Quatorze portefeuilles devraient changer de titulaire, tandis que treize ministres sortants pourraient rester en place, selon la presse gouvernementale qui a publié des listes provisoires. Parmi les nouveaux venus dont la nomination a déjà été annoncée, le diplomate Mohammad Kamel Amr doit remplacer aux Affaires étrangères un autre diplomate de carrière, Mohammad el-Orabi, qui avait démissionné samedi. Le Premier ministre Essam Charaf s’est aussi déjà choisi deux adjoints à la tête du gouvernement, un économiste expérimenté, Hazem Beblawi, et Ali el-Silmi, un membre influent du Wafd, un parti libéral dans l’opposition du temps du président Moubarak. M. Beblawi cumulera ses fonctions avec celles de ministre des Finances.
Le remaniement du cabinet de M. Charaf vise à répondre aux critiques sur la lenteur des réformes depuis la chute de M. Moubarak. Mais il a d’ores et déjà jugé insuffisant par les manifestants qui campent depuis une dizaine de jours sur l’emblématique place Tahrir au Caire, haut lieu du soulèvement contre l’ex-président. Le maintien envisagé du ministre de la Justice, Abdel-Aziz el-Guindi, soupçonné de traîner les pieds pour faire juger les responsables de l’ancien régime, a été critiqué. Des difficultés auraient aussi surgi quant au choix d’un successeur au secrétaire d’État aux Antiquités, Zahi Hawass, une personnalité controversée héritée de l’ancien régime, selon des sources gouvernementales. Certains manifestants ont aussi déploré que certaines personnalités pressenties pour d’autres ministères soient de parfaits inconnus. « Certains noms ne sont connus de personne », a affirmé un militant, Bola Abdu. « Nous voulons que tout le gouvernement change », a dit Sharif Ali, un membre du groupe du « 6 avril », un mouvement de jeunes Égyptiens qui a participé à l’organisation de la révolte anti-Moubarak. Il a indiqué que lui et d’autres manifestants de la place Tahrir n’avaient pas l’intention de partir. Des sit-in se sont également poursuivis dans les grandes villes d’Alexandrie et de Suez. Les manifestants insistent pour que d’autres exigences soient remplies, comme la tenue rapide des procès des responsables de l’ancien régime et des policiers impliqués dans la mort de manifestants pendant la révolte. Ces tensions politiques surviennent à deux semaines de l’ouverture du procès pour corruption et pour répression de manifestants de M. Moubarak, 83 ans, reclus depuis avril dans un hôpital de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge.
(Source : AFP)


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