Jusqu’au jeudi 28 juillet, une unité mobile aux couleurs de l’association « hép attitude positive », un groupe de soutien aux personnes souffrant d’hépatite, sillonnera plusieurs régions du Liban avec pour objectif de sensibiliser aux hépatites B et C, aux moyens de prévention de ces maladies et à l’importance d’un dépistage précoce pour sauver les vies.
Entamée hier soir dans les régions de Bourj Hammoud et de Dora, cette campagne s’inscrit dans le cadre des activités organisées par l’Alliance mondiale des hépatites (World Hepatitis Alliance) dans plusieurs pays du monde, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite, le 28 juillet, sous le thème « Connaissez-les, confrontez-les, les hépatites affectent tout le monde, partout ».
Le coup d’envoi de la campagne a été donné hier au cours d’une conférence organisée par les laboratoires Hoffmann-La Roche, en présence d’un parterre de journalistes et des spécialistes des médias.
Cette campagne est d’autant plus importante qu’un tabou entoure toujours l’hépatite, une maladie du foie causée par un virus du même nom. « Les virus B et C sont les formes les plus dangereuses de l’hépatite, qui affecte une personne sur douze », explique le Dr Ala’ Sharara, chef du département de gastroentérologie au centre médical de l’Université américaine de Beyrouth.
Près de deux milliards de personnes ont déjà été exposées au virus de l’hépatite B, « plus de 350 millions d’entre elles souffrent d’une hépatite B chronique, ce qui augmente leur risque de développer une cirrhose de foie ou un cancer du foie, des maladies à l’origine de près d’un million de décès par an », poursuit-il.
Précisant que le Liban est un pays à endémicité moyenne, avec une prévalence variant entre 1,6 à 2 % selon les régions, le Dr Sharara précise que le risque de transmettre le virus de l’hépatite B (VHB) est cent fois plus important que celui du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). En ce qui concerne les modes de transmission, ils sont similaires à ceux du VIH : aiguilles, seringues et autres matériels à injection intraveineuse contaminés, des rapports sexuels non protégés, transfusion sanguine, ainsi que d’une mère à son enfant lors de l’accouchement et de l’allaitement.
Il existe un vaccin « sûr et efficace » pour prévenir l’hépatite B. Depuis 1990, l’Organisation mondiale de la santé a recommandé que celui-ci soit donné à tous les nouveaux-nés. « Les personnes souffrant d’une hépatite B chronique (CHB) doivent quant à elles suivre un traitement qui a pour objectif d’arrêter les dégâts hépatiques, sachant que 15 à 40 % des personnes souffrant d’une CHB développeront de graves problèmes au foie si leur maladie n’est pas traitée », note le Dr Sharara. Et de constater que dans la majorité des cas, les patients ne développent pas de symptômes, d’où la nécessité du dépistage. Dans les cas contraires, la maladie se traduit par une jaunisse, une fatigue, une perte d’appétit, des nausées, des urines foncées, une fièvre, des douleurs articulaires ou des courbatures, une perte inexpliquée de poids ou des démangeaisons cutanées.
Éradiquer le virus
Contrairement à l’hépatite B, il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C, une maladie qui touche quelque 180 millions de personnes, soit près de 3 % de la population mondiale. Au Liban, on estime que la prévalence du virus oscille entre 0,6 et 1 %.
Tout comme le VHB, l’hépatite C pourrait entraîner une cirrhose et un cancer du foie. Elle se transmet également par du sang infecté lors de rapports sexuels non protégés, une hémodialyse, une transfusion sanguine, d’une mère à son enfant, ainsi que par des rasoirs, des brosses à dents, des ciseaux, des seringues, des aiguilles, et autres matériels à injection intraveineuse contaminés. L’hépatite C se traduit généralement à un stade avancé de la maladie essentiellement par une fièvre, une fatigue, un manque d’appétit et des nausées. « Étant asymptomatique, les patients découvrent par hasard qu’ils en souffrent », explique le Dr Sharara, insistant sur l’importance du dépistage chez les populations à risques, c’est-à-dire les personnes ayant reçu une transfusion sanguine avant 1991 ou un produit sanguin avant 1986, les personnes ayant eu un contact avec du sang contaminé, les personnes qui utilisent des équipements tranchants non stérilisés, les personnes qui s’engagent dans des relations sexuelles pouvant entraîner un saignement. En ce qui concerne le traitement de l’hépatite C, il vise essentiellement à « éradiquer le virus ».
Ont également pris la parole notre confrère à Télé Liban, Mohammad Sahili, qui a fait un état des lieux sur la couverture « inexistante » par les médias de l’hépatite, le Dr Maher Aasi, qui a expliqué le processus par lequel passent les études cliniques, ainsi que le président de l’ONG « hép attitude positive », qui a présenté l’association fondée en 2006, avec pour objectif de soutenir les patients et de mener des campagnes de sensibilisation pour prévenir la maladie.
N.M.

