Homme élancé, aux yeux bleus et à la fine moustache, Bachar el-Assad était convaincu d'avoir répondu aux demandes du peuple en annonçant en avril plusieurs réformes, dont la levée de la loi d'urgence, mais les protestataires ont poursuivi leur mobilisation, réclamant désormais la chute du régime.
Lundi, s'il a promis de nouvelles réformes susceptibles de mettre fin à l'hégémonie de son parti, le Baas, il a réaffirmé sa détermination à faire cesser le "chaos".
Bachar el-Assad est arrivé au pouvoir en juillet 2000, un mois après la mort de son père Hafez et a adopté la même attitude: impitoyable sur le plan intérieur et capable d'user de patience et de courber le dos en attendant que passe la tempête.
"Même dans les situations compliquées, il garde son calme. Si certains le jugent attentiste, je crois qu'il fait preuve d'un grand sang froid", dit à l'AFP un de ses amis.
Bachar el-Assad ne se destinait pas à succéder à son père puisque après avoir fréquenté l'ancienne mission laïque française, il a fait des études d'ophtalmologie en Syrie puis en Grande-Bretagne. C'est dans ce pays qu'il a rencontré sen épouse Asma avec laquelle il a trois enfants, deux garçons et une fille.
Mais la mort dans un accident de voiture de son frère aîné Bassel en 1994 va bouleverser sa vie. Il va apprendre avec son père à marche forcée le métier de président dans un pays complexe. Il gravit les échelons de l'armée, devient colonel et gère des dossiers politiques.
Candidat unique à la présidence en 2000, il est nommé aussi commandant en chef des forces armées, puis secrétaire général du Baas et devient président à 34 ans.
Doté d'un solide sens de l'humour, il maîtrise parfaitement l'anglais et parle un peu le français. Il est passionné par les nouvelles technologies, le cyclisme et la photo.
A son arrivée au pouvoir, il commence par injecter une dose de liberté, mais quelques mois plus tard le mouvement de réformes est étouffé et les meneurs du "printemps de Damas" sont arrêtés. Il laisse entendre que c'est sous la pression des caciques du Baas qu'il est revenu à une pratique plus orthodoxe de l'autorité.
Il s'inspire du modèle chinois en proclamant que "les réformes économiques passent avant les réformes politiques", et dira en 2003 que les opposants avaient "mal compris" ses propos sur la démocratie.
"En persistant à le qualifier de réformateur, la communauté internationale l'a encouragé à agir" comme il le fait aujourd'hui, a expliqué à l'AFP un des protestataires.
Sur le plan international, M. Assad était parvenu ces dernières années à s'imposer comme un interlocuteur incontournable dans la région, après avoir été accusé par l'Occident de soutenir le terrorisme et les groupes hostiles au processus de paix israélo-palestinien.
L'invasion américaine en Irak en 2003, l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005, le retrait militaire syrien du Liban la même année après 29 ans de tutelle, constituent des épreuves de taille pour ce président accusé par Washington de chercher à déstabiliser l'Irak et le Liban.
Mais alors qu'il était mis en quarantaine par l'Occident, M. Assad a renforcé ses liens avec la Russie, la Chine, la Turquie et l'Iran.
Le président français Nicolas Sarkozy lui a rendu visite en Syrie en 2008 et Washington a envoyé début 2011 un ambassadeur à Damas après six ans d'absence.

