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Liban - La Situation

Dialogue de sourds

Nagib Mikati, sûr de lui, à son entrée au Parlement. Photo AFP

Au bout d’une longue journée d’interventions à la tribune du Parlement, dans le cadre des séances en vue du vote de confiance, le constat qui s’imposait d’emblée hier soir commandait d’exclure totalement le mot « débat » du dictionnaire politique libanais.
Vingt-trois députés – un peu moins que le cinquième de la Chambre – ont pris la parole à cette occasion. Il reste vingt-quatre orateurs inscrits, mais on ne sait pas si les services du chef du législatif réussiront à les caser tous aujourd’hui ou bien s’il faudra prolonger les séances jusqu’à demain.
Il est peu de dire qu’entre les quinze membres de l’opposition et les huit de la majorité qui se sont, jusqu’ici, succédé à la tribune, le courant n’est pas passé. Pour le téléspectateur qui n’avait rien d’autre à faire que suivre les interventions des uns et des autres tout au long de la journée, la nette impression, au terme de la séance du soir, était celle de deux univers se croisant sans même se regarder et encore moins entendre ce que l’autre avait à dire.
Certes, les augures qui, ces derniers jours, prédisaient que l’on se truciderait à la Chambre ont été démentis. La tonalité des discours est restée généralement dans les limites de la courtoisie, du moins sur le plan personnel, et l’on a pu voir quelques improbables apartés en marge des interventions, comme par exemple celui qui a joint Nawwaf Moussaoui à Samy Gemayel. Ce dernier venait de réclamer – poliment – du président de la Chambre, Nabih Berry, qu’il prie les intervenants de ne point abuser de considérations religieuses dans leurs discours, ce dont M. Berry a convenu, le lieu n’y étant pas tout à fait approprié. M. Gemayel avait attendu pour ce faire la fin de l’intervention d’un autre Moussaoui – Hussein –, député du Hezbollah lui aussi, lequel, en effet, avait parsemé ça et là son discours de références islamiques et chrétiennes.
Cependant, si cette apparente sérénité, en tout cas de la part de l’opposition, suggère – jusqu’ici – que celle-ci n’a pas l’intention de se précipiter dans son action destinée à entraîner la chute du gouvernement Mikati, cela ne signifie aucunement que sur le fond, les interventions d’hier étaient en retrait par rapport à l’appel incendiaire lancé dimanche par le 14 Mars au terme de sa réunion au Bristol.
Bien au contraire, la teneur des discours prononcés par les quatorze marsistes, en particulier Marwan Hamadé, qui a fait un carton avec son « Rafic Hariri n’a pas », en principe, « été assassiné, il l’a été effectivement », mais aussi Farid Makari, Samir el-Jisr, Atef Majdalani, Nabil de Freige et d’autres ne concédaient strictement rien au gouvernement, pas plus qu’au Premier ministre lui-même, sans parler du Hezbollah.
Et de l’autre côté de l’échiquier, s’il n’y était naturellement pas question de se plaindre du cabinet en place, on y a en revanche enfoncé le clou en matière d’animosité à l’égard du TSL et, partant, vis-à-vis du 14 Mars.
Sauf coup de théâtre aujourd’hui, le gouvernement s’oriente donc vers une obtention relativement sereine de la confiance à la Chambre. La bataille décisive se fera ailleurs. Cela dépendra bien sûr de la tactique qu’adoptera l’opposition, mais aussi, et pour une large part, de l’hypothétique cohésion interne du cabinet et de la majorité parlementaire qui le sous-tend.
Car tout en affrontant le 14 Mars, M. Mikati devra raisonnablement garder un œil sur Hassan Nasrallah, dont les sorties répétées – il a une nouvelle fois sévi hier contre le tribunal et son acte d’accusation – pèsent lourdement sur la crédibilité locale, arabe et internationale de son gouvernement et de son chef en personne. Quant à son autre œil, il est, bien entendu, déjà fixé sur le général Michel Aoun. Les dix ministres dont dispose ce dernier – six effectifs et quatre plus ou moins apparentés – ne seront pas précisément du genre commode. Cela, M. Mikati le sait.
Au bout d’une longue journée d’interventions à la tribune du Parlement, dans le cadre des séances en vue du vote de confiance, le constat qui s’imposait d’emblée hier soir commandait d’exclure totalement le mot « débat » du dictionnaire politique libanais.Vingt-trois députés – un peu moins que le cinquième de la Chambre – ont pris la parole à cette occasion. Il reste vingt-quatre orateurs inscrits, mais on ne sait pas si les services du chef du législatif réussiront à les caser tous aujourd’hui ou bien s’il faudra prolonger les séances jusqu’à demain.Il est peu de dire qu’entre les quinze membres de l’opposition et les huit de la majorité qui se sont, jusqu’ici, succédé à la tribune, le courant n’est pas passé. Pour le téléspectateur qui n’avait rien d’autre à faire que suivre les...
commentaires (3)

- La démocratie Libanaise se porte bien et s'exprime dans toute sa splendeur au sein du parlement , par la voix de tous les représentants du peuple , toutes tendances confondues . Il y a une majorité et une minorité , ce débat ne devrait pas traîner " comme le souhaitent quelques-uns " jusqu'au vendredi , pour l'accompagner par des manifestations populaires bien organisées à la sortie des Mosquées (...) , comme le font les Arabes assoiffés de démocratie dans d'autres pays de la région , mélangeant démocratie et religion !! La confiance sera votée et accordée au gouvernement Mikati avant le jour de la prière du Vendredi et la sortie des Mosquée . Gouverner c'est prévoir et éviter au pays qu'il ne bascule dans le chaos et dans une guerre civile espérée et attendue par certains pour reprendre le pouvoir avec l'aide de leurs amis de l'étranger et du TSL .

JABBOUR André

02 h 05, le 06 juillet 2011

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Commentaires (3)

  • - La démocratie Libanaise se porte bien et s'exprime dans toute sa splendeur au sein du parlement , par la voix de tous les représentants du peuple , toutes tendances confondues . Il y a une majorité et une minorité , ce débat ne devrait pas traîner " comme le souhaitent quelques-uns " jusqu'au vendredi , pour l'accompagner par des manifestations populaires bien organisées à la sortie des Mosquées (...) , comme le font les Arabes assoiffés de démocratie dans d'autres pays de la région , mélangeant démocratie et religion !! La confiance sera votée et accordée au gouvernement Mikati avant le jour de la prière du Vendredi et la sortie des Mosquée . Gouverner c'est prévoir et éviter au pays qu'il ne bascule dans le chaos et dans une guerre civile espérée et attendue par certains pour reprendre le pouvoir avec l'aide de leurs amis de l'étranger et du TSL .

    JABBOUR André

    02 h 05, le 06 juillet 2011

  • Avant la guerre civile de 1975 et avec les postes de télé en noir et blanc et hier en regardant nos orateurs de la nation , on garde la même nausée en revoyant toujours des momies , des parlementaires avec des discours toujours inodores incolores sans saveur , un vrai théâtre de marionnettes pourries qui ne relatent que le passé et n’ ont aucun plan pour l’avenir Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    01 h 04, le 06 juillet 2011

  • Cette Révolution du Cèdre, ils pensaient "l’étouffer dans le sang" ; ils pensaient qu’ "elle avait consumé son dernier souffle de vie" et qu’elle était morte ! Croyaient- ils, ces "lucides bienheureux-là" ! Ils proclameront ainsi benoitement et prématurément leur nouvelle "marotte", ce "pathétique" gouvernement "laïc islamiste de la résistance, du changement et de la reforme" ! Mais cette jeune et fraîche Révolution du cèdre rôdera inlassablement comme un "spectre" autour de leurs "familles", de leurs habitations et de leurs profonds "refuges" ; et réapparaitra dans "les prochains actes de leur prochain drame ! " Emportée momentanément à cause de "la fuite" de certains de ses petits leaders de "basse sphère", elle renaîtra grâce à cette même "fuite" et jettera derrière elle toutes leurs "pathétiques fanfaronnades puériles" passées et dépassées ! Elle s'emparera de nouveau de toute "la haute sphère de la scène", s'étendra dans toute sa plénitude, "enterrera et étouffera" à son tour ces "protos-néos-laïcs-islamistes retors", "simili-aryens orientaux fades, mates et plats" de la "résistance, du changement et de la reforme" ; d’après-fête et fin de l’Histoire ! Au son victorieux de : "Beyrouth toute Liberté, Liban toute Vérité" ! "Malgré eux et leur Mauvais Œil" ! "Aux paupières cousues bientôt".

    KARAMAOUN Antoine-Serge

    20 h 25, le 05 juillet 2011

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