Le dirigeant du Hamas « est arrivé à Istanbul mardi et a eu des entretiens avec notre ministre des Affaires étrangères (Ahmet Davutoglu) et des responsables du ministère sur la question palestinienne », a déclaré un diplomate de haut rang. « Ils ont discuté de la question de l’unité des Palestiniens et des affaires régionales », a ajouté cette source. Un autre diplomate turc a confirmé les entretiens de M. Mechaal avec des responsables turcs et a ajouté « qu’aucune rencontre (n’était) programmée entre lui et M. Abbas ». Un haut responsable du Fateh a confirmé qu’aucun projet de rencontre n’était prévu à ce stade. « Nous avons appris qu’ils étaient ici », a dit Azzam al-Ahmad, responsable du dossier de la réconciliation au sein du Fateh, qui accompagne M. Abbas en Turquie. « Nous n’avons aucun contact en vue d’une réunion pour le moment », a ajouté M. al-Ahmad.
M. Abbas est arrivé à Ankara mardi après-midi. Des sources turques ont affirmé qu’il aurait un « programme privé » hier avant de rencontrer aujourd’hui et demain le président Abdullah Gül, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le chef de la diplomatie Ahmet Davutoglu.
La Turquie plaide depuis plusieurs mois pour une réconciliation des deux factions palestiniennes, le Fateh de M. Abbas, qui contrôle la Cisjordanie, et le Hamas, à la tête de la bande de Gaza. Le Fateh et le Hamas se sont engagés en mai à choisir des personnalités indépendantes pour constituer un gouvernement qui préparera les bases pour des élections législatives et présidentielle dans un délai d’un an. Dimanche, un responsable palestinien a mentionné la visite de M. Abbas en Turquie comme l’une des raisons du report sine die d’une rencontre prévue mardi au Caire entre MM. Abbas et Mechaal, pour finaliser la formation d’un gouvernement non partisan dans le cadre de cet accord. Mais d’autres sources palestiniennes ont ultérieurement avancé que la réunion avait été reportée en raison d’un désaccord sur l’identité du prochain Premier ministre palestinien. Le Hamas est opposé à la reconduction à la tête du gouvernement de l’actuel Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Salam Fayyad, selon ces sources. Le choix de « M. Fayyad n’est pas souhaitable car son nom est lié à la division palestinienne, à l’endettement de l’économie palestinienne et aux campagnes des services de sécurité contre la résistance », avait affirmé lundi Ismaïl Radwane, un dirigeant du Hamas à Gaza.
(Source : AFP)

