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Nos lecteurs ont la parole

Ce qu’il faut attendre du nouveau gouvernement

Par Dr Riad JREIGE
Bien que nécessaire aux yeux de certains car palliant le dysfonctionnement des institutions, la corruption généralisée ne justifie pas à nos yeux de continuer sur cette voie, rognant tous les jours un peu plus l’économie du pays.
Les prélèvements « illégaux », fruit d’une corruption intrinsèque, empêchent les institutions d’en être les destinataires ; ces entrées non perçues auraient permis d’entreprendre les missions de ces institutions. Leur restauration est donc nécessaire pour une gestion saine des ministères.
Il faudra arriver à établir un programme de travail pour restaurer un fonctionnement optimal des ministères. Rien ne se fera ni en un jour ni en un mandat, mais des objectifs réalistes doivent émerger. Ce qui suppose un état des lieux préalable en plus d’un diagnostic de ce qui existe.
Puisque au Liban aujourd’hui la scission existe entre le 8 et le 14 Mars, eh bien, il faut que chacun des deux groupes parlementaires ait une vision et un programme de travail clairement définis, ainsi qu’un groupe de spécialistes qui réfléchissent, chacun dans son domaine, sur un diagnostic et un programme de réformes.
Nous ne nous attendons pas à ce que les visions et les programmes de réforme soient identiques aux deux camps. Car auquel cas, ce serait l’unité du pays dans au moins le domaine du diagnostic (du dysfonctionnement) et peut être dans le comment réformer. Nous pensons qu’il n’y a pas plusieurs façons pour réformer les institutions et l’État.
Nous pensons que, selon leurs compétences, les fonctionnaires doivent espérer un salaire décent et satisfaisant. Il s’agit là d’une nécessité pour empêcher toute recherche de profit supplémentaire facilitée et encouragée par la corruption.
Les ministres et les hauts fonctionnaires se doivent d’être non seulement des politiciens exemplaires, représentant leur communauté respective, mais aussi et surtout des technocrates, c’est-à-dire des spécialistes dans leur domaine, dont la mission est de réaliser un travail ciblé pour lequel ils sont payés.
Le fait le plus flagrant étant la nomination de Talal Arslane au poste de ministre d’État, pour satisfaire les besoins d’équilibre communautaire, sans aucune mission puisque sans portefeuille. Nous comprenons parfaitement son attitude, mais ne comprenons pas celle du Premier ministre qui l’a nommé. Le but de l’émir Arslane n’est pas de s’assurer le pouvoir, mais de se donner les moyens d’y arriver pour réaliser de grandes choses.
Les gens compétents doivent être mis à des postes de responsabilité. Et si le ministre nommé, pour des considérations communautaires, n’est pas compétent, il est primordial qu’il soit entouré de fonctionnaires qui le sont. L’avenir économique, sociologique, de santé publique, éducatif, sécuritaire du Liban en dépend.
Les recettes tout comme les dépenses doivent être des données claires. La transparence dans ce domaine doit faire parti du paysage politique libanais. Les administrés sont capables de comprendre, dès lors que l’on s’attelle à leur expliquer de manière honnête, cohérente et intelligible les choses. Tout le monde fera l’effort nécessaire (impôt) pour combattre la corruption.
Des chantiers de réforme existent à la pelle. En voici quelques exemples :
– L’eau potable en continu dans tous les foyers.
– L’électricité publique en continu dans tous les foyers et non par des générateurs privés.
– La téléphonie publique dans tous les foyers et la téléphonie privée pour tous à un prix abordable et raisonnable.
– L’équipement en infrastructure des villes et villages du Liban à entamer, et surtout celle de Beyrouth qui pourtant a un bel aéroport et un centre-ville d’aspect moderne.
– La protection de la santé, les retraites à assurer.
– Un enseignement public primaire et secondaire conformes à la réalité du Liban.
– Le logement en général, en particulier dans la banlieue.
– Les anciens loyers qui ne sont pas compatibles, et ce depuis très longtemps avec les exigences de la vie moderne.
Le social, un des nombreux domaines laissés pour compte, quand ce ne sont pas les partis politiques financés de l’étranger qui s’en chargent.
Est-ce une attitude digne d’un État compétent et indépendant ?
Les dettes colossales contractées par nos anciens politiques « responsables » nous plombent. Pour y remédier, soit nous nous attelons à tenter de régler ce problème en mettant en place les réformes qui s’imposent, soit nous attendons une solution économique de l’extérieur, et dans ce dernier cas il faudrait s’attendre à une ingérence politique dans nos affaires.
Nos enfants et petits-enfants n’ont pas à subir le poids de cette dette et il est prioritaire d’y remédier. Comment ?
Aux ministres de trouver la solution. Nous leur demandons en plus qu’ils soient du 8 ou du 14 Mars, de réfléchir, en ayant en vue la lutte contre la corruption et la restauration de l’État, aux moyens d’éponger cette dette. S’il est impossible de le faire, alors le pays est en situation de banqueroute comme le sont à différents degrés l’Irlande, la Grèce, le Portugal ou l’Espagne. Ces pays européens, qui, rappelons-le, ne sortent pas d’une guerre, sont dans une position similaire à la nôtre sauf que nous n’avons pas l’Europe pour nous aider à reconstruire notre économie au prix d’une austérité et d’un effort communs.
Ayant été récemment au musée de l’aviation à Bruxelles en Belgique une phrase écrite a attiré mon attention, là voici :
« Un pays qui se défend s’impose au respect de tous. Ce pays ne meurt pas ».

Dr Riad JREIGE
Montpellier – France
Bien que nécessaire aux yeux de certains car palliant le dysfonctionnement des institutions, la corruption généralisée ne justifie pas à nos yeux de continuer sur cette voie, rognant tous les jours un peu plus l’économie du pays.Les prélèvements « illégaux », fruit d’une corruption intrinsèque, empêchent les institutions d’en être les destinataires ; ces entrées non perçues auraient permis d’entreprendre les missions de ces institutions. Leur restauration est donc nécessaire pour une gestion saine des ministères.Il faudra arriver à établir un programme de travail pour restaurer un fonctionnement optimal des ministères. Rien ne se fera ni en un jour ni en un mandat, mais des objectifs réalistes doivent émerger. Ce qui suppose un état des lieux préalable en plus d’un diagnostic de ce qui existe. Puisque...
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