« Ianoukovitch est un pleutre, il craint la concurrence politique et l’opposition », a-t-elle déclaré aux journalistes lors d’une interruption de séance. « Quel que soit le verdict, ce n’est pas moi qui serai condamnée, mais Ianoukovitch », a-t-elle ajouté, avant de demander la révocation du juge, Rodion Kireev.
Mme Timochenko, qui comparaît libre, encourt 10 ans de prison pour cette accusation d’abus de pouvoir dans la conclusion d’accords gaziers avec la Russie lorsqu’elle était Premier ministre en 2009. Le parquet soutient que ces accords ont infligé à l’État ukrainien des pertes de plus de 130 millions d’euros. Des experts ukrainiens estiment que Mme Timochenko sera vraisemblablement condamnée avec sursis.
Mme Timochenko accuse de son côté le président Viktor Ianoukovitch de vouloir l’évincer de la scène politique en vue des législatives de 2012 et de la présidentielle de 2015. Mme Timochenko, qui était la rivale de l’actuel chef de l’État à la présidentielle de février 2010, reste toujours selon les sondages son plus sérieux adversaire.
Elle avait été un des chefs de la Révolution orange pro-occidentale de 2004. Cette vague de contestation populaire sans précédent avait porté au pouvoir son allié politique de l’époque, Viktor Iouchtchenko, au détriment du candidat soutenu par Moscou, Viktor Ianoukovitch. Elle a dirigé le gouvernement en 2005, puis de 2007 à 2010, avant de perdre le poste de Premier ministre après l’arrivée de M. Ianoukovitch à la présidence.
À l’extérieur, plusieurs milliers de manifestants étaient venus dès le matin soutenir Mme Timochenko, brandissant les drapeaux blanc et rouge de son mouvement politique d’opposition. « La voix de Ioulia est la voix du peuple ! », « Non à la répression politique ! », lisait-on sur les banderoles brandies dans la foule. Les accès au tribunal étaient bloqués par des troupes policières antiémeute.
Deux autres dossiers de poursuites judiciaires la visent, dans lesquelles elle est accusée d’avoir utilisé pour renflouer les retraites des fonds qui n’y étaient pas destinés, et d’avoir conclu des achats d’ambulances à un prix supérieur à celui du marché. Les procès concernant ces affaires n’ont pas encore commencé.
(Source : AFP)


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