Le célèbre ex-dépotoir du Normandie disparaît pour laisser la place à un mégaprojet comprenant un yacht-club, des restaurants, des boutiques et des appartements de luxe.
Les plans portent la signature de l’architecte américain Steven Holl, connu notamment pour le Musée d’art contemporain de Kiasma à Helsinki et le bâtiment Simmons Hall au MIT à Cambridge, dans l’État du Massachusetts, et détenteur de nombreuses récompenses, tels le prix Arnold W. Brunner section architecture de l’Académie américaine des arts et des lettres, la médaille d’honneur de l’Institut américain new-yorkais d’architecture, la prestigieuse médaille Alvar Aalto, la Honorary Fellow of the Royal Institute of British Architects, le Smithsonian Institute’s Cooper Hewitt National Design Award in Architecture et la grande médaille d’or de l’Académie française d’architecture. Nommé par le Time « meilleur architecte américain pour ses bâtiments qui satisfont aussi bien l’esprit que l’œil », Holl a été assisté dans le concept du projet par les deux jeunes architectes libanais installés dans la Grande Pomme, Ziyad Jamaleddine et Akram Kadi, designer de Beirut Exhibit Center, indique Samer Bsat, responsable du projet. Les plans sont exécutés par Nabil Gholam.
Zaitunay Bay, qui se veut un espace où se cristallisera l’animation de Beyrouth tout au long de l’année, déploie face à la mer un chapelet de 17 restaurants, pubs, bars, cafés et boutiques (dont celle de Sélim Mouzannar et Nada Debs) qui ouvriront leurs portes et terrasses dès septembre prochain.
À l’affiche de la gastronomie, la cuisine libanaise avec Karam sur Mer, Babel, mais aussi Zabad, où sera aux commandes le chef Karim Haïdar, porte-drapeau de la cuisine libanaise contemporaine en France (auteur de la carte du Liza et de La Branche d’olivier » et dont le hommos est arrosé d’eau de fleur d’oranger !). Par ailleurs, on dégustera au Moti Maha (cuisine indienne) le meilleur tandoor, et au Amarres (géré par l’équipe de Couqley) la cuisine française, alors qu’au Cro-Magnon, on aura droit aux portions gargantuesques de USDA Prime Beef. Au rendez-vous également, Mywater Front, Salmontini ;
le Signor Sassi (cuisine italienne) ; la brasserie et pub St Elmo’s (Joe Ghazal), sans oublier les tables plus décontractées, comme Paul, Lina’s, Classic Burger , Coffee Bean & Tea Leaf (qui propose une collection de saveurs exclusives de café et thé), Cozmo Café, etc. Le quartier retrouvera son aura frivole et prospère car la vie, aussi bien diurne que nocturne, promet d’être trépidante. Bref, le Tout-Beyrouth ou presque fera partie de l’aventure d’expansion. Samer Bsat est d’ailleurs formel : « Zaitunay Bay sera l’un des lieux magiques de la capitale. »
Au-delà de 20 000 dollars le m2
Quand au bâtiment yacht-club-résidences, il s’élève sur cinq étages et regroupe 54 appartements dont la surface varie entre 80 et 300 mètres carrés. Desservis par la Société des hôtels du Liban, neuf seront meublés par Nabil Dada et équipés de tout le nécessaire à la vie quotidienne, du linge au couvert, et mis en location pour un séjour à court, moyen ou long terme. Quarante-cinq autres appartements seront mis en vente, « à plus de 20 000 dollars le m2 », précise encore Bsat, avant de signaler que dix ont déjà été vendus mais qu’on n’était « pas pressé de céder les autres ». Il ajoute que l’architecture, avec sa toiture en terrasses partiellement « végétalisées », a fait l’objet d’une attention toute particulière. De même les matériaux haut de gamme utilisés, tel le vitrage Vitrocsa, « développé et produit par une manufacture de composants horlogers à Cortaillod (Suisse) avec une précision de l’ordre de 1/100e de millimètre, ce qui est le standard de qualité des montres de haute horlogerie helvétique ». Bref, la sophistication ultime pour cette construction qui sera achevée en 2012.
Rendre Beyrouth aux Beyrouthins
« Beyrouth, Paris du Moyen-Orient » ! Sauf que Paris a sauvegardé ses quartiers anciens alors que nous, on continue à les démolir. Néanmoins, en 2009, le New York Times Magazine décrivait ainsi la ville et mettait la capitale libanaise dans les catégories « luxe », « gastronomie » et « night life », et la classait en tête des « 44 endroits à visiter »... avant Washington, les îles Galapagos, Berlin, Las Vegas et Fjallnas (Suède) !
« The World Is Beiruting Again », titrait pour sa part le Financial Time (ou était-ce le slogan lancé par CNN ? ). En tout cas, Leo Burnett s’est emparé de ce titre pour la promotion de « Zaitunay Bay » en ceinturant le périmètre de photographies témoignant de l’âge d’or de Beyrouth. « Dans les années 60-70, Zeitouné était le synonyme de la dolce vita beyrouthine et l’endroit mythique qui a nourri les rêves des voyageurs épris d’Orient. Elle abritait les plus belles boîtes de nuit, les hôtels, les restaurants. Le lieu, connu internationalement, attirait les grandes stars de l’époque comme Brigitte Bardot, Marlon Brando, Yul Brynner, etc. », affirme Joe Chemali, responsable du concept et de la communication du projet chez Leo Burnett. « La social life beyrouthine et la Zaitunay Bay avec sa marina et ses restaurants vont renouer avec la tradition et devenir la destination de la nouvelle génération des jet-setteurs... mais aussi et surtout le lieu privilégié des Beyrouthins. Car l’objectif est de rendre Beyrouth aux Beyrouthins. D’autre part, le projet a une importance du point de vue économique : il va créer des emplois et animer toute cette partie de la ville, qui pourra devenir la Croisette du Moyen-Orient », ajoute-t-il, en signalant des manifestations qui pourront marquer les étés prochains : des festivals pyrotechniques et culinaires, des shows son et lumière, des concerts jazz ou pop, des expositions de sculpture et de peinture. « Nous avons déjà contacté Louis Vuitton Cup et Rolex Cup pour des régates où les grands noms de la voile viendront en découdre sur les eaux libanaises », précise-t-il.
Disposant d’un espace de 3 000 mètres pour organiser des événements, « Zaitunay Bay » sera, tout au long de l’année, « le maître d’œuvre de nombreuses manifestations. This is how we work », conclut Joe Chemali.
En grande fanfare, Zaitunay Bay entre dans le IIIe millénaire.


Maintenant vous comprenez mes chers compatriotes c'était quoi ce dépotoir. Cela s'appelle de la vision (je ricane).Ils ont commencés ce projet il y a plus de 30 ans.Et on ose parler de gains de précieux hectares.... S'ils avaient planifiés de la même façon une Sécurité Sociale décente pour tous !
16 h 57, le 21 juillet 2011