Des soldats américains ont confisqué des armes hier dans la province de Khost. Ted Aljibe/AFP
Ces déclarations interviennent au lendemain de celles du président afghan Hamid Karzaï qui a affirmé que les États-Unis avaient entamé des négociations avec les talibans. « Les forces étrangères, notamment les États-Unis, mènent elles-mêmes des négociations », avait-il dit. Il s’agissait de la première confirmation officielle de pourparlers directs entre Washington et les talibans, chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition militaire internationale dirigée par les États-Unis, mais dont la sanglante rébellion a gagné du terrain ces dernières années. Le département d’État s’était refusé samedi à commenter les propos du président Karzaï, mais avait reconnu un « large éventail de contacts » pour soutenir les efforts de réconciliation. De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a estimé que les déclarations du président Karzaï constituaient une « non-nouvelle ». « Cela fait longtemps que l’on sait qu’il y a des discussions avec les talibans et les Américains », a-t-il ajouté.
Le gouvernement afghan tente de lancer un processus de réconciliation avec certains talibans pour mettre un terme à l’insurrection. Dans le cadre de ce processus, les États-Unis exigent que les talibans renoncent à la violence, rompent tout lien avec el-Qaëda et respectent la Constitution afghane. Récemment, M. Gates a affirmé que les 130 000 soldats étrangers en Afghanistan effectuaient des « progrès militaires substantiels sur le terrain », et il a encouragé l’OTAN à ne pas se replier trop vite. Il a insisté hier sur le maintien de forces significatives en Afghanistan, en affirmant : « Quelle que soit la décision qu’il (le président Obama) prendra, il restera un nombre significatif de soldats en Afghanistan. » « Je sais que les Américains sont fatigués de la guerre », a-t-il toutefois reconnu. Le président américain Barack Obama a décidé d’entamer un retrait du pays à partir de l’été, mais son ampleur n’a pas encore été annoncée. De son côté, le sénateur républicain John McCain a répété sa mise en garde contre un retrait trop rapide. « Abandonner l’Afghanistan à la merci des talibans et des islamistes radicaux serait répéter les erreurs du passé », a-t-il souligné.
Vendredi, le Conseil de sécurité de l’ONU a annoncé l’établissement de listes de sanctions séparées pour el-Qaëda et les talibans, actuellement sur la même liste, dans l’espoir d’établir une distinction et de favoriser la réconciliation en Afghanistan. « Les États-Unis estiment que le nouveau régime de sanctions constituera un outil important pour promouvoir la réconciliation, tout en isolant les extrémistes », avait souligné l’ambassadrice américaine à l’ONU, Susan Rice.
M. Gates doit quitter ses fonctions d’ici à la fin du mois, après quatre ans et demi passés au Pentagone. Il devrait être remplacé par l’actuel directeur de la CIA, Leon Panetta.
(Source : AFP)


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