Le député Boutros Harb a estimé dans une déclaration à la Voix du Liban que « le Liban s’est engagé dans une nouvelle phase maintenant que le gouvernement est entré en fonction, surtout que de nombreuses échéances l’attendent ».
M. Harb ainsi que d’autres députés du 14 Mars, notamment M. Ammar Houri, ont relevé que la clause consacrée au Tribunal spécial pour le Liban dans la déclaration ministérielle est fondée sur un communiqué des ministres arabes des Affaires étrangères, « dont la mouture avait été établie par l’ancien chef de la diplomatie, Ali Chami, sans le consentement de M. Saad Hariri ». « Cette formule, selon laquelle le TSL a été établi pour réaliser “en principe” la justice, a-t-il ajouté, ne reflétait pas le point de vue du gouvernement. »
M. Harb a souligné que la réponse du Premier ministre, Nagib Mikati, aux interventions des députés « n’était guère rassurante et était fondée sur des éléments incorrects, dans une tentative ratée de justifier l’ambiguité de la déclaration ministérielle qui recèle de nombreuses mines ». Après s’être interrogé sur l’attitude qui sera adoptée à l’égard des quatre membres du Hezbollah cités dans l’acte d’accusation du TSL, il a insisté sur le fait que l’opposition « emploiera, pour faire chuter le gouvernement, tous les moyens démocratiques puisqu’elle ne possède ni armes ni hommes en chemises noires ».
Abondant dans le même sens, M. Jean Oghassabian a estimé, dans une intervention à la LBCI, que M. Mikati n’était « pas du tout convaincant et s’est mis dans une situation encore plus embarrassante pour lui ».
Il a expliqué que le retrait des députés du 14 Mars de l’hémicycle avant le vote de confiance « était un acte politique démocratique à travers lequel nous avons voulu protester contre la contradiction apparue entre les promesses du chef du gouvernement et la force réelle opposée au TSL, qui s’est exprimée dans l’intervention du chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad ». « Nous devions souligner cette contradiction », a-t-il dit, en estimant que M. Mikati « s’est mis dans de beaux draps ».
« Nous sommes sortis de l’hémicycle parce que nous refusons d’être des faux témoins et que le Premier ministre Mikati n’a pas répondu aux points que nous avions soulevés », a affirmé à son tour M. Ammar Houri à la New TV, estimant que le chef du gouvernement « aurait dû répondre à tout ce qui a été dit ». « Mais il n’a pas réagi aux propos des députés du Hezbollah qui ont rejeté le TSL, le désignant comme étant israélien ou américain. Il n’a rien dit à propos du financement du tribunal ou des engagements internationaux du Liban, se contentant de parler de respect. »
De son côté, le député Fadi Hobeiche a mis en relief le fait qu’au Parlement, « le Premier ministre s’est évertué à défendre un texte sur lequel il avait lui-même exprimé des réserves en Conseil des ministres », en allusion à la formule employée pour parler du TSL dans le texte de la déclaration ministérielle.
Dans une déclaration à Radio-Orient, M. Hobeiche a insisté sur le fait qu’« il n’est pas possible de parvenir à la justice par les moyens exigés par le 8 Mars ». « Il n’est pas possible de préferer une justice à une autre, un juge à un autre, un tribunal à un autre. Aucun État démocratique ne peut tenir ce genre de discours », a-t-il observé, en déplorant le fait que « le Hezbollah contrôle l’État et le gouvernement et se situe en dehors de la légalité ». Un point de vue également exprimé par M. Jamal Jarrah.
Le vice-président du parti du Renouveau démocratique, Misbah Ahdab, a relevé à la Future TV que « le Liban est devenu une République démocratique en apparence, dans la mesure où les décisions sont effectivement prises par le Hezbollah ». Il a affirmé redouter que le chef du gouvernement ne mette en application « le discours des 300 ans » du Hezbollah, parce qu’en ce faisant, « il serait en train de contribuer à l’émergence d’une discorde ».
Le député Imad Hout, membre de la Jamaa islamiya, a indiqué à Radio al-Fajr que son mouvement voulait rester dans l’hémicycle et ne pas accorder sa confiance au gouvernement en raison de la façon avec laquelle le cabinet a été formé. « Mais nous nous sommes contentés de ne pas voter pour accorder une chance à M. Mikati. Nous pensons qu’il doit la saisir et ne pas s’incliner devant les exigences du courant politique qui outrepasse toutes les règles et les lois constitutionnelles afin d’imposer un fait accompli. »
Le conseil supérieur du PNL, réuni hier sous la présidence du député Dory Chamoun, a relevé que « les signaux et les messages émanant du débat de confiance ont montré que le coup d’État se poursuit et que la formule armée-peuple-résistance s’est révélée efficace pour assurer la primauté des armes illégales sous prétexte de la résistance ». Selon le PNL, ces armes ont un triple objectif : « Contrôler l’ensemble des secteurs de l’État, défendre le régime syrien, et s’engager à fond, en tant que brigade armée, dans la stratégie iranienne. »


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