David Koubbi, l’avocat de Tristane Banon, a déclaré jeudi que la plainte contre l’ancien directeur général du FMI, également accusé de tentative de viol à New York, se fondait sur des « éléments matériels », refusant de préciser leur nature, enregistrements ou éléments médicaux. Il avait, en déposant la plainte, évoqué des faits « d’une particulière violence et d’une particulière gravité ».
Henri Leclerc, l’un des avocats en France de Dominique Strauss-Kahn, n’a pas souhaité commenter l’ouverture d’une enquête préliminaire. Il a précisé qu’il maintenait la plainte en « dénonciation calomnieuse » déposée au nom de son client dans une amorce de contre-attaque, tout en reconnaissant que celle-ci ne serait pas « examinée sur le fond tant que l’enquête » sur la plainte de Tristane Banon ne serait pas terminée.
Le parquet de Paris avait trois options : classer la plainte sans suite, mener une enquête préliminaire ou confier une information judiciaire à un juge d’instruction. Une tentative de viol est passible de la Cour d’assises, et le maximum de la peine est de 15 ans de réclusion criminelle. La peine peut être supérieure en cas de circonstances aggravantes.
Journaliste et écrivain, Tristane Banon affirme que les faits présumés se sont déroulés en février 2003 lors d’une rencontre avec Dominique Strauss-Kahn dans le cadre de la rédaction d’un livre. La prescription pour tentative de viol est de 10 ans et le délai n’est donc pas encore épuisé.
En 2003, la mère de Tristane Banon, une élue socialiste, avait dissuadé sa fille de porter plainte, ce qu’elle regrette aujourd’hui, tout en informant à l’époque François Hollande, qui était en 2003 premier secrétaire du PS. David Koubbi a reproché au candidat aux primaires socialistes en vue de la présidentielle de 2012 d’avoir tu ce qu’il savait à l’époque et l’a exhorté à dire maintenant la « vérité », sous peine d’être considéré comme un « adversaire ». François Hollande s’est défendu en expliquant n’avoir pas eu « connaissance dans le détail » du cas Banon.
De leur côté, les procureurs de New York n’envisagent pas un abandon des charges pesant contre Dominique Strauss-Kahn, a indiqué jeudi une source proche du dossier. Lors de la rencontre qui s’est tenue mercredi avec les avocats de l’ancien ministre français de l’Économie, le ministère public de New York n’a pas cherché à dégager une solution concertée après que la crédibilité de l’accusatrice de DSK a été mise à mal par de récentes révélations. Le bureau du « District Attorney » de Manhattan a indiqué que les procureurs souhaitaient disposer de deux ou trois semaines supplémentaires pour enquêter sur Strauss-Kahn et sur son accusatrice. Un abandon des charges pour agression sexuelle n’est pas « attendu », a précisé cette source, ajoutant qu’aucune « offre de conciliation n’avait été proposée » lors de la réunion.
(Source : Reuters)

