Dans un entretien accordé hier à la MTV, M. Harb a indiqué qu’il s’agit là d’une « atteinte au régime démocratique », déplorant « la culture de l’agression et des accusations de trahison ».
De son côté, l’association Journalistes contre la violence a exprimé sa déception face aux réactions officielles qui ont suivi les agressions contre les journalistes de la MTV. L’association a d’abord déploré le fait que les responsables « se soient contentés de condamner les agressions au lieu de prendre des mesures immédiates pour arrêter les contrevenants et les sanctionner ». Mais Journalistes contre la violence a également exprimé sa stupéfaction face aux appels clairs « à respecter les sensibilités de certaines régions libanaises, ce qui rappelle les pires moments de l’histoire du Liban, en l’occurrence la période post-accord du Caire et celle des mini-îlots sécuritaires qui ont ensuite transformé le pays en vaste îlot sécuritaire ». Exprimant sa crainte vis-à-vis de la situation et de la négligence du gouvernement, l’association a appelé « l’ensemble des ministres concernés à assumer leurs responsabilités face aux tentatives visant à torpiller les libertés, et à assurer une protection aux journalistes afin de leur permettre de remplir leur mission sur l’ensemble du territoire libanais ». L’association a également appelé les syndicats et les ordres concernés à assumer leurs responsabilités au niveau de la défense des journalistes.
De son côté, le Club de la presse a fait paraître un communiqué dans le même sens, condamnant les propos officiels qui traduisent une renonciation par l’État à son pouvoir régalien face au fait accompli, et appelant les ministres concernés à arrêter les coupables des agressions contre les journalistes et à les déférer devant les tribunaux.


Le vase a débordé depuis un bon moment et le gouvernement, non pas "en principe" mais en réalité, ne fera rien du tout contre les agresseurs. L'association Journalistes contre la violence ne peut plus, à chaque fois, se contenter d'un communiqué qui n'avance à rien. Il faudrait qu'elle passe à l'action tout de suite, obtenant que l'ordre de la presse décrète un jour de grève en protestation contre ces agressions à des membres de son corps et en réclamation de mesures concrètes de la part du gouvernement.
05 h 34, le 23 juillet 2011