En se penchant sur les effets cumulés de toutes ces pressions, 27 experts de six pays, qui s’étaient réunis en avril à l’Université d’Oxford et dont le rapport est la synthèse des travaux, dressent un tableau très inquiétant. Ce panel scientifique conclut que « la combinaison des pressions exercées a créé des conditions qui se retrouvent lors de chacune des précédentes extinctions de masse d’espèces de la Terre ». Au cours du demi-milliard d’années écoulées, cinq extinctions de masse sont survenues après des calamités naturelles, au cours desquelles plus de 50 % des espèces existantes ont disparu. Parmi les signaux qui sont au rouge : le réchauffement des océans et leur acidification qui entraînent l’hypoxie (faibles niveaux d’oxygène). « Ils constituent trois facteurs que l’on retrouve dans chacune des extinctions de masse de l’histoire de la Terre », écrivent les experts.
Globalement, le rapport juge que « la vitesse et le taux de dégénérescence dans les océans sont bien plus rapides que tout ce qui avait été prévu ». « De nouvelles recherches suggèrent que des polluants, parmi les retardateurs de flamme chimique et les muscs synthétiques que l’on trouve dans les détergents, peuvent être retrouvés jusque dans les mers polaires », et à terme dans les poissons, mettent-ils encore en avant.
L’océan est « le plus grand écosystème sur Terre, qui maintient notre monde dans des conditions vivables », rappellent les experts, qui demandent « instamment l’adoption en urgence d’un meilleur système de gouvernance de la haute mer, encore très peu protégée, mais qui représente la majeure partie des océans du monde entier ».
(Source : AFP)

