« Recherché pour dictature » peut-on lire autour du portrait de Ben Ali sur l’affichette exhibée par un Tunisien dans le tribunal de première instance de Tunis. Fethi Belaid/AFP
De son côté, M. Ben Ali a expliqué dans un communiqué diffusé par un de ses avocats à Beyrouth, Me Akram Azouri, que son chef de la sécurité l’avait trompé en lui faisant croire que son départ de Tunis ne serait pas définitif. Il affirme ainsi avoir été victime d’un stratagème ourdi par le général Ali Seriati pour lui faire quitter le pays. Me Azouri a toutefois précisé que « cela ne veut pas dire que M. Ben Ali se considère encore comme le président de Tunisie ». « Ali Siriati a insisté pour que j’accompagne ma famille à Djeddah pour quelques heures afin que les services de sécurité puissent déjouer le complot et garantir ma sécurité. J’ai pris alors l’avion avec ma famille (...) mais après notre arrivée à Djeddah, l’avion est rentré à Tunis sans m’attendre contrairement à mes ordres clairs. Je suis resté à Djeddah contre ma volonté. Plus tard, il a été annoncé que je me suis enfui de Tunisie », indique le président déchu. « Lors des derniers événements, je n’ai pas donné l’ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants », a-t-il ajouté. Quelque 300 personnes ont été tuées dans la répression du soulèvement populaire. « Je ne possède personnellement aucun compte bancaire en dehors de Tunisie, ni en Suisse, ni en Autriche, ni dans tout autre pays (....) ou de bien mobilier ou immobilier en France ou ailleurs », a encore précisé M. Ben Ali. Quant aux bijoux de sa femme, il s’agit de « cadeaux officiels offerts par des chefs d’État ». En ce qui concerne les images de billets montrées à la télévision tunisienne après son départ, il affirme que cet argent a « été déposé dans sa maison dans le cadre d’une mauvaise mise en scène montée (...) pour montrer que le président a mis la main sur les biens publics. »
Pour sa part, l’avocat français de M. Ben Ali, Me Jean-Yves Le Borgne, a dénoncé le procès comme un « acte de liquidation politique » et une « mascarade judiciaire ». Comme on lui demandait si l’ex-président comptait revenir à Tunis pour se défendre, l’avocat a répondu : « Certainement pas. » Les autorités saoudiennes ont jusqu’ici fait la sourde oreille aux demandes des autorités tunisiennes de leur remettre M. Ben Ali. Me Le Borgne a précisé qu’il n’avait aucune intention de se rendre à Tunis. Il ne pourrait de toute façon pas plaider, la législation ne permettant pas à un avocat étranger de défendre un client tunisien. Il a également confirmé qu’il travaillait en collaboration avec Me Akram Azouri pour la défense de M. Ben Ali, mais n’avait « aucun contact » avec les avocats tunisiens commis d’office.
(Source : agences)


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