Le ministre du Tourisme, Fady Abboud, a affirmé hier que « le Hezbollah et le CPL n’ont pas l’intention de faire face aux résolutions internationales ». Selon lui, ces deux formations « se comportent avec réalisme, contrairement à ce que l’on cherche à dire à l’opinion publique ».
Le député Salim Salhab, membre du Bloc du changement et de la réforme, a estimé pour sa part que les membres de la commission de rédaction de la déclaration ministérielle « seront en mesure de parvenir à une solution médiane » au sujet du TSL.
Pour M. Salhab, « il faut se comporter à l’égard de l’acte d’accusation d’une manière qui serve l’intérêt du Liban ».
Son collègue Alain Aoun a souligné que la question de l’acte d’accusation était « complexe ». « Il ne s’agit pas de savoir quelle formule il faudrait utiliser à ce sujet dans la déclaration ministérielle, mais plutôt comment faire face à cet acte d’accusation », a déclaré M. Aoun.
Du côté du Hezbollah, le ministre d’État pour le Développement administratif, Mohammad Fneich, a indiqué qu’aucune formule sur le TSL n’a pas été jusqu’ici soumise aux travaux de la commission de rédaction de la déclaration ministérielle. « Lorsqu’une formule sera présentée, nous en discuterons. Notre position à ce sujet est étalée au grand jour. Elle n’est pas confidentielle », a ajouté M. Fneich.
Le député berryste Ali Khreiss a, quant à lui, jugé qu’on « ne peut pas parler de retard dans les discussions autour de la déclaration ministérielle », tout en admettant que le point relatif au TSL « n’est ni ordinaire ni facile ».
Un son de cloche très différent s’est fait entendre du côté des ministres joumblattistes. « Il y a une large fraction au sein du gouvernement et dans le pays qui ne veut pas que le Liban soit mis en confrontation avec la communauté internationale et les résolutions de l’ONU », a ainsi déclaré le ministre des Affaires sociales, Waël Abou Faour.
Au sein de l’opposition, Jean Oghassabian, député de Beyrouth et membre du bloc du Futur, a mis en garde une nouvelle fois contre toute transgression des engagements du Liban à l’égard du TSL, soulignant que cela aggraverait les dissensions dans le pays et ferait du Liban « un État paria » face à la communauté internationale.
Élie Marouni, député Kataëb de Zahlé, a estimé que le retard survenu dans l’adoption de la déclaration ministérielle pourrait être lié à l’imminence de la parution de l’acte d’accusation. Selon lui, « quelles que soient les tentatives du camp adverse de se dérober ou de finasser dans la rédaction de la déclaration ministérielle, le TSL n’en serait nullement affecté ».
« Je comprends que le Hezbollah se défende avec acharnement et s’en prenne au tribunal, comme il le fait. Ce que je ne comprends pas, en revanche, c’est le comportement du général Michel Aoun à cet égard », a ajouté M. Marouni.
Enfin, Michel Murr, député du Metn et ancien vice-président du Conseil, a fait état de son intention de voter la confiance au gouvernement, tout en soulignant qu’il attendait la teneur de la déclaration ministérielle.
M. Murr, qui s’exprimait à l’issue d’un entretien avec le président de la Chambre, Nabih Berry, a précisé que sa décision de voter la confiance était fondée sur trois motifs : « En premier lieu, je ne peux pas refuser la confiance à un gouvernement au sein duquel M. Berry est représenté ; deuxièmement, le gouvernement est une nécessité pour tout le monde, et enfin, je ne souhaite pas adopter une attitude hostile à l’égard des ministres qui font partie de ce gouvernement avant de savoir ce que fera le cabinet. »
Toutefois, a ajouté M. Murr, « on ne peut pas dire que je suis satisfait (du gouvernement) avant d’en connaître la déclaration ministérielle. Or il y a des questions qui n’ont pas encore été tranchées, y compris le point sur le TSL ». « Naturellement que la justice doit suivre son cours », a-t-il souligné sur ce plan.

