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Liban - L’Éclairage

Mikati reconnaît que la déclaration ministérielle reste un casse-tête

Selon un ambassadeur qui compte parmi ses proches, le président Nagib Mikati indique que la déclaration ministérielle ne présente, dans certains de ses thèmes, aucun angle de facilité. Il n’identifie pas les thèmes en question et se contente de réitérer ensuite les positions proclamées dès sa désignation.
Mais les contradictions font déjà surface. Un ministre membre du comité de rédaction avance que l’on va dupliquer les passages de la déclaration ministérielle du cabinet précédent concernant la résistance et le TSL. Pour neutraliser des critiques, ou une campagne contre le gouvernement. Tandis qu’un de ses collègues assure qu’il faut éviter tout copiage et mettre au point une nouvelle équation qui satisferait tout le monde. Elle serait admise à l’intérieur et, en même temps, approuvée par un Occident particulièrement inquiet par suite des déclarations en flèche de Hassan Nasrallah et du général Michel Aoun au sujet du TSL et de la résistance. On sait en effet que le secrétaire général du Hezbollah a réclamé la résiliation du protocole conclu avec l’instance internationale, ce qui a alarmé l’Occident. Ainsi, un ambassadeur occidental révèle que lorsque les diplomates en poste à Beyrouth ont rencontré le président Mikati, ils ont insisté pour qu’il veille à ce que l’alinéa consacré dans la déclaration ministérielle au TSL soit très clair et n’ouvre la voie à aucune sorte d’interprétation. Ils ont ajouté que le nouveau gouvernement libanais doit s’engager à respecter les résolutions de la légalité internationale. En rejetant notamment la logique qui, d’après certains pôles de la nouvelle majorité, veut que le tribunal soit forcément politisé.
Le diplomate cité rappelle que le tribunal a été créé par une résolution impérative de l’autorité internationale suprême, le Conseil de sécurité, et non par le Liban. Dès lors, souligne-t-il, aucun Libanais n’est en droit de refuser l’application des décisions d’une cour formée pour établir la vérité et rendre la justice. En châtiant comme il se doit les assassins, commanditaires et exécutants, du président Rafic Hariri et de ses compagnons.
L’ambassadeur répète que les déclarations de Hassan Nasrallah, du général Michel Aoun et d’autres membres de la nouvelle majorité continuent à préoccuper les capitales occidentales. Les gouvernements concernés attendent dès lors la déclaration ministérielle, pour savoir comment réagir en ce qui concerne le TSL et la résistance. À ce dernier propos, la source citée indique que certains de ses collègues estiment qu’il s’agit effectivement d’un problème libanais avant tout. Et qu’il reste préférable, comme le secrétariat général de l’ONU en a convenu, que les Libanais le traitent entre eux. Mais, se hâtent de préciser, d’après leur collègue, les mêmes ambassadeurs, en fin de compte, tôt ou tard, le Liban doit se conformer aux résolutions de la légalité internationale. Et, en premier lieu à la 1701 qui ordonne le désarmement des milices, ainsi que le verrouillage des frontières et leur délimitation.
Ils précisent que l’application de la résolution 1701 permet de stabiliser le Sud-Liban. Pour qu’il cesse de servir de lice-soupape aux conflits des autres et de boîte à lettres épisodique pour des menaces ou des avertissements tous azimuts.
Du reste, la Finul a notifié les autorités libanaises, mais également les forces politiques locales, qu’elle est résolue à sévir sévèrement, en cas de tentatives de perturber le calme sécuritaire au Sud-Liban.

Promesses
Parallèlement, une source responsable autorisée affirme que désormais la stabilité sécuritaire sera bien préservée. Car elle constitue, comme toutes les parties en conviennent d’ailleurs, une ligne rouge. À en croire ce cadre, ce qui s’est produit à Tripoli ne serait qu’un incident sécuritaire, entendre fortuit, bien qu’il existe de toute évidence un arrière-plan politique. Il affirme que c’est faute de coordination et de contact que les affrontements sanglants ont eu lieu. Précisant que certains ont manifesté sans prévenir les autorités ni obtenir un permis. Pour que les forces de l’ordre puissent encadrer le mouvement, protéger le défilé et empêcher tout heurt.
Le responsable croit pouvoir déclarer que l’on ne peut qualifier les événements de Tripoli de coup porté à la stabilité du pays. Il redit que la sécurité est sous contrôle dans toutes les régions et affirme que les bruits sur l’utilisation, derechef, du Sud comme boîte à lettres à travers des troubles sont infondés. Et que la zone restera calme, car toutes les parties libanaises sont conscientes de la gravité, de la sensibilité, de la phase présente et des dangers qu’elle recèle.
Cela étant, cette même source confirme qu’une délégation militaire va se rendre aux États-Unis, pour discuter de la reprise du programme d’aide dont l’agenda avait commencé à être exécuté, avant d’être suspendu après la démission du gouvernement Hariri. À la convenance des Américains, qui veulent voir venir, mais également sur pression du 8 Mars qui exige l’arrêt de cette assistance du grand satan à l’armée nationale. En écho, des membres du Congrès US ont présenté une motion demandant la cessation des aides consenties au Liban. Selon le responsable libanais cité, les assistances américaines ne vont pas être interrompues. Beyrouth s’efforce de présenter son nouveau gouvernement comme étant résolu à soutenir, et à renforcer, l’armée et les forces de l’ordre. Pour qu’elles soient en mesure de protéger la paix civile et l’État, en contrant, le cas échéant, des groupes terroristes.
Cependant, un ambassadeur occidental craint que le Liban ne soit soumis à des secousses sur le terrain dans les prochaines phases, dans une tentative de lier la scène locale à ce qui se passe en Syrie. Le danger vient du fait que les troubles en Syrie provoquent inévitablement des réactions au Liban. Les uns étant avec la contestation et les autres avec le régime Assad. De plus, ce dernier pourrait être tenté d’alléger la pression chez lui en l’exportant au Liban. D’où la déclaration préventive du gouvernement Mikati proclamant que la sécurité et la paix civile sont des lignes rouges que nul n’est autorisé à outrepasser. Un ministre assure que la stabilité est tout en haut dans l’échelle des priorités. Et qu’elle va être confortée par la consolidation de la justice, car il ne peut y avoir d’État sans une justice autonome et efficace. Ni sans une sécurité imposée à tous, sans périmètres préservés où les forces de l’ordre ne peuvent pénétrer. À ce propos, et comme l’on dit familièrement du côté du Hezbollah et de la banlieue sud, on peut toujours rêver...
Selon un ambassadeur qui compte parmi ses proches, le président Nagib Mikati indique que la déclaration ministérielle ne présente, dans certains de ses thèmes, aucun angle de facilité. Il n’identifie pas les thèmes en question et se contente de réitérer ensuite les positions proclamées dès sa désignation.Mais les contradictions font déjà surface. Un ministre membre du comité de rédaction avance que l’on va dupliquer les passages de la déclaration ministérielle du cabinet précédent concernant la résistance et le TSL. Pour neutraliser des critiques, ou une campagne contre le gouvernement. Tandis qu’un de ses collègues assure qu’il faut éviter tout copiage et mettre au point une nouvelle équation qui satisferait tout le monde. Elle serait admise à l’intérieur et, en même temps, approuvée par un Occident...
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