanais ainsi que l’impact des rebondissements locaux et régionaux et les perspectives à moyen terme, la FFA Private Bank a estimé qu’en dépit du ralentissement de l’activité bancaire durant les premiers mois de 2011, les banques locales restent solides tant en termes de profitabilité que de liquidité, de capitalisation et de qualité d’actifs. « Si la vitalité de l’activité des banques libanaises est conditionnée par l’afflux de dépôts et varie au gré de la situation économique, elle-même tributaire du climat politique et sécuritaire (...) la situation du système reste solide et le potentiel de croissance à long terme est encourageant bien que fortement corrélé aux développements politico-sécuritaires du Liban et de la région », a ainsi noté la banque. « Il est attendu des autorités de régulation qu’elles maintiennent leur étroite supervision du secteur (...) afin de sauvegarder la réputation de ce dernier comme refuge de capitaux », a en outre souligné la FFA.

L’activité affectée par les troubles régionaux
Sur les cinq premiers mois de 2011, l’activité bancaire s’est montrée moins dynamique car affectée d’un côté par le ralentissement de l’économie locale sur fond de tensions politiques, et de l’autre par l’affaire de la Lebanese Canadian Bank (LCB), accusée par le Trésor américain de blanchiment d’argent, a ajouté le rapport. Parallèlement, les troubles politico-sécuritaires qui secouent la région MENA depuis le début de l’année 2011 ont attisé cette baisse de vigueur, freinant les flux de capitaux vers le Liban et conduisant les principaux groupes bancaires libanais déployés dans les pays de la région à y gérer leurs opérations avec prudence, notamment dans les pays affectés par les turbulences. Selon le rapport, ces derniers ont gelé leur plan d’expansion dans ces pays, misant sur la sauvegarde de la qualité de leurs actifs. L’instabilité régionale aurait pu pourtant profiter à l’économie locale si une atmosphère d’accalmie régnait au Liban durant cette période de troubles régionaux, a estimé la banque. Selon la FFA, les tensions sur la scène politique libanaise ont en effet empêché l’économie libanaise et le secteur bancaire libanais de tirer profit de l’instabilité régionale comme au cours de la crise financière mondiale.
Les conséquences de la crise gouvernementale, couplée aux troubles régionaux, ne se sont d’ailleurs pas fait attendre. Parallèlement au ralentissement de l’économie libanaise, dont la croissance pour l’année en cours devrait s’élever à 2,5 %, selon le FMI (contre 8,5 % en 2009 et 7,5 % en 2010), et à une détérioration de la position extérieure du Liban, révélée par un déficit de la balance des paiements de 1 043 millions de dollars sur les 5 premiers mois de 2011, la croissance des dépôts dans les banques s’est élevée à 3 % au cours de cette période, en léger recul comparé aux 4 % enregistrés au cours de la même période de l’an dernier, a rappelé la FFA. Quant à la décélération de l’activité d’emprunt, celle-ci est plus évidente, comme en témoigne la croissance de 7 % des crédits octroyés jusqu’à fin mai, contre 11 % au cours de la période correspondante de 2010, a ajouté la banque. En outre, « un mouvement de conversion des dépôts vers le billet vert a caractérisé les cinq premiers mois de 2011 et s’est traduit par une hausse de la dollarisation des dépôts à 66,4 % fin mai – un taux nettement au-dessus du record historique de dédollarisation de 63 % atteint fin 2010 », a indiqué le rapport.

De la nécessité d’entamer les réformes
Selon la FFA, le reste de l’année 2011 restera placé sous le signe de la vigilance et de la consolidation. « La croissance des banques restera modérée tout au long de 2011 (...) », a affirmé à cet égard la FFA, selon laquelle le risque de détérioration de la situation politico-sécuritaire au Liban comme dans la région continuera d’être le principal risque qui guette l’économie et le secteur bancaire. « Ce risque est amplifié par la forte exposition des banques à la dette de l’État », dont 56 % sont détenus par les banques (fin 2010).
À cet égard, « une approche prudente serait d’entamer des réformes fiscales afin d’assainir les finances publiques et d’aboutir à une position fiscale soutenable à long terme qui allégerait le fardeau de la dette publique du Liban », a souligné la FFA.
Toutefois, les perspectives de croissance des banques libanaises sont positives en termes de profitabilité étant donné l’allégement des pressions pesant sur les marges d’intérêt, a ajouté la banque, indiquant à cet égard que les taux d’intérêt des dépôts en monnaie locale sont passés de 5,69 % en décembre 2010 à 5,64 % en mai 2011 alors que les taux d’intérêt sur les dépôts en dollars ont regagné quelques points passant de 2,80 % à la fin de 2010 à 2,83 % en mai 2011. « Conséquemment, les marges d’intérêt en livre libanaise et en dollar se sont élargies, s’élevant à 1,57 % et 1,62 % respectivement en mai 2011 – bien au-dessus de leur niveau à la fin de 2009, de 1,11 % et 1,48 % respectivement », a indiqué la banque.
En revanche, certains pays régionaux où opèrent les banques libanaises comme la Syrie ou encore l’Égypte – véritables poches de croissance pour le secteur bancaire libanais – se sont transformés récemment en marchés à haut risque du fait de la tourmente politique et sécuritaire qui y prévaut, a souligné la FFA. Il est donc tout à fait probable que les groupes bancaires libanais déployés sur la scène régionale entretiennent une approche prudente vis-à-vis de leurs opérations dans ces pays. Il n’en reste pas moins, selon la banque, que les perspectives de croissance à moyen et long terme dans ces pays restent porteuses d’opportunités. Une amélioration de la visibilité permettra aux banques libanaises de tirer profit du fort potentiel de croissance offert par ces marchés et d’y poursuivre leur stratégie expansionniste, a conclu le rapport.
Dans un rapport sur le secteur bancaire libanais ainsi que l’impact des rebondissements locaux et régionaux et les perspectives à moyen terme, la FFA Private Bank a estimé qu’en dépit du ralentissement de l’activité bancaire durant les premiers mois de 2011, les banques locales restent solides tant en termes de profitabilité que de liquidité, de capitalisation et de qualité d’actifs. « Si la vitalité de l’activité des banques libanaises est conditionnée par l’afflux de dépôts et varie au gré de la situation économique, elle-même tributaire du climat politique et sécuritaire (...) la situation du système reste solide et le potentiel de croissance à long terme est encourageant bien que fortement corrélé aux développements politico-sécuritaires du Liban et de la région », a ainsi noté la banque....
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Les banques libanaises sont à ce jour en bonne santé financière. Trois points noirs sont à signaler : Dépendance des flux « inward » de l’extérieur pour leur développement rapide, qui n’est pas un must, la croissance pour la croissance n’est pas toujours souhaitable. Engagement important vis-à-vis du Trésor Public, dont les finances ne s’améliorent pas. Expansion dans des pays à risques, pays que les géants bancaires internationaux aux reins bien plus solides n’ont pas couvert. Financement de l’économie locale opportuniste. Ces points ont été évoqués dans des interventions antérieures dans les colonnes « Réactions de l’ OLJ »… Dans une optique conservatrice et prudente, malgré la bonne gestion de la BDL, il serait bon de revoir la stratégie de ce secteur stratégique de la politique financière et économique du Pays.

Emile Antonios

02 h 50, le 26 juillet 2011

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  • Les banques libanaises sont à ce jour en bonne santé financière. Trois points noirs sont à signaler : Dépendance des flux « inward » de l’extérieur pour leur développement rapide, qui n’est pas un must, la croissance pour la croissance n’est pas toujours souhaitable. Engagement important vis-à-vis du Trésor Public, dont les finances ne s’améliorent pas. Expansion dans des pays à risques, pays que les géants bancaires internationaux aux reins bien plus solides n’ont pas couvert. Financement de l’économie locale opportuniste. Ces points ont été évoqués dans des interventions antérieures dans les colonnes « Réactions de l’ OLJ »… Dans une optique conservatrice et prudente, malgré la bonne gestion de la BDL, il serait bon de revoir la stratégie de ce secteur stratégique de la politique financière et économique du Pays.

    Emile Antonios

    02 h 50, le 26 juillet 2011

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