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Culture - Installation

Chasse à l’ombre avec Dima Hajjar

La galerie Janine Rubeiz * se transforme durant les mois de juillet-août en une œuvre d’art complète où Dima Hajjar signe la photo, la peinture et la vidéo. Une installation in situ baptisée « Ciel sous surveillance », qui se poursuivra jusqu’au 19 août.

Le ciel fait sa tournée dans la galerie en pourchassant les ombres.

Pour comprendre et s’immerger dans l’œuvre de Dima Hajjar, il est préférable de visiter la galerie Janine Rubeiz entre midi et 17 heures, car c’est à ces heures-là que le soleil, en complicité avec le ciel, dessine ses plus beaux croquis.
L’artiste a investi la galerie, capté des photos au fil de la journée, s’est appuyée sur un immeuble voisin démoli et a pu reconstruire un univers particulier fait d’ombres et de lumières. Pour Dima Hajjar, qui se dit autodidacte mais imprégnée depuis très longtemps par les disciplines artistiques et plus particulièrement par l’art conceptuel, il s’agissait d’explorer cet infini, ce fond sans limite en recréant ses multiples facettes. «Mon travail s’est toujours employé à enlever, décortiquer, éplucher strate après strate pour les remettre dans un autre contexte», dit-elle. À travers cette démarche, où la surprise et l’étonnement sont toujours au rendez-vous («c’est en travaillant que je m’enthousiasme à découvrir toujours quelque chose de neuf», précise-t-elle), l’œuvre semble se nourrir d’elle-même.
«Ciel sous surveillance» fait partie d’une trilogie baptisée La Dentellière Desk Chair XVIe qui comprend également L’Ouverture des ombres part II ainsi qu’OBL et sa cour part II. Un projet qui met en parallèle le parcours de cette artiste qui aime à détruire ses œuvres et à les replacer dans un autre contexte avec la trajectoire de ce ciel en destruction.
Primée à la compétition Millenium Painting en 2000 (Londres, Stockholm, New York), ainsi qu’aux Jeux de la francophonie (Ottawa, Canada 2011) et au musée Sursock en 2003, Dima Hajjar participe à différentes expositions. Elle a également présenté dernièrement son travail à Berlin.

Des découvertes à double fond
Dans ses œuvres, l’artiste raconte des histoires, des histoires fictives d’OBL (à comprendre ce qu’on veut par ce nom), de femme dans l’ombre, d’une dentellière issue droit de chez Vermeer, semblant tisser le temps, et d’un ciel qui surveille les ombres et qui recrée ses propres archives. «Au cours de la journée, les caméras placées dans la galerie enregistrent les déplacements du ciel», ajoute Hajjar. Ces ombres, qui glissent à travers la verrière tout le long du mur pour serpenter sur le sol et reprendre en boucle comme un U-Turn le chemin du retour, brisent les limites entre le Très-Haut et la terre. Dans une salle d’archives, les ombres aléatoires fragmentées se sont infiltrées pour s’ajouter aux toiles de la galerie classées dans l’ordre. Le ciel s’est ramifié, démembré. La chasse aux ombres commence. À travers les changements marqués par l’artiste sur la verrière, ce ciel va croiser le chemin de la terre. Cette confrontation créée par Hajjar soulève des interrogations d’ordre religieux, social, philosophique et artistique. L’artiste n’établit pas des affirmations ni des constats rigoureux, mais provoque par son travail une incitation à la réflexion. «Chacun peut porter un regard différent de l’autre», dit-elle. L’art chez Dima Hajjar est une plateforme de dialogue où tous les vocabulaires et outils artistiques sont mis à disposition pour une compréhension totale. Tant dans le travail pictural, photographique, de vidéaste, d’installation ou de conception, la surface lactée intouchable mais tellement présente inscrit ses mémoires en ouvrant des fenêtres à double et à... multiples fonds.

* Galerie Janine Rubeiz (Raouché). Jusqu’au 19 août. Tél. : 01/868290. Horaires d’été : mardi à vendredi de 10h00 à18h00 et les samedis de 10h00 à14h00.
Pour comprendre et s’immerger dans l’œuvre de Dima Hajjar, il est préférable de visiter la galerie Janine Rubeiz entre midi et 17 heures, car c’est à ces heures-là que le soleil, en complicité avec le ciel, dessine ses plus beaux croquis. L’artiste a investi la galerie, capté des photos au fil de la journée, s’est appuyée sur un immeuble voisin démoli et a pu reconstruire un univers particulier fait d’ombres et de lumières. Pour Dima Hajjar, qui se dit autodidacte mais imprégnée depuis très longtemps par les disciplines artistiques et plus particulièrement par l’art conceptuel, il s’agissait d’explorer cet infini, ce fond sans limite en recréant ses multiples facettes. «Mon travail s’est toujours employé à enlever, décortiquer, éplucher strate après strate pour les remettre dans un autre...
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