Plusieurs milliers d’Égyptiens ont manifesté hier pour accélérer les procédures judiciaires contre les caciques de l’ancien régime accusés de meurtres et de corruption. Khaled Desouki/AFP
Ces rassemblements répondent à l’appel de mouvements de jeunes prodémocratie et de partis laïques. Le puissant mouvement des Frères musulmans, qui avait dans un premier temps hésité à s’y rallier, a finalement appelé à manifester. Mercredi, le gouvernement avait appelé les manifestants à « préserver le caractère pacifique des rassemblements » et mis en garde contre « les complots visant à inciter au chaos pour ternir l’image du pays ».
L’armée égyptienne, adulée au lendemain de la chute de M. Moubarak pour sa retenue durant le soulèvement et pour ses promesses de démocratisation du pays, est aujourd’hui la cible de critiques de plus en plus vives. Les manifestants demandent tout particulièrement la démission des responsables de l’ancien régime encore dans les allées du pouvoir et de la haute administration. Ils demandent aussi à l’armée de cesser d’utiliser les tribunaux militaires pour juger les civils ainsi que la levée de la loi sur l’état d’urgence en vigueur tout au long des trente années de règne de M. Moubarak. Ils réclament également des sanctions contre les policiers impliqués dans la répression du soulèvement de janvier-février, qui a fait officiellement près de 850 morts. À ce jour, un seul a été condamné, par contumace. La relaxe en début de semaine de trois ex-ministres de M. Moubarak inculpés dans des affaires de corruption a aggravé le sentiment de frustration d’une partie de la population.
Le pouvoir a tenté au cours des derniers jours de répondre à certaines revendications, en annonçant par exemple la création d’un fonds d’aide sociale et médicale pour les familles des victimes de la révolte du début de l’année. Il a également décidé de dissoudre les conseils municipaux, élus sous M. Moubarak et toujours contrôlés par ses amis politiques. La justice a également annoncé jeudi le renvoi devant un tribunal de 25 personnes accusées d’avoir organisé le 2 février des violences particulièrement meurtrières contre les manifestants de la place Tahrir.
Sur un autre plan, Omar Souleimane, l’ancien chef des renseignements égyptiens devenu vice-président au cours des dernières semaines de la présidence de Hosni Moubarak, ne briguera pas la tête de l’État lors du scrutin présidentiel prévu cette année, rapportait le quotidien al-Ahram hier. Souleimane n’avait jamais dit qu’il se présenterait, mais des médias locaux l’avaient cité comme un candidat possible. Certains de ses partisans ont lancé des campagnes sur Facebook en l’exhortant à faire acte de candidature. Aucune date n’est encore fixée pour l’élection présidentielle, mais le Conseil militaire au pouvoir a indiqué qu’elle aurait lieu avant la fin 2011.
(Source : agences)


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