L’initiative politique d’Essam Charaf est destinée à calmer la colère des manifestants qui campent sur la place Tahrir depuis le 8 juillet. Mohammad Hossam/AFP
Le ministre des Affaires étrangères, Mohammad el-Orabi, jugé proche de l’ancien pouvoir, est remplacé par un autre diplomate de carrière, Mohammad Kamel Amr, d’après la liste gouvernementale diffusée après l’investiture. Le ministre des Finances, Samir Radwane, dont un projet de budget avait été désavoué par l’armée en juin, cède sa place quant à lui à l’économiste Hazem Beblawi qui cumulera ces fonctions avec celles de Premier ministre adjoint.
Le poste de secrétaire d’État aux Antiquités n’est pas pourvu. Un nouveau titulaire pressenti ces derniers jours pour succéder au controversé archéologue Zahi Hawass – transfuge de l’ère Moubarak – s’est désisté. Selon la presse, le secrétariat lui-même pourrait disparaître. « Je m’en vais » car ce gouvernement « est un bazar, je ne veux pas en faire partie », a déclaré M. Hawass. Le ministre de l’Environnement, Magid George, membre de la communauté chrétienne copte et lui aussi ministre sous M. Moubarak, s’en va de son côté au profit d’une autre personnalité copte, Magid Illyas Ghattas.
Mais deux personnalités dont les manifestants de la place Tahrir demandent la tête conservent leur place : le ministre de la Justice Abdel-Aziz al-Guindi et celui de l’Intérieur, Mansour Issaoui. Deux anciens ministres du temps de M. Moubarak sont par ailleurs encore dans le gouvernement remanié : Fayza Aboul Naga (Coopération internationale) et Hassan Younis (Énergie).
Ce remaniement s’est fait sous la pression des manifestants qui campent depuis près de deux semaines place Tahrir pour réclamer davantage de réformes et le départ de personnalités proches de l’ancien pouvoir. Les critiques portent aussi sur la lenteur de la justice au sujet des responsables de l’ancien régime, et sur l’armée, accusée de perpétuer les méthodes répressives d’autrefois. « Cela risque de calmer un peu le peuple et ce n’est toujours pas suffisant car (...) les gens attendaient des changements aux ministères de l’Intérieur et à la Justice », confie un expert à la tête d’un groupe de réflexion égyptien, Adel Soliman. « Mais il est évident que le Premier ministre ne dispose pas des pleins pouvoirs pour les remplacer et qu’il est sous pression », ajoute cet analyste.
Les manifestants de la place Tahrir appellent donc à un rassemblement aujourd’hui en ce lieu emblématique de la révolte contre Hosni Moubarak, intitulé « le vendredi décisif ». Des islamistes appellent toutefois également à manifester « pour la stabilité ».
La formation du nouveau gouvernement, initialement attendue lundi, a été retardée par de multiples tractations de dernière minute et les problèmes de santé de M. Charaf, 59 ans, brièvement hospitalisé lundi soir, officiellement pour surmenage. M. Charaf avait été nommé à la tête du gouvernement en mars dernier, peu de temps après la chute de M. Moubarak. Ce gouvernement de transition est censé rester en place jusqu’à l’organisation d’élections législatives, prévues à l’automne.
(Source : agences)


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09 h 48, le 22 juillet 2011