Les mers se déchaînent, la terre tremble, les forêts prennent feu... La nature fait payer à l’homme ses méfaits récurrents. Les catastrophes naturelles sont une cause de mortalité principale aujourd’hui et nous devons trouver des moyens d’y faire face.
Le but de la table ronde qui s’est tenue hier matin au Grand Sérail n’était pas de trouver un remède aux maux de la terre, mais de renforcer les liens entre le gouvernement et les médias afin de prévenir plutôt que de guérir. L’ISDR (International Strategy for Disaster Reduction) préconise, par le biais de Mme Brigitte Leoni, porte-parole, une plus grande intervention des médias dans la prévention des catastrophes naturelles qui risquent de frapper le Liban.
Pays côtier, dont l’infrastructure est boiteuse et l’urbanisme en berne, le Liban, déjà exposé à des risques du fait de son emplacement en zone sismique et de sa frontière avec la mer, est une cible potentielle et facile. En plus des nombreux incendies en saison estivale dans plusieurs régions, et des séismes, de magnitude minime, le Liban devra peut-être un jour faire face aux tsunamis et autres grondements de mère nature.
L’ISDR désire idéalement une implication des médias dans la prévention. Mais dans un pays où la désinformation est la règle et où les rapports entre l’administration publique et les journalistes sont le plus souvent explosifs, comment s’attendre à un changement rapide ? « Un tsunami a eu lieu dans votre capitale il y a plus de 1 500 ans et a fait quelques 800 morts. Si cela se reproduit aujourd’hui, il y aurait près d’un million de morts », prévient Mme Leoni. « Les médias doivent être le trait d’union entre le gouvernement et les administrés afin que, dans le cas d’une catastrophe naturelle, ces derniers soient prévenus des risques et des mesures sécuritaires à prendre pour éviter les pertes humaines », ajoute-t-elle.
L’essaie Hyogo pour une action commune s’étendant entre 2005 et 2015 propose une série de mesures à suivre qui iraient dans le sens du changement positif. « Ce n’est pas un traité. Les États ne signent pas de contrat mais s’engagent en fait à améliorer leur propre situation suivant un stratagème que nous proposons », déclare Brigitte Leoni. Plus clairement un plan en cinq étapes : faire de la prévention une priorité, étudier et connaître les risques, élaborer l’anticipation pour ensuite diminuer les risques, et enfin être prêts à agir dans l’éventualité d’un désastre. « C’est aux médias que revient la tâche de la publication des risques. Attirer l’attention de tous sur la non-conformité aux règles des écoles, hôpitaux et autres établissements publics ou privés. Qu’arriverait-il si lors d’un séisme les hôpitaux s’effondraient ? » s’interroge-t-elle.
« L’urbanisme dans votre capitale est à son plus bas niveau, ajoute-t-elle. La population devrait pouvoir se réfugier dans des espaces à ciel ouvert pour éviter d’être enfermée dans les appartements », rappelle-t-elle en insistant sur le fait que le gouvernement, seul, ne peut résoudre tous les problèmes. « L’administration, les forces de l’ordre, la Croix-Rouge, les pompiers et les médias doivent œuvrer conjointement afin de pouvoir, idéalement, éviter les cataclysmes. Les trente secondes précédant une catastrophe naturelle sont d’une importance extrême. Rentabiliser ces secondes précieuses doit être le but ultime du Liban », conclut-elle.


L'armée israélienne se préparerait à une « expansion de son opération terrestre » dans le sud du Liban, selon la chaîne 12