Le vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi assure de facto l’intérim mais n’a pas été désigné officiellement par M. Saleh, au pouvoir depuis 33 ans, pour diriger le pays en son absence. L’opposition réclame de son côté la mise en place d’un conseil intérimaire pour empêcher un retour du président. « Nous faisons du surplace et l’on peut dire que le pays tout entier se trouve à l’unité de soins intensifs », estime M. Saqqaf.
Avant l’attentat, M. Saleh avait irrité Riyad en refusant à plusieurs reprises de signer un accord de transition élaboré par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) dont l’Arabie saoudite est le chef de file.
Le plan prévoit la formation par l’opposition d’un gouvernement de réconciliation et la démission un mois plus tard du président en échange de l’immunité pour lui-même et pour ses proches, puis une élection présidentielle dans les 60 jours. Le chef de la diplomatie omanaise, Youssef ben Alaoui ben Abdallah, a assuré hier que les pays du Golfe poursuivaient leurs « concertations intensives » avec les parties au Yémen pour trouver une solution.
Selon des sources politiques, l’une des solutions évoquées prévoirait une période intérimaire de deux ans, au cours de laquelle le vice-président détiendrait le pouvoir en attendant la tenue d’élections présidentielle et législatives. Une telle issue permettrait de réduire la tension sur le terrain au Yémen, où le fils aîné et les proches du président Saleh continuent de contrôler une partie de l’armée et des organes de sécurité.
« Le pays est actuellement dans l’impasse politique et constitutionnelle la plus totale », a souligné le puissant général Ali Mohsen al-Ahmar, rallié aux contestataires, dans une interview à CNN. « Des réactions négatives pourraient se produire et nous espérons que Dieu nous épargnera la guerre civile et d’autres problèmes », a-t-il ajouté. Pour Mohammad al-Zalfa, ancien membre du conseil consultatif saoudien, il y a un risque de « dérapage de la situation ». « L’unité du Yémen est en péril. Le mouvement sudiste et el-Qaëda dans le Sud et les rebelles houthis dans le Nord estiment que le chaos généralisé est dans leur intérêt », souligne-t-il. Quant à l’analyste saoudien Anouar Eshki, il souligne « le poids stratégique du Yémen pour l’Arabie saoudite », qui ne veut pas d’un foyer d’instabilité à sa frontière sud et rappelle les liens étroits du royaume avec les chefs de tribus. « Les pays du CCG déploient des efforts monstres pour que le Yémen ne soit pas morcelé et ils sont déterminés à empêcher une guerre civile dans ce pays », assure-t-il.
(Source : AFP)

